banner ong educaction

Le retour de la prospérité partagée

Enfin ! On l’espérait et elle est arrivée. Oui, la prospérité partagée arrive à grand pas. La traversée du désert fut particulièrement rude, mais enfin la rivière. Que dis-je, fleuve ; le grand et long fleuve des élections législatives qui va donner à manger à la plupart des Béninois.


Quelques partis affiliés ont annoncé la couleur dans l’Ouémé et pour une fois, je n’ai pas boudé mon plaisir: Ce fut une belle marche et personne ; je dis bien personne ne refusera à mes frères et sœurs marcheurs anonymes la petite obole : soit un sandwich accompagné d’un bissap plus le billet de cinq cents francs ou la pièce de deux cents francs. Je suis d’accord ; ce n’est pas cher mais pour ceux qui, depuis l’ère de la révolution, ont appris à marcher, qui ont, père et fils, mère et fille, battu le macadam notamment sous l’ex-Président de la République, il était temps de reprendre les habitudes.
Dans un contexte fait de morosité économique, où le père de famille compressé autant que la mère de famille déguerpie sont à la maison, une lueur d’espoir apparaît : nous allons marcher et nos enfants apprendront à marcher non seulement pour se fortifier, mais pour acquérir un pain quotidien, le temps que les projets du Nouveau Départ se révèlent et se concrétisent.
Des esprits chagrins pourront penser que je fais l’apologie de la misère, de l’immoral, car comment comprendre qu’on puisse se réjouir de ce qu’une large masse va s’occuper d’une activité peu reluisante et qui n’élève pas son homme ? Je vous rappelle que vous aurez aussi le grand cortège de cultes d’actions de grâce.
Mais, alors, est-ce le chroniqueur qui invente l’activité ou ceux-là qui sont censé nous aider, nous diriger ? Ce qui va se passer, c’est que, parce qu’il y a les législatives, les partis, les clubs électoraux vont se réveiller, démarcher notre peuple avec beaucoup de promesses et peu d’argent. Que faire ? Résister, refuser ? Un adage de chez nous dit : « Le pauvre ne se met jamais en colère ». Il faut donc composer avec eux.
On me dira que la plupart de ces gens qui sont à l’Assemblée, sont déjà venus nous démarcher et n’ont rien fait pour nous depuis qu’ils y sont ! Et pourtant plusieurs d’entre eux, au nom du pouvoir de leurs moyens financiers tirés dont on ne sait où, repartiront à l’Assemblée. On pourra alors accepter avec Voltaire, le grand penseur français qui disait que « La politique est le moyen pour des hommes sans principes de diriger des hommes sans mémoire ». Moi, je ne suis pas d’accord avec lui : notre cas est plus compliqué.
En effet, ce que nous appelons éducation et qui nous interpelle ici se situe entre deux principes : celui du plaisir et de la réalité. Ainsi, l’éducation consiste à apprendre à l’enfant à se départir du principe du plaisir (aller prendre un bonbon sur n’importe quel étalage et le manger ; ne pas saluer celui dont la tête ne vous plaît pas !) pour aller vers le principe de réalité (il faut acheter le bonbon ; il faut dire bonjour poliment, même au diable !).
Dans le cas d’espèce, avons-nous oublié que ces politiciens qui nous demandent notre suffrage, sont venus nous voir et qu’aujourd’hui ils nous mentent. Non ! La vérité, c’est que nous sommes pauvres et ils ont des miettes à nous donner ; nous sommes peureux et craintifs et ils ont la force et le pouvoir avec eux.
On en arrive à la seule solution qui nous reste : mélanger le principe de réalité (on salue poliment même notre pire ennemi) et celui du plaisir (chanter, danser et manger). De toutes les façons, il n’y a pas d’autres solutions, car nous ne pouvons rien attendre de ceux-là pour évoluer.
Mais quelle éducation reçoivent ainsi nos enfants qui nous voient pour la plupart malmenés, humiliés, asservis. Pour eux, nous ne sommes plus des références. Ils ne comptent plus vraiment sur nous. Ils commencent par prendre conscience que comme le dit Einstein : « Si vous avez un problème et que vous comptez sur la classe politique pour le résoudre à votre place, vous avez alors deux problèmes. On ne règle pas les problèmes avec ceux qui les ont créés ».

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.