Imprimer

Bertrand M-Batchi, 6è SG du CAMES | « Les diplômes de plus de 5 ans d’âge ne sont plus reconnus par le CAMES »

Écrit par Educ'Action on .

Bertrand M-Batchi - SG CAMESEnseignant de biologie et de physiologie végétale à l’université des Sciences et Techniques de Masuku au Gabon,  Bertrand M-Batchi, exerce les fonctions de Secrétaire Général du Conseil Africain et Malgache pour l’Enseignement Supérieur (CAMES) depuis août 2011. Rencontré lors des travaux de la 39ème session des Comités Consultatifs Interafricain (CCI), il livre les dernières nouvelles sur l’état de l’Enseignement Supérieur dans l’espace CAMES. Lisez plutôt !

Educ’Action : Comment se porte le CAMES ?

Bertrand M-Batchi : Le CAMES est dans une dynamique de progrès et d’amélioration qui exige beaucoup de travail, beaucoup d’effort, beaucoup d’attachement et beaucoup de sacrifice.

Quels sont les défis que le CAMES doit relever ?

Le premier défi est celui de l’excellence et de la qualité parce que la non-qualité coûte très chère. Comme l’a dit Abraham Lincoln, si vous pensez que l’éducation coûte chère, essayez l’ignorance. C’est cela la grande préoccupation qui est la nôtre.


Vous avez annoncé une série de réformes à cet effet. Pouvez-vous nous donnez d’amples explications ?

Un plan stratégique de développement du CAMES a été mis en place pour fixer une ligne de conduite dans les activités de l’Institution.Toutes ces réformes participent à la qualité et à la compétitivité du CAMES. Vous n’êtes pas sans savoir que le monde d’aujourd’hui et celui de demain sera axé sur l’utilisation du digital et du numérique, et il faudrait que le CAMES fasse le pas. Il faudrait que ceux qui ont été promus dans le contexte du XXè siècle s’adaptent aux exigences du XXIè siècle. Nous devons mettre en place des référentiels qui puissent agir sur les critères d’évaluation des enseignants-chercheurs et chercheurs et les pousser à se mettre à niveau en allant vers le numérique pour leur propre intérêt. Le programme ‘’Silhouette CAMES’’ a été créé pour cela. Ainsi, les enseignants qui veulent être promus sont obligés de s’inscrire sur une plateforme afin de les emmener à s’intéresser au numérique. Les experts du CAMES sont aussi obligés d’utiliser la plateforme numérique pour faire le traitement des dossiers. L’usage du numérique est aussi une occasion de permettre un partage entre les générations, car, les jeunes enseignants pourront accompagner leurs aînés qui ont des difficultés. Outre cet aspect promotion en grade, on veut aussi promouvoir le numérique pédagogique. Il faut utiliser les nouveaux outils pour rentabiliser le faible temps qu’on accorde aux enseignants pour dispenser les cours. En effet, dans le LMD, il y a une grande partie du temps de travail qui est réservée à l’apprentissage de l’étudiant.


Dites-nous comment se fait la reconnaissance des diplômes au niveau du CAMES ?

Avant qu’on entre dans le LMD, le CAMES disposait déjà d’un programme de reconnaissance et d’équivalence des diplômes qui garantit la mobilité des étudiants. Cette reconnaissance se fait sur la base d’un référentiel. Nous avons le référentiel des CCI qui permet la promotion des enseignants-chercheurs et chercheurs et nous avons le référentiel des programmes des concours d’agrégation. S’agissant des diplômes, c’est le référentiel PRED qui est utilisé et qui s’articule selon certains critères. La soumission d’un dossier au PRED-CAMES est subordonnée, au niveau national, par la reconnaissance de l’établissement et l’habilitation des diplômes, mais également la sortie préalable d’au moins une promotion de diplômés.Le référentiel prend en compte des aspects pédagogiques, administratifs, environnementaux, la qualité des enseignants, l’employabilité des étudiants, en lien avec la vie universitaire. Au-delà, il y a le programme Assurance Qualité du CAMES (PAQ-CAMES) qui permet au CAMES de jouer véritablement son rôle d’agence régionale d’assurance qualité et d’accréditation sur la base de nouveaux référentiels en phase avec les standards internationaux. Nous voulons que les universités soient dotées des cellules d’assurance qualité et pour cela, nous avons développé des guides et des outils qui peuvent les accompagner parce que l’assurance qualité relève d’abord de la responsabilité des institutions d’enseignement supérieur et de recherche. L’assurance qualité ne se décrète pas, elle se construit. La qualité d’un diplôme se pense, s’inscrit dans une vision et on l’accompagne. Nous accompagnons aussi les pays à avoir des agences nationales d’assurance qualité. Nous avons aussi développé un guide à cet effet. Cela permettra au ministère de tutelle de disposer de moyens et d’outils pour évaluer la qualité des enseignements qui se font dans ces établissements publics ou privés.

