RAVIP 02

Les gay-men et women du mariage virtuel

Les médias nous abreuvent et nous saoulent ces jours-ci avec les cybercriminels.

Mais ce qu’on ne nous dit pas à haute voix, c’est bien les cyber-dragues. Ces gay-men et women du mariage qui inondent la toile. Elles sont des milliers de greluches à se faire draguer par des fantômes déguisés qui se font passer pour des enfants de Dangoté ou de Bill Gates, des compagnons de Ronaldo ou de Messie. Ils vendent du vent et finissent par se retrouver. La petite fée de la toile, à la voix d’ange, devient subitement une vieille ratatinée à la peau froissée, qui rencontre le compère vicieux du quartier, son voisin d’appartement. Les voilà tous deux confus qui se retrouvent dès l’instant de leur premier contact, dos à dos. C’est ainsi que les cyber-dragues finissent souvent. L’amour est si délicat qu’il ne saurait se bâtir sur du virtuel. Et les jeunes qui découvrent l’outil internet dans son hypnose tout comme la puberté dans ses chimères croient inventer l’amour et se plantent aussi bêtement que leurs rêveries. Si déjà, le proverbe italien dit qu’il faut manger un sac de sel avec son compagnon pour bien le connaître, comment deux êtres reliés virtuellement par des fibres peuvent-ils entreprendre une relation dite d’amour en vue d’un mariage espéré heureux pour le meilleur et le pire ? Voilà une entreprise vouée à l’échec, un sort piteux que seul le bon sens peut conjurer. Ces malheureux naïfs qui se font plumer par les princesses avec qui ils se sont unis deux jours plus tôt, n’ont souvent que leurs yeux pour pleurer. Aucun amour virtuel ne saurait prospérer en dehors d’un processus physique d’apprentissage et d’un cheminement sincère de connaissance l’un de l’autre. La sagesse commence par la connaissance de soi, a dit Socrate ! A bon entendeur…

Ulrich Vital AHOTONDJI