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« La famille est le milieu de confiance par excellence ou l’enfant peut acquérir des vertus »

Cette semaine, c’est le Père Philippe Kinkpon, recteur de l’Institut Pontifical Jean-Paul II pour les sciences et valeurs de la famille, section de l’Afrique francophone qui partage avec nous les secrets du bonheur et de la réussite. Pour lui, la famille est l’environnement idéal où l’on éduque l’enfant.

 

Comment les parents peuvent-ils aider leurs enfants à réussir ?

Pour qu’une société se développe, il faut qu’il y ait des hommes de qualité. Il faut qu’il y ait un cadre stable et la famille représente le cadre stable. Il faut aussi un environnement de confiance pour que l’enfant puisse acquérir des vertus. Il faut qu’il s’exprime spontanément et qu’on puisse lui dire ce que tu fais est mauvais ou bon. Donc, qu’il se sente en confiance pour s’exprimer. Or, vous savez que le milieu de confiance par excellence est la famille.

On constate aujourd’hui que la rue détruit tout ce qui se construit en famille. Comment faire ?

S’il faut parler de l’éducation de la rue, l’enfant lui-même peut s’instruire à travers l’expérience qu’il fait et qui lui permet de se construire ou de se déconstruire. Si, à la maison, les parents lui ont appris à faire les bons choix, alors, dans la rue, il saura faire le meilleur choix devant toutes les réalités qui se présentent à lui.

Le parent ne sait toujours pas ce que l’enfant peut rencontrer comme situation. Comment l’aider à bien choisir ?

Il faudrait que les parents éduquent l’enfant par rapport au discernement. Discernement par rapport à ce qui construit l’homme et par rapport à ce qui peut détruire l’homme. Si sa conscience est mise sur ces choses et qu’il a compris, alors dans la rue, il saura choisir ce qui va le construire et éviter ce qui va le déconstruire.

Faut-il alors responsabiliser l’enfant tôt ?

Il faut une éducation au sens de responsabilité, une éducation qui amène l’enfant à réfléchir pour qu’il soit lui-même. Donc, l’éducation, ce n’est pas seulement parler mais c’est aussi amener l’enfant à faire des expériences positives et parfois négatives pour tirer des leçons.

Y a-t-il des ados qui échappent à l’éducation familiale et deviennent délinquants ?

La délinquance juvénile est l’expression d’une éducation ratée. Tout se fait dès le bas âge. Même quand il est bébé, on croit qu’il ne comprend pas. Non ! Il faut faire des expériences positives avec lui. Vous savez que tout ce que la maman vit dans son sein agit sur le bébé. Il faudrait que les parents apprennent à être positifs. Quand l’ambiance de la maison est invivable, l’enfant va chercher sa paix dans la rue. Donc, le cadre familial est un cadre où on respire la sérénité, on respire la paix, on respire la confiance.

Pensez-vous que le châtiment corporel peut aider à mieux éduquer les enfants ?

Le châtiment, c’est le pis-aller. Si on a appris à la maison à juger le pour et le contre avant d’agir, je crois que le bâton n’a plus de sens. Si le bâton peut amener quelque chose de positif, c’est la crainte. Or, la crainte n’est pas une bonne solution à l’éducation.

Hermann SAGBOHAN & Ulrich Vital AHOTONDJI