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A l’école de la rupture

Enfin ! L’école reprend avec ce goût d’inachevé qui n’arrive pas à nous quitter depuis plus d’une décennie au gré des grèves et habitudes qui se sont greffées à la chose scolaire. L’école évolue-t-elle dans le bon sens ? Apparemment oui ! Les gouvernants comprennent mieux ce qu’est l’école et s’intègrent facilement dans les perspectives mondiales d’une éducation inclusive de qualité pour tous.


A ceci, nous devons ajouter une question importante : l’école béninoise d’aujourd’hui rencontre-t-elle les aspirations du projet du Gouvernement de la rupture sur l’éducation ? Ce qui pose la question de savoir si notre système éducatif a connu des changements en ces deux ans de nouveau départ.
A mon sens, après la sortie de la période de turbulence que nous avions connue, nous devions nous consacrer à donner aux élèves les meilleurs conseils pour que ceux des classes intermédiaires finissent l’année avec quelque chose dans la tête (on n’y pense pas souvent !) et que ceux des classes d’examens puissent mettre les bouchées doubles pour affronter les épreuves.
Des voix plus autorisées que les miennes vont leur donner des conseils dans une école béninoise qui a très diversement vécu la grève. Ainsi, dans les établissements privés, il n’y a pas eu grèves; dans ceux publics des zones urbaines, oui avec une large part des vacataires qui ont continué les cours ; dans les zones rurales, l’ensemble est contrasté selon le radicalisme des syndicalistes et autres meneurs du milieu ou le sens de l’apaisement de certains partenaires et acteurs de l’école.
En définitive, même une chatte ne reconnaîtrait pas ses petits dans ce méli-mélo où on ne retient qu’une chose à savoir que notre école a pris un grand coup sur la tête avec des enfants de même niveau qui n’auraient sûrement pas acquis en fin d’année, les mêmes connaissances. Mais qu’importe si l’honneur de nos dirigeants et autres syndicalistes sont jusqu’à la fin, restés droits dans leurs bottes est sauf ! Par delà tout, l’histoire ne nous dira jamais ce que vont devenir les innombrables déscolarisés qui ont préféré repartir au village et y rester, sans compter le baby boom occasionné par ces semaines d’inactivité.
Si nous devrions trouver une conclusion à cette situation de grève avec cette victoire à la Pyrrhus obtenue par le Gouvernement, nous dirons : au moins la population béninoise a augmenté. Certains esprits chagrins auront tiré une autre conclusion : la grève a cessé et les cours reprennent. Il faut leur répondre que leur conclusion n’est pas du tout d’actualité au regard d’un certain nombre de journaux futuristes qui, chaque jour, avaient annoncé la fin de cette grève depuis des mois. Un autre ami syndicaliste a énoncé une théorie plus forte : la grève se présente comme un être humain qui a été systématiquement démembré au fur à mesure, perdant au passage, les vacataires, les enseignants de Calavi, quelques syndicats du Front comme autant de membres d’un corps avant que la tête ne soit décapitée par les syndicalistes patriotes de quelques centrales qui avaient de la peine à s’expliquer sur leur capitulation. Au fur et à mesure, les journaux autant anthropophages que futuristes, se sont jetés sur la carcasse et l’ont dépecée avec leur slogan habituel : la grève est finie.
Dans un contexte où nous allons vers les examens, j’aurais sûrement eu une mauvaise note dans la mesure où, je n’ai pas répondu à la question posée au départ, préférant une longue digression sur la grève et ses états d’âme, arrivant à des conclusions peu convaincantes sur l’explosion démographique et le plaisir sans cesse renouvelé de certains de nos journaux qui, dans le pays somme toute du vodun et du fâ, prédisent l’avenir...
En même temps, la liste des promesses du candidat de la rupture dans le domaine de l’éducation est longue et ma chronique ne suffirait pas à les citer. C’est pourquoi, je vous renvoie sagement au document élaboré par la plateforme électorale des OSC du Bénin sur le bilan des deux ans du Gouvernement. Elle a le mérite d’une certaine exhaustivité. Ma réponse à toutes ces questions est simple dans un pays où nous devions continuer à promouvoir le dialogue, la concession, la main tendue franchement, la confiance: travaillons ensemble et nous ferons mieux !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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