banner ong educaction

Eleves et enseignants parlent des grossesses sur les bancs !

Educ’Action a promené cette semaine, ses micros dans les Collèges d’Enseignement Général (CEG) pour recueillir les avis des apprenants et enseignants sur les grossesses en milieu scolaire, devenues visiblement une pandémie dans le système scolaire ouest africain. Voici ce que quelques-uns en pensent !

 

Edwige Dèmènou, élève en classe de 3ème

« Il y a certaines filles qui ne savent pas comment calculer leur période et elles tombent enceinte »

La grossesse sur les bancs, c’est le fait que l’élève fille, au cours de son cursus scolaire tombe enceinte. A mon avis, ce n’est pas de leur volonté, il y a certaines filles qui ne savent pas comment calculer leur période et elles tombent enceinte. Il y a des filles quand elles tombent enceinte, leur idée première c’est de laisser les bancs et de s’occuper de leur grossesse ou elles décident d’avorter parce que garder une grossesse sur les bancs, c’est un peu une honte pour nous.

Yannick Yétongnon-Gbéji, élève en classe de 3ème

« Ces filles qui tombent enceinte sur les bancs tentent de faire ce que leurs camarades font
et elles s’y prennent mal »

La grossesse sur les bancs est une très mauvaise chose. Ce n’est pas conseillé pour une fille. Mais ce n’est pas de leur propre volonté. Ces filles qui tombent enceinte sur les bancs tentent de faire ce que leurs camarades font et elles s’y prennent mal. Déjà leurs camarades ont des petits amis et elles décident aussi d’avoir un petit ami. Il y a un garçon qui les drague, les séduit avec de belles paroles et finit par coucher avec elles. Plus tard, elles tombent enceinte, et leurs premières idées c’est d’avorter ou de quitter simplement les bancs ou encore d’abandonner les études pour devenir mère. Et elles gâchent leur avenir.

Casimir Todedjrapou, Censeur au Ceg Dantokpa

Les grossesses sur les bancs d’école ne datent pas d’aujourd’hui. Mais on constate ces derniers temps que ça a pris d’ampleur et on se rend compte que les enfants découvrent le sexe de manière précoce. Ce qu’on remarque c’est que certains adolescents, malgré la grossesse ne perdent pas leur ardeur à aller au cours. On en voit qui trimbale des grossesses dans l’école. En réalité les textes ne sont pas très précis sur la question de grossesse sinon, l’image que cela offre en milieu scolaire heurte, parce qu’une élève que vous trouvez en tenue kaki avec un gros ventre, ce n’est pas décent mais le monde scolaire essaie de supporter ça. L’image que cela renvoie dans l’imaginaire des plus jeunes n’est pas bonne. Les gens découvrent le sexe de manière précoce et les causes sont surtout les médias, les réseaux sociaux. Vous voyez des enfants qui portent des jupes qui, à peine, descendent du niveau du slip et ces enfants quittent la maison, traversent plusieurs rues et les parents ne disent rien. Vous les voyez avec des téléphones portables qui ne contiennent que des images pornographiques. Les enfants qui ont accès à ces images-là sont complètement envahis, déboussolés dans leur vie comportementale. On ne peut pas être à la fois, mère, épouse et élève, ce n’est pas possible. C’est déjà trop de charges dans la vie d’une adolescente. Je ne sais si ce sont les médias qui entrainent cette découverte précoce du sexe, car nos élèves sont trop actifs. Leur vie sexuelle est plus active que leur vie scolaire.

« Les médias, les adultes et tous les éducateurs doivent se donner la main pour protéger les élèves, car une grossesse sur les bancs est un handicap au développement national. Protégeons nos enfants. Jeune, le sexe peut attendre ! Ton avenir est plus important ! Prends ton destin en main. »

Ulrich Vital AHOTONDJI & Estelle DJIGRI