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Le mariage forcé, une entrave aux droits des enfants !

Dans la rubrique « Droits de l’Enfant » de cette semaine, il sera question d’une problématique majeure : le mariage forcé des filles. Une pratique qui, hélas, garde la peau dure et constitue, malheureusement, une gangrène pour le développement et l’épanouissement de ces créatures faibles, en dépit des nombreux appels à l’éthique et à la morale lancés constamment par les services et structures compétents en direction des auteurs.

Au Bénin, malgré l’existence de la Convention Internationale relative aux droits de l’enfant et du Code de l’enfant, le phénomène est encore d’actualité, surtout dans les coins reculés et zones enclavées. Préoccupé, Educ’Action se penche sur le sujet à travers un entretien exclusif avec Carine Affovoh, Chef du Centre de Promotion Sociale de Wologuèdè. Elle a surtout renseigné sur l’impact du mariage forcé sur la santé physique et affective de l’enfant fille. Selon l’experte, « la fille de 12 ans à 15 ans qui sexuellement n’était pas prête, a des problèmes sanitaires, une fois l’acte posé. C’est souvent des problèmes de consultation, de prise en charge médicale, de grossesse précoce, de grossesse non-désirée, d’accouchement difficile, d’enfant non voulu. Il y a également le traumatisme sexuel et physique.» Il s’agit là, à l’en croire, de quelques conséquences du mariage forcé sur la santé physique de la victime (la jeune fille qui n’a pas l’âge d’aller au mariage). Pour le Chef du Centre de Promotion Sociale de Wologuèdè, l’enfant (fille) victime du mariage forcé est marquée à vie et a du mal à retrouver la joie de vivre. « Sa vie sexuelle, plus tard, n’est pas épanouie et elle souffre dans son corps, son cœur et dans son âme, parce qu’elle est blessée au plus profond d’elle. Sur le plan affectif, la fille donnée en mariage contre son désir et sa volonté est soumise, malgré elle, au bon vouloir de l’homme. Pour elle, ça devient de l’amertume, de la frustration et même des problèmes psychologiques pourraient subvenir : la démence, les problèmes mentaux, etc. », a expliqué Carine Affovoh, martelant qu’à cause de ces comportements de certains parents, leurs filles vivent à jamais dans l’isolement. « Ainsi, ce que ces filles vivent, pensent ou aiment, personne ne sait. Elles vivent en retrait de peur de recevoir d’autres coups. »
En 2017, il y a au total quatre (04) filles dont les âges varient entre 12 ans et 15 ans, provenant du nord et du centre, qui sont données en mariage. « Heureusement, nous avons pu sauver ces filles-là », a confié, soulagée, Carine Affovoh, Chef du Centre de Promotion Sociale de Wologuèdè. Elle déclare, par ailleurs, à Educ’Action que le mariage forcé n’épargne pas aussi les garçons. Tout en fustigeant cette pratique attentatoire aux droits des enfants, elle invite les parents malgré le poids de la tradition, à prioriser la vie et la santé des enfants, en tenant compte de leur âge et de leur choix.

Serge-David ZOUEME & Enock GUIDJIME