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Le miracle de la foi

Tous mes amis musulmans m’ont souhaité joyeuses pâques. J’adore ce pays où il nous reste encore une large part d’œcuménisme même si, au fur et à mesure, cette grande tolérance de fait, tend à s’estomper au nom d’un égoïsme exacerbé par la lutte féroce des confessions religieuses nouvelles et anciennes qui envahissent nos corps et nos cœurs.


C’est ce paradoxe qui m’interpelle aujourd’hui ! Dans une société béninoise pétrie de pauvreté voire de misère, il est étonnant de constater que plus les gens s’enfoncent dans le dénuement, plus ils se jettent tout droit dans la nouvelle église au bord de la route, la nouvelle manière de prier ou le nouveau couvent dont ils ont entendu parler.
Ainsi, au moment où la religiosité s’amenuise sinon tend à s’estomper dans les pays occidentaux, nos pays semblent avoir pris le relais d’une croix lourde à porter. Dans un terrible amalgame, les confessions se créent et se propagent de telle façon que, de nos jours, après la politique et les affaires (généralement liées à la politique), la religion est la meilleure source de revenus.
La question qu’on doit se poser aujourd’hui est : doit-on croire ? Mieux, il s’agit de se demander qui croire et surtout comment croire ? Dans notre société actuelle, la religiosité est tellement désordonnée et négative.
Elle est désordonnée parce que, à un certain moment de la vie et face aux problèmes, plusieurs personnes commencent des expériences personnelles à partir de leurs familles et familiers : le mari n’arrivant plus à joindre les deux bouts, compte tenu de sa femme, de ses femmes, de ses maîtresses et de ses enfants, s’adresse à un ami très cher qui l’amène chez un vodounon tandis que la femme cherchant à garder son mari ou son travail, prend un autre chemin grâce à sa grande amie.
Ainsi, la chaîne commence et le plus fantastique, c’est que chacun de son côté fait des expériences jusqu’à ce que, las des incantations, c’est le tour des églises. Pendant que l’homme hésite, prend la mesure des choses et retrouve son catéchisme et ses messes du dimanche, la femme a déjà dépassé ce stade et s’est trouvée un pasteur personnel qui ne cesse de faire des miracles dans sa vie. Pendant toute la semaine, elle prie, récite des chapelets, va la plupart des soirs, aux enseignements et passe la journée du dimanche au culte sans compter les campagnes d’évangélisations. Le pasteur devient le centre de sa vie. Seule sa parole est vérité. Le père, les enfants, mangent mal, vivent mal. Qu’importe !
Face à cette situation, l’église catholique, de plus en plus, fourbit ses armes, cherche la parade en créant des groupes plus vivants et des rassemblements. En réalité, dans cette quête pour récupérer ses ouailles, elle n’arrive pas à proposer ce que cherchent ardemment ces hommes et femmes à savoir des miracles. Or, ce miracle existe. Plus haut, j’ai insisté sur une religiosité désordonnée. Je n’ai pas parlé de foi parce que la majorité de ceux qui vont vers les églises aujourd’hui, n’a pas la foi : Ils sont en quête perpétuelle de magie, en quête de miracle perpétuelle.
On se retrouve dans une société divisée ; dans des familles qui vivent côte à côte et pour des raisons diverses, ne se parlent plus car ne s’écoutant plus. Toutes les églises mettent des artifices en place pour attirer l’attention des fidèles qui accourent en rang dispersé.
Rien ne fonde autant notre foi en nous-même que de croire en DIEU, créateur du ciel et de la terre mais ce qui se passe aujourd’hui, c’est de savoir comment croire et où se situe le miracle permanent de notre existence. Dans cette course effrénée, désordonnée et négative qui divise les familles au lieu de les unir, qui anéantit nos espoirs et nos espérances, il appartient aux confessions responsables de situer le miracle, le vrai miracle qui est celui de notre réveil quotidien et de l’établissement de notre foi en Dieu et en nous-mêmes. Il faut insister sur la qualité de la croyance et non la quantité des agenouillements, des bouteilles d’eau bénite. Nous savons qu’une personne qui va chaque jour à l’église est une personne qui donne plus de quête, mais laissez les hommes, les femmes et les enfants grandir ensemble dans une foi apaisée pour des familles harmonieuses.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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