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Remise du rapport mondial aux ministres de l’éducation et aux PTF

Savoir encourager son enfant lorsqu’il réussit dans ses études ou dans un autre domaine est un art que beaucoup de parents doivent apprendre à développer, savoir faire des promesses à son enfant en tenant compte de ses capacités financières est également un art qui mérite la présence d’esprit des géniteurs.

Pour comprendre comment ces deux arts fonctionnent bien avec les enfants, le journal Educ’Action est allé à la rencontre de Gabriel Hugues Rodriguez, Responsable pédagogique à l’Ecole secondaire des métiers d’arts (Esma) Hermann Gmeiner sise au Village d’enfants Sos Abomey-Calavi.

Educ’Action : Comment un parent peut-il encourager un enfant ?

Gabriel Hugues Rodriguez : Je peux oser vous dire que pour encourager un enfant, on ne peut pas ignorer sa personnalité, ses désirs, ses ambitions et ses motivations réelles. Un éducateur ne peut qu’encourager un enfant en tenant compte de ce que lui-même désire. Par exemple, dans notre école, nous enseignons les arts plastiques et la musique. Je suppose que mon enfant ait un penchant pour la musique. Je l’inscris en musique parce que je sais qu’il y a quelque chose en lui qu’il demande à faire développer par des spécialistes. Je l’inscris en musique. Cela peut être une source d’encouragement dans son élan de développement personnel, dans son élan de plan de carrière parce que je suis certainement convaincu que lorsque cet enfant est inscrit en musique, il a de l’avenir. Comment je fais pour l’amener à vraiment s’épanouir et à développer ce talent qu’il a en lui ? Je vais non seulement l’encourager en restant à l’écoute de ses besoins fondamentaux, mais aussi en essayant de le canaliser. Dans ce cas, l’âge importe beaucoup. Par exemple, à un certain moment, lorsqu’il a des comportements qui doivent le dévier du chemin, je dois pouvoir trouver les mots justes pour l’aider à comprendre qu’il faille s’accrocher et se concentrer au travail. De plus, de petits gestes doivent venir en tant que parent pour lui dire qu’on est satisfait de son comportement et de son travail. Et là, cela m’amène à lui apporter de l’aide en restant dans les limites qui le maintiennent sur le bon chemin, à lui apporter de petits cadeaux et de petits mots d’encouragement. Je suppose que cet enfant ait atteint les 15 et 17 ans et je sais qu’il peut rouler à moto. Je peux, en termes d’encouragement ou de motivation, lui proposer de lui offrir un matériel donné. Je sais que dans le cadre de son travail, il a besoin d’un ordinateur. Compte tenu de mes moyens, je peux lui demander de travailler à atteindre un niveau donné en classe ou en fin d’année.

Qu’en est-il des promesses faites à l’enfant ?

En termes de promesses, il faut prendre en compte vos propres réalités en tenant compte de vos moyens. Nous parents, nous avons tôt fait de dire aux enfants : nous allons vous offrir telle chose ou telle. Alors que nous n’avons pas les moyens. Je n’ai pas de moyen d’acheter une moto, donc je ne propose pas de moto. Je ne peux pas lui offrir un appareil photo, je ne le lui propose pas. Je fais mes promesses en tenant compte de mes capacités réelles et aussi compte tenu des besoins réels de l’enfant. J’ai la possibilité d’acheter une moto ou un ordinateur, par exemple, qui tous deux ont la même valeur. Pour sa formation et pour le pousser plus loin, l’ordinateur peut-être est plus important. Je lui dis que je vais lui offrir une moto. Le moment venu, il va réclamer l’ordinateur parce qu’à l’école il en aura besoin. Je ne pourrai pas le faire. Dans le cadre de ses études, je ne vais pas ainsi l’encourager. Or, si je mets à sa disposition ce dont il a vraiment besoin pour s’épanouir et pour développer ses compétences, j’aurais été d’une grande utilité dans sa vie scolaire. Ce sont tous ces aspects qu’il faut prendre en compte pour impacter le développement de l’enfant sur le plan de ses études et de ses capacités.

Si le parent n’arrive pas à honorer une ses promesses, que peut-il se passer avec l’enfant ?

Il ne faut surtout pas faire des promesses à l’enfant sans les tenir. C’est là le plus gros danger. Après les examens, par exemple, je dis à l’enfant si tu réussis, je t’offre une moto. Malheureusement, le moment venu, je n’ai pas les moyens pour lui acheter la moto. Cet enfant va commencer par développer des comportements que je ne pourrai pas supporter. Si je suis capable de lui offrir un appareil androïd d’une certaine valeur, je peux lui faire des promesses dans ce sens. Il est important de noter que l’enfant va développer des sentiments de frustration qui peuvent l’amener à développer son expression de soi, s’il est encore adolescent. Il va commencer par adopter des comportements de déviances. Il sera difficile de le ramener parce qu’il peut ne pas l’exprimer directement, mais la blessure sera présente. Il ou elle dira que mes parents me font des promesses qu’ils ne respectent jamais. Non seulement il sera frustré sur-le- champ et développer des sentiments de refoulement, mais aussi devenu adulte, il va prendre cette manière de gérer les choses. Alors, le sentiment de refoulement va se développer encore beaucoup plus. Ces sentiments développés peuvent être sources d’échec scolaire dans sa vie et peuvent le conduire à devenir un enfant rebelle pour la société. Ce sont de petits mots qui ont de sens dans la vie de l’enfant. Nous devons faire très attention lorsqu’on fait des promesses aux enfants.

Hermann M. SAGBOHAN