banner ong educaction

La question enseignante ou à la recherche du bonheur !

Si l’Etat béninois se décidait un jour à utiliser un indicateur qui de plus en plus s’affirme dans le monde après avoir fait sourire à savoir le Bonheur National Brut (BNB), il commencera par ses enseignants ! En effet, le Gouvernement béninois s’est toujours posé une question qui lui semble, non pas seulement importante mais essentielle à savoir: est-ce que l’enseignant béninois est heureux ? Quelles conditions réunir pour arriver à cela afin de postuler à une éducation inclusive de qualité pour notre pays ?


Face à cette préoccupation et au regard d’un contexte national fait de grèves répétées, d’incompréhensions diverses, de bras de fer inutiles, le Gouvernement s’est adressé à l’UNESCO pour enclencher un processus qui va aboutir à l’élaboration d’un document définissant les modalités pratiques créant les conditions d’un bien-être sinon d’un mieux-être de ces hommes dont le sacerdoce impulse l’éducation de nos enfants et donc promeut le développement de notre pays.
Il faut rappeler ici que la désaffection pour le métier d’enseignant est quasi générale en Afrique subsaharienne : partout, on se retrouve avec des grèves violentes qui à l’évidence expriment un mal être, un réel besoin de reconnaissance qui ne s’arrêtent pas à seulement aux revendications salariales, mais touchent une harmonisation et une gestion des carrières plus évidentes, des formations efficaces et régulières, des classes moins encombrées sans oublier des conditions décentes en termes d’infrastructures, de qualité de vie (électricité et media, services sociaux de base) quelles que soient les contrées où l’enseignant se trouve.
On se retrouve dans une situation où les gens ne vont à l’enseignement que lorsqu’ils ne peuvent faire autrement. Ainsi, attirer, recruter et surtout maintenir les enseignants deviennent une gageure. Et pourtant, dans un pays comme le Bénin, ils ne sont pas si mal payés que ça et il y a peu à peu, un souci d’harmonisation des types d’enseignants APE, ACE ; ce qui montre que les problèmes cités plus haut sont importants.
Il s’agit donc, pour l’Etat de réfléchir et de mettre en place une politique enseignante pratique, participative et efficace qui sera mise en œuvre de concert avec les enseignants. La caution de l’UNESCO sans oublier les Partenaires Techniques et Financiers locaux est un gage d’engagement politique fort.
Lorsqu’on examine le paysage socio-éducatif béninois, il faut avouer qu’il y a des initiatives politiques fortes qui préfigurent déjà ce souci de mettre en place une politique enseignante pérenne notamment le cadre de concertation entre Gouvernement et syndicats, le recrutement de milliers d’enseignants, le souci de mise en place d’un statut particulier des enseignants, etc.
Ce que nous devions chercher en réalité, c’est l’établissement d’un contrat de confiance à travers l’élaboration d’une politique claire et pratique qui redéfinisse et resolidifie les bases d’un partenariat gagnant-gagnant entre Etat et enseignants pour une école apaisée. Cette politique aura évidemment un coût mais surtout précisera ce qu’il y a à faire, au fur et à mesure au regard des moyens de l’Etat.
L’Etat a-t-il les moyens de cette politique ? Bien sûr car il aura l’avantage d’avoir des interlocuteurs plus réceptifs, car comme souligné plus haut, si la politique a un coût financier, il y a beaucoup d’aspects qui ont besoin surtout d’écoute, d’entente, de consensus, de compréhension afin que chacun puisse se rendre compte que ce qui nous unit est de loin plus fort que ce qui peut nous séparer.
Depuis le forum de l’éducation de 2007 qui a abouti aux revalorisations salariales qu’on a connu, il y a eu déjà en 2011 un diagnostic de la question enseignante qui a permis d’identifier et d’analyser les maux qui minent ce secteur. On en arrive enfin à la mise en place d’une politique ; ce qui signifie une approche holistique et participative qui identifie et met en place les approches de solution à travers des mécanismes simples clairs et applicables. Ecrivons donc ensemble notre histoire !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.