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Baccalauréat 2017 en chiffres | Le Bénin renoue-t-il avec les résultats quantitatifs de 2006, 11ans après ?

Écrit par Educ'Action on .

Office du BACRetour sur le Baccalauréat 2017, non pas pour vous donner la liste des admissibles qui composent depuis hier les épreuves orales et sportives mais pour vous donner lecture de l’étude comparée des chiffres des différents baccalauréats depuis l’année scolaire 1997-1998 à nos jours. Des comparaisons faites des différents baccalauréats qui se sont succédés de 1998 à nos jours, il ressort que le fort taux de pourcentage dans l’ordre de 40% enregistré pour le compte de cet examen remonte à l’année académique 2005-2006 avec un pourcentage de 41,11%.

Idem pour l’année académique 2001-2002 sous le gouvernement du feu Général Mathieu Kérékou qui aura tout de même enregistré l’un des meilleurs scores au Baccalauréat avec 41,12%. 11ans après, le Bénin renoue avec les prouesses de 2005-2006 dans un pays où l’on a déclaré l’année dernière seulement admissibles 30,13% des candidats ayant pris part à cet examen national. Autrement dit, pour la Direction de l’Office du Baccalauréat, 69,87% des candidats au Bac 2016 n’ont pas le niveau requis pour la poursuite des études universitaires. Lorsque l’on convient que le niveau s’acquiert dans le temps avec des conditions bien appropriées et que dans le même temps, l’on convient de ce que le niveau des candidats tel la vitesse de l’éclair ne peut brutalement s’améliorer pour avoir accumulé des lacunes dans les classes précédentes, et que certains même ont vu leurs candidatures validées sans justifier du BEPC qui sanctionne le premier cycle, il y a matière à s’interroger sur la fiabilité et la crédibilité du taux de réussite cette année annoncé à grand renfort médiatique. Mieux, le niveau des candidats connu ; celui des encadreurs (enseignants connu) aussi ; les conditions d’études dans les zones déshéritées sont restées les mêmes, notamment dans les Aguégués, à Sô-Ava et à l’intérieur du pays (le septentrion plus précisément dans les greniers cotonniers) ; le programme scolaire demeuré le même. Même si l’on doit considérer de façon plausible l’argument selon lequel les candidats redoublants ou expérimentés ont redoublé d’ardeur au travail pour voir améliorer leur niveau, l’on est en droit de se demander si ce seul argument suffit-il pour justifier ce bond quantitatif qui est loin d’être qualitatif ? Quel est le taux réel de participants des élèves-redoublants à cet examen ? Loin de nous l’intention à Educ’Action de croire que les résultats qui sont proclamés cette année ont reçu la visite d’un messager venu lui donner un coup de pouce parce que convaincus que le baccalauréat béninois reste encore à ce jour, un label incontesté et fait la fierté de notre pays ici et ailleurs, mais nous pensons que quelque chose s’est réellement passée et qui justifie ce taux miraculeux que nous avons enregistré cette année pour le baccalauréat. On aurait souhaité à Educ’Action que le Baccalauréat qui n’est pas un concours fasse un score qui tutoie les 100% de réussite puisque les parents investissent lourdement sur leurs progénitures et sont en droit d’espérer de souriants résultats. Mais alors à quel prix ? A condition que les candidats affranchis par la Direction de l’Office du Baccalauréat à travers correcteurs et superviseurs témoignent qualitativement des connaissances acquises au cours de l’année académique puisque certains seront contraints à concourir avec d’autres candidats venus d’autres pays pour ceux d’entre les élus aujourd’hui qui seront assurément boursiers. Aussi, sont-ils appelés à défendre les couleurs nationales en matière d’excellence sur le plan sous-régional et international dans les grandes écoles et universités qu’ils sont appelés à fréquenter. L’image, la renommée, la qualité de nos apprentissages et la crédibilité de notre baccalauréat resté label convoité par tous, en dépendent.

 

Romuald D. LOGBO

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