Comment arrivez-vous à combler cette distance entre Ouagadougou et les différents Etats pour vérifier la véracité des informations qui vous sont fournies pour l’homologation des diplômes ?

Le CAMES travaille sur la base d’un partenariat avec les pays et les ministères de tutelle. Nous nous appuyons sur les informations que ces derniers nous fournissent. Par ailleurs, ce sont les pays qui transmettent désormais les dossiers d’accréditation au CAMES. Bien plus, les établissements candidats reçoivent une équipe d’évaluateurs sur site comprenant un représentant du ministère de  l’Enseignement Supérieur du pays hôte, chargé de faire une évaluation externe et de dresser un rapport à l’attention des experts du Colloque du PRED-CAMES. Les dossiers sont également instruits par des Enseignants-chercheurs pour évaluer les programmes d’enseignement et la qualité des enseignants qui les dispensent.La validation des résultats du Colloque se fait par les instances scientifique (Comité consultatif général, CCG) et politique (Conseil des Ministres) du CAMES. Le CAMES a décidé de reconsidérer les diplômes qui ont été attribués depuis plus de 5 ans. En effet, la qualité étant de nature dynamique, on ne peut pas faire une reconnaissance ad vitam aeternam. Il y a donc nécessité pour les établissements qui ont des diplômes dont la validité de cinq ans est échue, d’enclencher le processus de renouvellement auprès du CAMES. Autrement dit, les diplômes de plus de 5 ans d’âge ne sont plus reconnus par le CAMES. Un arrêté du Secrétariat Général de l’Institution organise ce processus.

Que fait le CAMES face à ceux qui ne respectent pas ces dispositions-là ?

Nous ne sommes pas là pour sanctionner mais il appartient à chaque responsable d’établissement d’assumer ses responsabilités. Dans quelques jours, nous allons nous adresser aux différents établissements qui sont dans cette situation pour proposer notre accompagnement.

Malgré tous les soubresauts, le LMD continue son chemin. Dites-nous, comment se porte le LMD dans l’espace CAMES ?

Le LMD est une opportunité pour l’espace CAMES de gagner en compétitivité et en performance. Après un état des lieux fait autour des années 2005, le constat était assez alarmant : vétusté du matériel pédagogique, insuffisance des salles de cours, massification, chômage des jeunes, …C’était une opportunité en se disant que nous rentrons dans un nouveau système pour améliorer l’existant. Le LMD est le système le plus performant au monde, car, c’est lui qui est en vigueur dans les pays dits développés. Nos pays ne peuvent pas rester en marge de ce modèle qui a fait ses preuves ailleurs. Si à l’heure actuelle, nous avons des problèmes, c’est peut-être parce que l’appropriation n’a pas été bien faite. Il faut utiliser le LMD dans sa plénitude, de manière non politicienne et populiste. Le LMD a des exigences et l’une d’entre elle, c’est d’accepter l’articulation des cours qui sont semestriels. Ensuite, il y aussi le mode d’évaluation qui n’est plus le même. Le LMD, c’est aussi différentes méthodes d’enseignement / apprentissage dans notre contexte de massification. Face à cela, c’est maintenant qu’il faut utiliser intelligemment le numérique. C’est aussi un autre type d’accompagnement parce que chaque étudiant doit avoir un projet d’apprentissage à chaque niveau. Après le niveau L (Licence), tous les étudiants ne sont pas obligés d’aller vers le Master. Il va falloir que les Etats fixent des barres en indiquant certaines moyennes par exemple 15, j’exagère peut-être, pour passer en Master et les autres vont dans la vie active, selon la formation qu’ils ont reçue. Et c’est cela ce qu’on n’arrive pas toujours à faire. Et ainsi de suite jusqu’au doctorat. Tout le monde n’est pas obligé de faire le doctorat. Nous devons avoir une vision stratégique du LMD qui doit s’articuler autour du projet de société du dirigeant qui est élu, car, c’est lui qui a reçu la caution populaire. Le LMD a encore du chemin à faire. Je pense que de manière sereine, on peut y arriver si on se donne le temps et si l’on fait accompagner cela de la qualité et si on travaille à former non pas des chômeurs mais plutôt les acteurs du développement de demain.

Propos recueillis par : Adjéi KPONON

Commentaires   

 
0 #1 Anemonalove 18-07-2017 20:40
Hi guys! Who wants to chat with me? I'm live at HotBabesCams.co m, we can chat, you can watch
me live for free, my nickname is Anemonalove , here is my photo:

https://3.bp.blogspot.com/-u5pGYuGNsSo/WVixiO8RBUI/AAAAAAAAAFA/JWa2LHHFI2AkHParQa3fwwHhVijolmq8QCLcBGAs/s1600/hottest%2Bwebcam%2Bgirl%2B-%2BAnemonalove.jpg
Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir