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I comme Icare ou le chant du cygne !

Les férus de mythologie pourraient se demander ce que font ces deux célèbres références côte à côte. Elles me reviennent tout le temps à l’esprit au moment d’évoquer le cas qui me préoccupe. En fait, ils ont quand même un point commun en ce sens qu’elles marquent une fin : en effet, Icare, présomptueux et imprudent, se brûle les ailes fabriqués par son père en s’élevant trop près du soleil et tombe tandis que, c’est connu, le chant du cygne préfigure la dernière chose réalisée par quelqu’un avant de mourir (au propre et au figuré) !

 

Dans le cas d’espèce, nous sommes en train d’assister à une situation de ce genre : un de ces hommes qui portait le verbe haut et beau ; qui semblait au courant de toutes les turpitudes des uns et des autres ; qui envahissait les medias avec tout le temps des preuves en nous tenant en haleine pour la suite (qui ne vient jamais) selon un scenario bien rodé, vient de se faire piéger à son propre jeu.
Comme à son habitude, ce grand intellectuel dont le front brillant semble être toujours plié sous les diplômes de droit et d’économie, infirmier de son état et toujours tiré à quatre épingles, est venu nous dire qu’un certain ministère baignait dans la corruption : il avait les preuves et le moment voulu, il va révéler encore plus et faire poursuivre.
Savez-vous ce qu’est un inquisiteur en chef de nos jours dans notre pays ? C’est quelqu’un qui roule carrosse depuis de longues années au frais de l’Etat. En l’occurrence dans le cas présent, limousine et tous les autres attributs des grands commis de l’Etat à savoir un salaire confortable et tous les indemnités possibles. C’est donc cet homme, sans doute impartial, et qui a toujours su louvoyer à travers les méandres de la corruption, payé par l’Etat, vivant à ses frais qui en un instant fatidique, a volé trop haut, s’est montré imprudent en s’attaquant au sein qui l’a toujours nourri et est retombé bas, obligé de chanter, pour une dernière fois la belle chanson qu’on lui a intimé l’ordre de chanter : alors, de sa plus belle voix, il est venu à la télé démentir vigoureusement ce qu’il avait dit : Quoi ? Comment ? Quand ? Non.
En réalité, il ne s’était pas trompé; on ne l’a pas trompé hein. C’est qu’il n’y a rien eu. En fait, tout était en ordre et le juge l’a d’ailleurs dit. Les Béninois n’avaient pas compris et il y a déjà des gens qui parlaient de jugement, de non lieu. Ah les réseaux sociaux! Venir jeter du sable dans le gari d’autrui pour qu’un honnête citoyen qui a fait son beurre de tout et de rien; de rien du tout soit obligé de venir redire, se contredire, se dédire.
Y-a-t il une bonne leçon à tirer de tout cela ? Bien sûr ! La lutte contre la corruption n’est plus ce long fleuve tranquille où, de temps en temps, on évoque des dossiers à savoir ICC, CENSAD, Machines agricoles sans rien en faire afin de donner l’impression de travailler à hauteur des subsides de l’Etat qu’on gaspille.
A l’évidence, le nouveau pouvoir a pris la main : il continue toujours par entretenir à souhait, mais ne permet pas les errements car sachant orienter la lutte contre la corruption. Je peux d’ores et déjà prédire qu’à la manière de plusieurs qu’on a pris le temps de remercier et de descendre de leur piédestal, le grand inquisiteur joue ses dernières cartes. Pourrait-il, tel un chat, changer de vie ? Douteux. Il est allé trop loin. Vous remarquerez quelques derniers soubresauts, mais le cœur n’y sera pas, car lui même connaît la suite : alea jacta est.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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