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Eloge de la folie !

En cette période d’examens, je voudrais me conformer aux canons de la rédaction et exposer le problème, le développer et conclure. Cela pourrait évidemment servir aux apprenants et surtout, je profiterai de l’occasion pour recevoir la belle note que vous me réserviez !


Mon propos aujourd’hui est plutôt curieux : il s’agit de savoir ce que nos enfants pensent de nous. Imaginez la panoplie de cas qui se présentent à nous : les enfants des gens très honorables qui se trouvent dans notre Assemblée sans compter les excellences des gouvernements et autres institutions. Il faut citer les enfants des grands et petits commis de l’Etat qui sont toujours occupés au boulot, ne peuvent pas sortir avant le Ministre et ceux des hommes d’affaires qui n’ont qu’un seul repère : l’argent.
A l’évidence, tous ces enfants ont un avantage : ils sont dans de bonnes écoles souvent même à l’extérieur du pays, ils ont beaucoup d’argent et de biens matériels et ne manquent de rien à part peut-être la présence des parents. Ils sont bien élevés (élevage) à la manière des poulets chairs.
Mais, il existe un autre groupe d’enfants issus de familles très modestes dont les parents sont aussi occupés que les premiers parce qu’ils sont obligés du matin au soir, d’aller chercher le pain quotidien à travers les ateliers de menuiserie, soudure ou de couture sans compter les champs et les cours d’eau. Ici, le père généralement démissionne et se complait à prendre une deuxième et une troisième épouse, poussant les enfants à se débrouiller avec leurs mères. On se retrouve avec une fille mal élevée (élevage et élévation ?) à qui sa mère crie au moment où elle sort de la maison à moitié habillée, montant sur la moto d’un quidam : ‘‘en revenant, amène quelque chose’’ sic.
La question que nous nous posions est de savoir, face à tous ces cas et à d’autres intermédiaires que nous n’avions pas cités, que pensent nos chers petits que nous retrouvons sagement à la maison ou qui sont en conflit permanent avec nous ; que nous injurions facilement après le désastre d’une journée exécrable au bureau ; que nous ne laissons jamais parler. Par delà les silences, les bouderies, les excès de l’adolescence, comment savoir ce qu’ils pensent de nous ; quels sont, comme dirait l’autre, les indicateurs ?
Je ne peux continuer cet exposé sans évoquer un problème qui me préoccupe personnellement et qui vous permettra à tout un chacun de prendre le temps de la réflexion : C’est celui de la suspension du journal ‘‘La Nouvelle Tribune’’. Ne vous méprenez pas surtout : je ne veux pas juger ! En fait, dans ma grande paresse, j’ai identifié trois journaux qui me permettent sans coup férir de faire mon opinion chaque jour face à un sujet : ‘‘Le Matinal’’ qui a un amour fou pour le pouvoir en place (qui ne voudrait pas être aimé de la sorte !) ; ‘‘La Nation’’ cherchant le juste équilibre en exposant les faits ou parfois en omettant de les exposer pour plus de tranquillité ; ce qui ne l’empêche pas d’être un peu penchée comme la tour de Pise, et ‘‘La Nouvelle Tribune’’ belliqueuse et peut-être impertinent. Avec ces trois, j’ai chaque jour, face à un sujet, ma thèse, mon antithèse et curieusement, c’est ‘‘La Nation’’ qui fait la synthèse. Certains esprits éclairés vous diront que ‘‘la fonction de penser ne se délègue point’’ comme l’a souligné le philosophe Alain. Mais, moi, j’ai, pendant toute la période de la révolution, eu un délégué dans mon quartier. Donc, un ou d’autres maintenant, cela ne me gène point...
Ne nous méprenons pas. Je l’ai dit. C’est un problème personnel et je ne juge pas et je n’ai pas d’opinion sinon que mon opinion ne peut qu’épouser celui du Gouvernement qui me paie ma pension. ‘‘La Nouvelle Tribune’’ doit être condamnée ; elle n’avait qu’à ne pas paraître !
Mais attention, maintenant, je reviens à notre sujet et je ne souhaite et n’admets aucun parallélisme : certains esprits chagrins qui auraient mal interprété mon simple constat d’avoir perdu un des quotidiens qui m’aidaient à penser, pourraient croire que nos enfants ne nous diront jamais la vérité parce qu’on les tient, comme moi, par le ventre, par la peur ou par le désespoir.
En fait, dans chaque maison, il ne reste qu’une solution : installer un fou du roi qui lui dise la vérité dans cette foultitude de moutons et rats.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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