banner ong educaction

Excelsior semper excelsior

Je me souviens qu’au lendemain des deux années du Gouvernement de la Rupture, il était difficile de se concentrer sur le bilan du secteur de l’éducation à cause du climat délétère des grèves et autres contestations non seulement dans le secteur précité, mais aussi dans d’autres secteurs névralgiques.

A présent, il me semble important, au regard des différentes orientations, décisions et autres innovations, de poser la question essentielle : est-ce que notre éducation progresse ? Cela signifie qu’il faut identifier et apprécier les différents changements qui se sont opérés pour impulser la dynamique de l’école.
Aujourd’hui que la plupart des cadres nommés ont pris le temps de connaître tant bien que mal leurs départements, on peut considérer que c’est un premier pas vers la promotion d’actions fortes vers les différents axes porteurs qui impulsent l’évolution du système.
L’un de ces axes est celui de l’accès et du maintien c’est-à-dire tout ce qui est utile pour que la plupart des enfants béninois aillent à l’école, mais, surtout y restent au regard des coûts d’opportunités, des redoublements, des difficultés des parents. L’Etat a alors continué avec la gratuité, mais a surtout insisté sur la promotion des cantines scolaires avec leurs cortèges de contingences diverses.
L’autre élément très intéressant et essentiel est l’élaboration d’un nouveau Plan sectoriel de l’éducation qui consacre une nouvelle architecture scolaire plus globale et porteuse d’une éducation plus soucieuse d’efficacité externe et de compétences : les passerelles pour aller du Primaire au Supérieur insistent sur des formations techniques et professionnelles plus accessibles et garantes d’une meilleure adéquation formation / emploi.
De nos jours, tout le monde est d’accord que le véritable problème des systèmes éducatifs des pays au sud du Sahara, c’est celui de la qualité. Le problème qui se pose ici, c’est qu’à l’évidence, il est impossible de soutenir qu’un élève de Lokossa, au CM2, a les mêmes compétences cognitives qu’un élève de n’importe quel pays européen. L’étude de l’évaluation des acquis du PASEC l’a démontré à souhait. Ces carences semblent remonter jusqu’à l’enseignant de telle façon qu’on se demande si la disqualité des enfants ne traduit pas en fait celle des enseignants, qui, dans un sous secteur comme le Primaire sont au plus des 2/3 à avoir reçu une formation initiale et continue, mais pour combien de temps et à quel prix. Ceci a poussé le Gouvernement à procéder à une évaluation de ses enseignants du primaire afin de vérifier le niveau véritable de ceux qui forment nos enfants. Ceci n’a pas empêché le sous-secteur du Secondaire à initier, à travers un projet piloté en rapport avec l’AFD, la formation de ses enseignants de qualité surtout académique disparate.
En même temps, le Gouvernement n’occulte pas le rôle central des enseignants dans la promotion de l’éducation. C’est pourquoi il a manifesté une volonté politique forte en demandant le concours de l’UNESCO pour réaliser avant la fin de l’année, une politique de la question enseignante afin d’établir un contrat de confiance, pour un enseignant heureux et épanoui.
En même temps, un certain nombre de problèmes demeurent : le premier est celui des moyens qui doivent être accrus pour l’ensemble de ces politiques ambitieuses. Si en effet, le pourcentage du budget alloué à l’éducation semble important, la grande partie de ce financement sert à payer les salaires de telle façon qu’on se retrouve avec la majorité des problèmes qui perdurent et qui évoluent cahin-caha au gré de quelque financement extérieur insuffisant. La solution réside alors à la fois dans une utilisation efficiente de l’existant, avec des Ministères qui travaillent avec plus de synergie grâce peut-être à un CNE, Conseil National pour l’Education, enfin opérationnel, mais aussi dans la mise en place de financement additionnel venant d’un effort national. Comment et par quel mécanisme : réfléchissons-y.
Il est possible qu’une meilleure pédagogie et une meilleure implication des cadres et agents laissés pour compte dans nos Ministères tandis qu’un petit groupe de nouveaux savants s’activent et se tuent à la tâche, permettraient de résoudre beaucoup de choses. Le mécanisme souhaité d’appel à candidatures va aider à la prise en compte de tout le monde.
En définitive, le secteur de l’éducation avance lentement et sûrement. Il s’agit surtout d’œuvrer pour qu’elle aille encore et toujours plus haut pour le bonheur de nos enfants.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.