banner ong educaction

Credo in Deum...

Hummm ! Avez-vous jamais vu cette exclamation commencer un écrit, une chronique ? C’est pourtant mon état d’esprit. Je me suis demandé si je dois écrire, partager certaines de mes pensées, de mes expériences avec vous, car le sujet que je voudrais aborder est très sensible et ma vision est claire; elle n’est pas fausse, mais elle peut être sujet à polémiques !

Je voudrais revenir sur les types d’éducations dont notre société béninoise a besoin. Il a été souligné que nos enfants ont besoin d’éducation (savoir, savoir-vivre et savoir-faire) transmis à travers la formation et l’information que leur donnent les différents acteurs (parents, enseignants, la rue) et moyens (lecture, medias, Internet) qui sont sur leur chemin.
Le plus grand problème aujourd’hui, au Bénin sinon dans nos pays africains, c’est plutôt les types d’éducations dont les parents ont besoin pour faire face à cette vie de précarité, d’angoisse et de quasi-désespoir qui caractérise notre société : il y a une éducation à la prise en charge de soi-même qu’on appelle éducation entrepreneuriale et qu’on cherche, par exemple, à donner aux jeunes en ce moment où tout le monde ne peut aller se refugier dans la sécurité de la fonction publique où beaucoup, pendant des années, regardent défiler leur vie derrière un bureau sans aucune initiative.
Mais alors, le problème de cette éducation entrepreneuriale où il s’agit de se former au leadership se heurte à un manque de confiance en soi : Il est vrai aussi qu’on veut vous apprendre à créer ce qu’ils appellent des starts up avec d’inutiles théoriciens qui n’ont jamais créé l’eau chaude... Ce manque de confiance en soi, de foi nous amène à cette autre éducation que j’appelle de tous mes vœux, à savoir l’éducation religieuse.
En effet, dans notre société actuelle de véritables désordres sinon de débauche religieuse, la seule chose qui manque, c’est l’éducation religieuse qui nous amène à la foi qui s’exprime de deux manières ; l’une étant la conséquence de l’autre : la foi en Dieu qui fonde et aboutit à la foi en soi même !
L’éducation religieuse est là : elle doit être un long cheminement de l’homme vers Dieu. Précisons bien ! Il ne s’agit pas d’un cheminement vers une religion, mais à travers une religion librement choisie qui vous accompagne en toute conscience avec vos joies et vos peines ; avec vos doutes et certitudes ; avec vos péchés et votre capacité de résilience vers Dieu et lui seul.
Aucun pasteur, ni prêtre quel que soit son grade, sa qualité et sa puissance ne peut vous donner la foi, car elle ne s’achète pas, elle ne se prête pas, elle ne se donne pas ; il ne peut que vous accompagner vers ce cheminement intérieur qui est un rapport privilégié entre Dieu et vous. L’aboutissement de cette quête n’est pas de ne plus jamais pécher, de devenir parfait : c’est faux ! C’est juste d’avoir une conscience saine, éclairée, maîtrisée de nos défauts et de nos qualités en sachant que rien ne peut nous arriver, car nous avions quelqu’un avec nous.
Trois questions me paraissent principales ici : Qu’est-ce que la foi ? Comment avoir la foi et peut-on perdre la foi ? J’ai lu dans un journal célèbre au Bénin un article sur la foi et je me suis retrouvé comme avec nos vacataires dans l’enseignement secondaire à savoir une connaissance académique indéniable mais aucune pédagogie. Comment expliquer que la foi se rapporte à une religion (qui n’est qu’un moyen ici) alors qu’elle se rapporte à Dieu, le but ultime. Ce sont ces raccourcis idéologiques qui fondent les intolérances et animent les intégrismes. La foi est chrétienne dit-on aux simples d’esprit (heureux les pauvres en esprit...), alors, elle ne peut pas être musulmane ni hindouiste !
C’est cela qui amène un être humain à l’esprit obscurci par de faux enseignements, à refuser de prêter serment au nom d’Allah, c’est-à-dire de Dieu ! Dans cette chronique, j’ai juste dit ce que n’est pas la foi. Je peux ajouter qu’il appartient à tout un chacun de nous, d’arriver à avoir la foi et aussi de la perdre. La foi est donc une conscience, infuse, confuse (oui!), diffuse mais saine ; elle n’est et ne sera jamais une mauvaise conscience ou une conscience malheureuse, car notre Dieu est bon, sévère mais tolérant ; il demande à chacun de nous, non pas de se consacrer à Lui (sinon à quoi serviraient les religieux!), mais de se consacrer au monde (le travail, la famille, les autres) à travers Lui. A suivre...

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.