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Quand les pleurs des enfants des étudiantes-mères deviennent un calvaire !

Écrit par Educ'Action on .

Etudiante-mère 01Composition des étudiantes-mères à l’UAC

Quand les pleurs des enfants des étudiantes-mères deviennent un calvaire !

L’examen du second semestre en linguistique et en droit à l’Université d’Abomey-Calavi a enregistré, cette année, des étudiantes-mères. Elles viennent composer malgré leurs conditions de nourrisse. Elles viennent composer dans les amphithéâtres avec des bébés au dos.Comment procèdent-elles pour plancher dans ces conditions ? Quels sentiments les animent souvent quand les bébés pleurent au cours des examens ? Les réponses à travers ce mini-dossier...

Etudiante-mère 02Nous sommes à l’Université d’Abomey-Calavi ce 5 Juin 2017. Il est 11h du matin. Dans l’amphithéâtre A750 où composaient des étudiants, des pleurs et des cris se font entendre du fond de la salle. Des voix s’élèvent dans le rang des étudiants pour déplorer ces cris perturbateurs pendant que les principales concernées toutes aussi étudiantes implorent la clémence et l’indulgence de leurs camarades étudiants. Au sortir de la première composition,  une des étudiantes-mères (une jeune dame) avec un bébé au dos se dirige vers un groupe d’étudiants amis pour leur expliquer comment elle a pu traiter l’épreuve qu’ils venaient tous de composer. Présent sur les lieux, un reporter du journal Educ’Action s’approche du groupe pour arracher quelques mots à la jeune dame. « Je viens de finir mon examen du second semestre avec mon bébé. Je ne suis pas une surveillante pour les étudiants mais une étudiante-mère. J’ai composé l’anglais de spécialité pour 1 heure de temps. Et je suis heureuse parce que j’ai fini ce calvaire », déclare toute souriante Olive Djossou, étudiante en 1ère année de linguistique pour renseigner sur son statut matrimonial et son titre d’étudiante dans la salle de composition pour lever l’équivoque. En effet, nombreuses sont les étudiantes aujourd’hui qui accouchent des bébés mais qui n’acceptent pas laisser leurs enfants à la maison au cours des sessions de compositions. Elles préfèrent plancher avec les bébés bien qu’elles éprouvent certaines difficultés dans la manière de réviser, de réfléchir et de composer.

Des difficultés éprouvées par les étudiantes-mères…

Etudiante-mère 03Quid de la gestion de ces difficultés par les étudiantes-mères. « D’une part, je me sens un peu gênée mais d’autre part, je me relâche parce que, quoi qu’en soit l’épreuve, je me dis toujours que je dois trouver quelque chose à écrire. Mais le plus grand problème, c’est le regard des camarades », a laissé entendre tout triste l’étudiante Olive Djossou à la fin de l’examen. Elle est surtout revenue sur ce regard des camarades, qui, à n’en point douter, le gêne, souvent quand son bébé pleure: « Ma prière souvent est que mon enfant ne pleure pas pour ne pas distraire les camarades. Sinon quand il se met à pleurer, tout le monde pose le regard sur moi et rechigne. Ce qui me touche profondément, mais je n’y peux rien. Certes, c’est interdit de venir composer avec un bébé mais les professeurs sont tombés d’accord que je l’amène », a fait savoir Olive Djossou, linguiste en devenir avant de préciser que les professeurs l’ont même autorisée à venir au cours avec son enfant. Elle n’a pas manqué de signaler qu’elle a du mal à réviser à la pause pour préparer une prochaine  composition. « C’est le moment idéal pour moi d’allaiter mon bébé à satiété. Je fais en sorte qu’il soit rassasié afin qu’il ne me perturbe pas lors de mes réflexions prochaines », explique-t-elle  avant de poursuivre : « Je ne sais même pas ce que j’ai écrit pour la première épreuve. J’étais en pleine réflexion quand mon bébé s’est mis à pleurer et les camarades se sont mis à crier sur moi. Je me suis levée pour le bercer au dehors en déambulant. Automatiquement, l’enfant a cessé de pleurer », lâche toute furieuse une autre étudiante en 2ième année de droit qui n’a pas voulu décliner son identité. Elle poursuit en déclarant que pour éviter cette situation dérangeante, elle en arrive parfois au cours des compositions à mettre sous vitamine son enfant afin de prévenir les éventuels désagréments lors des compositions, et, par ricochet, éviter d’être le centre des attentions. Car, confie-t-elle « le regard accusateur des camarades me dérange et me désole énormément ».

Enock GUIDJIME

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