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La religion, opium du peuple !

La commémoration du deux centième anniversaire de Karl Marx nous amène à rappeler une affirmation très forte liée à toutes les grandes théories marxisantes à savoir : ‘‘La religion est l’opium du peuple’’.


Aujourd’hui plus que jamais, cette assertion se révèle exacte alors que pendant longtemps, nous avions cru qu’elle ne servait qu’à nier l’un des principes fondateurs du genre humain à savoir sa religiosité. En fait, ce que l’auteur voulait dire, c’est que l’homme, face aux difficultés de la vie, devrait faire attention à ne pas se perdre dans la religion autant qu’un toxicomane se perd dans la drogue.
Cette pensée développée au XIXe siècle nous poursuit et si selon Marx, c’est la société bourgeoise qui a amené l’homme à cette aliénation, on constate qu’aujourd’hui, c’est la multiplicité des temples et des églises faisant chaque jour dans la surenchère des miracles dans une société toujours plus injuste, qui plonge l’individu dans un monde complètement déconnecté de la réalité.
Comment pouvons nous sortir l’homme de cette situation déplorable de dépendance faite de misère intellectuelle, morale et spirituelle, c’est-à-dire donc comment en arriver à faire l’éducation religieuse de nos populations, car de nos jours, la dérive est non pas grande mais abyssale.
Très peu de gens ont une conscience objective de la religion et de ses fonctions. Le pire, les religieux de tout bord ne nous y aident pas : ni le christianisme, ni ses dérivés car la course effrénée aux fidèles désoriente l’église classique et l’amène à utiliser les mêmes armes destructrices que les temples érigés dans les garages et autres baraques.
Dans la tradition ancienne, la religion se présente à l’homme comme le salut vers un monde meilleur symbolisé par les «béatitudes» (heureux les pauvres en esprit, car le royaume de Dieu leur appartient...) dans l’évangile de Matthieu au chapitre 5 qui contient aussi le «Notre Père» sans oublier la loi du talion. Ce condensé de la Bible a aidé l’homme à supporter sa misère matérielle, mais en le plongeant dans une misère morale et spirituelle.
Aujourd’hui, si la société occidentale a perdu pour une large part sa religiosité, elle continue de fabriquer avec l’appui de nos frères et sœurs, des pasteurs et des prophètes qui nous proposent mieux à savoir, non pas un monde meilleur plus tard, mais un monde ici et maintenant, fait de miracles, c’est-à-dire de guérison, de richesse et de gloire.
On est donc passé dans les siècles précédents, d’une religion qui convainc de l’existence d’un monde meilleur, surtout pour les pauvres après la mort, à une vision nouvelle qui vous propose de faire votre bonheur par delà les vicissitudes de la société à travers les miracles.
Ainsi, vous n’avez besoin de personne d’autre que votre pasteur qui va vous conduire à ce bonheur, à travers les prières incessantes du jour, de la nuit (on vous demande de vous réveiller à deux heures du matin pour conjurer le diable) sans compter les prières du réveil où il faut se confier à Dieu en mettant de coté les devoirs élémentaires dans un foyer au lever du jour (s’occuper des enfants, du conjoint, etc.), les innombrables groupes dans lesquels vous vous trouvez et qui vous amènent dans votre église presque quotidiennement. Ajouté à tout cela, les perpétuelles quêtes, les dîmes, les deniers du culte, les actions de grâce, les soutiens financiers au prêtre qui permettent d’alimenter tout sauf Dieu qui n’en a pas besoin. Car, le pire ici, c’est que de la même manière que vous êtes obligé d’aller acheter l’opium en cherchant l’argent par tous les moyens, les temples vous amènent à aller chercher l’argent par tous les moyens pour acheter Dieu ! Dieu s’achète-t-il ? Non. Il se donne.
En fin de compte, cette religion que nous, Homme, avions créée, devient un poison qui affecte notre capacité de penser et nous endort, au lieu d’être un remède qui peut, soit atténuer nos souffrances, soit nous conduire à la guérison. Car, comme le souligne encore Marx : «c’est l’homme qui fait la religion et non la religion qui fait l’homme». En effet, ce sont les hommes qui ont créé les religions pour adorer Jéhovah (le judaïsme), Dieu (le christianisme) ou encore Allah (l’Islam).
L’éducation religieuse qui nous interpelle dans notre pays, est l’affaire de tous et encore plus de l’Etat: Il s’agira de sortir les marchands du temple et de bannir les faux prophètes formés en trois mois au plus ! Ce sera difficile mais pas impossible, car l’objectif in fine, c’est notre Dieu avec sérénité et confiance.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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