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Chatiment corporel dans les centres d’apprentissage : une réalité ancrée dans les pratiques

Après avoir donné des explications sur le contenu des articles 119, 198 et 199 du « Code de l’Enfant », en République du Bénin

, interdisant toutes les formes de châtiments corporels que ce soit à l’école, dans les centres d’apprentissage professionnel ou les structures d’accueil, et les diverses sanctions qui s’en suivent à l’article 344, votre rubrique droit des enfants s’intéresse cette semaine, à la réalité vécue par les apprentis. Le constat est sans ambages. La chicotte règne toujours en maître dans les centres d’apprentissage. Les patrons d’atelier continuent de frapper leurs apprentis pour des raisons de retard, de non-respect des instructions données pour couper une barre d’aluminium ou une coupe de tissu. Les raisons derrière ces châtiments corporels sont nombreuses et variées. Fabrice Adiou, 17 ans, témoigne. « Je suis frappé lorsque, par exemple, mes sous-patrons me commandent, et je refuse délibérément d’obéir », affirme-t-il avec un léger sourire dans les coins des lèvres. Le châtiment survient encore, informe-t-il, lorsqu’il traine sur un travail de quelques minutes. Plusieurs ateliers visités ont opposé une fin de non-recevoir à l’équipe de reportage qui a constaté déjà de loin, le traitement infligé aux apprentis. Selon les riverains interviewés, la bastonnade dans ces ateliers est digne de la période d’esclavage. Certains patrons affichent au mur l’échelle des sanctions. De six coups de bâtons pour le retard à l’atelier ‘‘Tony Naco’’ aux vingt (20) coups de bâtons pour vol. Chez le patron mécanicien de Agblangandan, le châtiment corporel fait son petit bonhomme de chemin.
Après avoir fait le tour des ateliers, et surtout en écoutant les acteurs concernés, les Patrons comme les apprentis, Educ’Action pense qu’il faut aller chercher les causes de la persistance du châtiment corporel dans la sociologie de nos peuples et engager une véritable campagne de changement de mentalité. Autrement, les lois resteront des lettres mortes.

H. S & U. V. A