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Persistance dans l’usage des chatiments corporels

Dans la rubrique « Droits de l’enfant », parue sous le n° 222 de la semaine dernière, nous avons parlé du châtiment corporel (le fait de frapper un enfant) qui est refusé à l’école, dans tous les centres d’apprentissage professionnel et dans les structures d’accueil.

Cette interdiction est écrite dans le « Code de l’Enfant »aux articles 119 et 199. Dans le reportage de cette semaine, Educ’Action a visité quelques ateliers pour voir comment les chefs d’atelier appliquent ces dispositions de la loi. Pour Michael Mèdégnon, chef atelier mécanique-auto, les choses ont beaucoup évolué aujourd’hui même si la chicotte demeure un recours indispensable : « moi, Michael Mèdégnon, je ne peux pas former un apprenti sans qu’il ne reçoive quelques fouets à la suite d’un mauvais acte ou comportement. Il doit obligatoirement les recevoir ». Ce chef atelier convaincu que la chicotte est un élément indissociable de l’apprentissage témoigne cependant : « la manière dont nos chefs ateliers nous avaient gardés dans le passé est totalement différente de ce qui se voit dans les centres d’apprentissage aujourd’hui. Si l’apprenti se comporte mal, il est sérieusement chicoté. Cette chicotte, dit-il, éveille l’esprit de l’apprenti et lui permet d’être conscient au travail, obéissant et respectueux.» Il poursuit : « de nos jours, si tu fais des reproches à tes apprentis, si tu les frappes à la suite d’un mauvais acte, ils deviennent paresseux et têtus ou fuient pour ne plus jamais revenir. Moi, je les frappe quand-même pour qu’ils se corrigent et je les éduque aussi par des conseils. » Dans les centres d’atelier parcourus, Educ’Action a noté que les patrons d’atelier ont une connaissance approximative des textes sur le châtiment corporel et ignorent totalement les sanctions prévues. Beaucoup sont convaincus que la chicotte est nécessaire pour l’apprentissage.


Le saviez-vous ?

L’Article 198 du code de l’enfant met l’accent sur l’interdiction de torture. « Toute torture de l’enfant visant à le punir, l’intimider, exercer sur lui une pression pour lui arracher des renseignements ou des aveux, d’un acte qu’il ou une tierce personne a commis ou est soupçonnée d’avoir commis, ou pour tout autre motif fondé sur une forme de discrimination quelle qu’elle soit, est interdite »

Hermann SAGBOHAN & Ulrich Vital AHOTONDJI