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Abandon scolaire au Bénin : 49,1% des enfants quittent l’école entre le CE1 et le CM1

Une chose est d’atteindre la scolarisation universelle, une autre est de maintenir les enfants à l’école.

Au Bénin, la scolarisation universelle est un succès retentissant. Les mesures d’accompagnement des divers gouvernants ont facilité l’entrée à l’école des apprenants qui, malheureusement en ressortent très tôt. Le rapport sur l’Analyse EEHE dans les 77 communes du Bénin révèle que Sur le plan national, la plupart des enfants qui ont été scolarisés, ont quitté l’école au cours primaire entre la classe de CE1 et CM1, soit une proportion de 49,1% répartie comme suit: CE1 : 17,6% ; CE2 : 16,5% et CM1 :15,0%. Les abandons interviennent aussi au cours secondaire avant la classe de troisième, mais à une moindre fréquence, soit 13,5% de ces enfants. Le graphique ci-contre illustre bien les abandons scolaires par département.

Les cantines scolaires maintiennent-elles les enfants à l’école ?

Au nombre des stratégies mises en place pour maintenir les enfants à l’école, les cantines scolaires occupent une place de choix. Mais à l’analyse, il faut bien se demander si effectivement, les cantines maintiennent ou pas les enfants dans les classes. En effet, si tel était le cas, les enfants ne quitteraient pas l’école au CE1, soit trois ans seulement après le cours d’initiation. Il faudra que des études plus pointues s’intéressent aux réelles motivations des écoliers qui quittent les classes tôt. Un pays dont le taux d’abandon scolaire s’élève à 49% ne pourra véritablement connaître l’ascension nécessaire vers le développement. Si les enfants ne sont plus à l’école, où sont-ils et que font-ils en lieu et place ? Il ne faut jamais oublier que chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. Que l’école est sanctuaire autant que la chapelle. Et au nom du droit à l’éducation des enfants, l’Etat se doit de créer des conditions de travail et de fréquentation scolaire susceptible de maintenir les enfants à l’école. Le développement du Bénin pourra-t-il se faire en dehors du capital humain. L’homme n’est-il pas le capital nécessaire et suffisant pour tout développement durable ?

Ulrich Vital AHOTONDJI