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Que vive l’opposition !

Tout homme a un prix ! C’est à la fois une addition matérielle (voitures, villas, argent) et morale (conscience). Beaucoup de personnes jureront tout haut de leur honnêteté la main sur le cœur ! Les hommes d’églises et de temples en premier, spécialistes des quêtes et des dîmes ; curieusement les politiciens en second qui promettent, chaque fois, la société où il fera bon vivre pour chacun et pour tous au détour d’un gros sandwich et d’un jus de bissap...


Avez-vous lu ‘’Emile ou de l’éducation’’ de JJ Rousseau. Ce père de la pensée démocratique avait affirmé qu’il voulait, dans ce livre, faire quelque chose de formidable à savoir ouvrir son cœur et dire la vérité. Ma vérité à moi, c’est que j’ai un prix qui n’est même pas très élevé. C’est peut-être pourquoi je ne trouve pas facilement ma voie. Mon âge avancé pourrait faire penser que je radote au vu de mes prétentions à savoir quelque rôle à coté de mon chef quartier afin de signer les certificats de résidence...
Ce qui m’amène à toute ces circonlocutions, c’est que je me dis que mes propos à suivre, n’ont pas grand intérêt parce que, paradoxalement allant à contre courant pour un demandeur. En effet, je voudrais juste souligner le plaisir que j’ai à lire depuis quelques temps les medias généralistes du Bénin qui, dans une belle unanimité, encensent le pouvoir avec souvent les mêmes titres et vitupèrent contre toute pensée venant de quelques rescapés de l’opposition.
Je n’arrive pas à comprendre que des gens qui, hier, ont encensé l’ex-Président, du jour au lendemain, le vouent aux gémonies et dénoncent une alliance contre nature qu’est cette nouvelle coalition de l’opposition. Sans oser croire que d’autres comme moi ont un prix (cette idée ne m’a même pas effleuré!), je m’interroge sur cette vertueuse négation unanime de ce qui pourrait être considéré comme une opposition. Mais au nom d’un principe cher à ma langue mina (amindji djé yé gbegblé vivinan), je souhaite de tout cœur qu’il y ait une opposition qui a pour rôle de faire prendre conscience à la mouvance qu’il reste à faire : n’est-ce pas le jeu démocratique que nous avions souhaité ?
J’ai un avantage sur beaucoup de gens ; je ne suis qu’une voix dans un désert et donc, je ne compte pas et je peux soutenir tout seul à la manière des «foulosophes» que j’aime qu’il y ait une opposition car, selon des gens comme moi qui pensent trop, une paix totalitaire est une paix dangereuse.
De part et d’autre du pouvoir, les alliances curieuses voire contre nature sont en place dans un bloc hétéroclite soutenant la rupture à l’Assemblée et maintenant à travers une alliance d’opposition à Djeffa. En fait, c’est le jeu politique qui demande sûrement cela et qui met en place des oppositions apparemment féroces, pour des intérêts évidents. Mais nous, peuple, nous militants, sympathisants et adhérents ne nous leurrons pas ! Sachons garder notre place.
C’est pourquoi, aucune invective ne doit être tolérée ! Comment se fait-il que des individus en mal de popularité peuvent-il oser injurier nos institutions que sont nos anciens Présidents ! De même, comment se fait-il que pour y répondre, sous le couvert de ce qu’ils croient être l’anonymat des réseaux sociaux, d’autres invectivent le Président de la République actuel. C’est intolérable et carrément un sacrilège.
Moi, je ne comprends pas cette culture moderne qui n’a rien à voir avec nos valeurs et les normes de notre société. Il semble de plus en plus manquer de police morale dans une société dénucléarisée où on confond liberté et anarchie, où nos autorités religieuses traditionnelles et modernes ne pensent qu’aux quêtes et aux subventions et surtout passent le temps à détruire le tissu familial à force de confisquer nos femmes dans les temples et autres lieux de culte.
Mais savez-vous ? Le plus amusant de cette affaire, ceux pour qui nous nous battons, nous nous déchirons ; nos politiciens apparemment opposés ont souvent beaucoup d’intérêts communs, se fréquentent, prennent du bon vin, des mets fins et marient leurs enfants entre eux pendant que nous cherchons à rendre compte, par la violence, des quelques billets de banque qu’on nous a donnés. Au nom de notre beau et grand pays le Bénin, sachons raison garder !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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