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Surveiller et punir !

Vous n’avez pas connu ma tante «Tassigan» et je me rends compte que c’est ce qui vous manque. Qu’on puisse dire qu’il ne faut plus de punitions corporelles à l’école et in fine à la maison ! Elle vous aurait entretenu sur les vertus de la punition. Peut être en vous développant en quelques lignes sa vie et son œuvre, vous comprendrez.

Mais comment se fait-il que, malgré sa facilité à vous redresser avec une taloche, avec quelques coups de bâton bien sentis, sa maison demeurait le centre de notre vie familiale ?
Tout le monde s’y retrouvait: les grands pour évoquer leurs problèmes, les moins grands pour leurs secrets de cœur et nous, pour les délicieux repas. Il y a avait donc toujours beaucoup de monde et souvent les récalcitrants, les têtus venaient pour un séjour dans ce camp...
Quand ma tante se réveillait un de ces jours où elle disait à ceux qui étaient chargés du ménage «Laissez», la nouvelle se répandait et, la cour devenait vide, chacun marchait sur la pointe des pieds, même le coq de la maison savait que l’heure était grave ! Alors, ma tante prenait le balai et balayait toute la maison, s’occupaient de tous les travaux ménagers : lavage des assiettes, préparation de la bouillie matinale ; eau chaude pour le bain. En un rien de temps et dans le silence, tout était fait et bien fait ! C’est lorsqu’elle appelait un tel pour telle chose que la vie reprenait et on se rendait compte de la qualité de l’exemple.
Mais cette activité avait son redoutable aboutissement : dans les jours à suivre, elle distribuait les mauvais et les bons points. Alors, les fautifs étaient cloués au pilori. Impossible d’y échapper : alors votre faute, votre ancienne faute que vous avez oubliée; votre impolitesse envers un ainé, la cuisine mal balayée ; la basse-cour que vous avez oubliée de nourrir et les retours tardifs à cause d’un quelconque rendez-vous galant, tout était payé avec les «parmatoires», les lanières, etc. Je me rends compte des bons points aujourd’hui car elle appelait tel ou telle pour venir lui gratter le dos ou lui peler sa mangue, tout en évoquant ses bons points à l’école. Alors l’enfant devenait son chouchou et faisait tout pour ne plus la décevoir.
Ce qui était encore curieux, c’est le redoutable honneur qu’elle faisait à un groupe qui se relayait pour s’occuper de l’argent de la maison : à votre tour, vous deviez garder la clé de l’armoire, remettre de l’argent à tel ou tel et brusquement, on passait à un autre sans même faire de compte ! Mais qui pouvait oser voler ma tante ? Impensable.
Quels enseignements pouvons-nous tirer de tout ceci : d’abord, c’est ça l’éducation qui consiste à surveiller, donner l’exemple et punir. C’est une éducation différente de celle que nous propose la société actuelle où, selon le système occidental, les parents qui partent très tôt le matin et reviennent très tard le soir considèrent l’école comme le lieu principal d’éducation. Ils connaissent très peu leurs enfants. Prenez ces trois aspects :
Surveillent-ils leurs enfants. Non ; est-ce qu’ils arrivent à se surveiller eux mêmes i.e. à se prendre en charge dans leurs courses vers le bureau, le deuxième bureau, les amitiés inutiles, l’église révélée etc. Sont-ils des exemples et peuvent-ils donner des exemples. Pour la plupart, non. C’est la bonne qui prépare, fait tous les travaux de ménage, qui aide les enfants à se laver le matin. Le papa commence la journée l’esprit ailleurs, parle au téléphone du pourcentage qu’il doit recevoir sur «l’affaire», ne fait jamais le point des cahiers, du sac et globalement de l’évolution des cours. Il se contentera de crier quand il verra certaines notes rappelant le moment où il était élève et toujours premier de sa classe...
Ces gens dont je viens de vous parler, ces étrangers peuvent-ils punir ? C’est normal qu’ils puissent parler de punitions alternatives alors que la punition est le résultat d’un tout construit, mesuré et calculé et se retrouve comme la sanction lors de la transgression d’une règle morale.
Heureusement que parmi ceux qui reprouvent, il y a encore une large masse d’hypocrites qui usent encore de cet instrument de correction : la chicotte !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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