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Rendez nous notre école !

Avons-nous déjà tout dit sur la situation difficile qui prévaut dans notre pays en ce qui concerne les multiples grèves dans l’éducation ?


Pour résumer la situation, d’un côté, l’Etat campe sur un certain nombre de principes et de l’autre, les syndicats sont décidés à obtenir gain de cause sur un certain nombre de revendications. Ce qui est curieux et quasi paradoxal, c’est que ces deux forces qui sont face à face et ne semblent pas vouloir lâcher du lest et s’entendre sur le principal à savoir la reprise de l’école, nous représentent, nous le peuple.
Rappelons-nous ce que nous disent nos principes démocratiques : L’Etat représente le pouvoir du peuple et est garant de ses aspirations. Mais quel est le rôle des syndicats alors ? Ce sont les partenaires sociaux qui sont présents dans toutes les corporations, institutions et structures et qui ont pour rôle de défendre les travailleurs et donc, le peuple de leurs secteurs, rappelant à l’Etat notamment l’exécutif, ses devoirs. A tout cela, s’ajoute les différentes interventions de l’Association des parents d’élèves (APE).
Si je comprends bien, en notre nom, nous les parents, nous le peuple d’hommes, de femmes et d’enfants ; nous le peuple de fonctionnaires, de besogneux, de l’informel et de paysans ; nous la masse toujours silencieuse qui suons au quotidien pour envoyer nos enfants à l’école, il y a donc deux groupes principaux qui, en notre nom, s’entre-déchirent, refusent de s’écouter et de nous écouter, puis prennent l’unique décision de laisser nos enfants à la maison pour le restant de l’année ?
Allons-nous taire et continuer à subir cela ? Comment cela s’appelle ? de la politique ? de la pédagogie ou du social ? On le jure : on ne veut même pas savoir.
Ce qu’on ne dit jamais, c’est que la plus grande partie des ressources qui sont mises dans l’éducation au Bénin, provient de nous le peuple à travers les impôts et taxes et à travers tout ce que nous dépensons pour nos enfants pour l’école. Et pourtant, nous sommes pris en otage par des gens qui, à tord ou à raison, pensent nous représenter et en fin de compte, traduisent leur position dominante qu’ils nous doivent, leurs ego et autres humeurs dans nos misérables vies faites de peines quotidiennes et de souffrances face à une vie qui devient de plus en plus chère, de plus en plus inhumaine.
Nous avions tout accepté : Nous avions accepté les déguerpissements de nos femmes, nous avions accepté l’avilissement de nos hommes qui, pour beaucoup, ont perdu leurs boulots ; nous avions accepté les grèves que nous ne comprenons pas toujours avec la plupart des syndicalistes qui prennent autant de poids que nous maigrissons. Mais il y a une seule chose que nous n’accepterons pas, nous peuple de moutons, nous races de malheureux et de peureux, c’est que nos enfants, nos pauvres enfants sur qui nous fondons nos espoirs, fassent ce que vous appelez une année blanche qui ne vous coûte rien : ni votre argent, ni le traumatisme de vos enfants qui sont loin d’ici...
Parce que nous sommes un peuple pacifique ou qui a l’habitude de supplier même quand nous avons raison, nous vous disons PARDON, nous voulons juste que nos enfants aillent à l’école. Souvenez-vous de temps en temps que nous existons et que c’est nous qui vous avions mis là. Cessez vos querelles, car dans un pays où nous ne savions plus où se situe vraiment l’espoir d’une vie meilleure, nous nous attachons à la lueur d’un avenir meilleur pour nos enfants et il ne s’agira pas de nous ôter cette seule chose qui nous reste.
Un quidam, exaspéré, s’est exclamé la dernière fois ! Mais il faudrait qu’on assigne ces gens-là en justice. Etat, syndicats pour qu’ils nous rendent notre école. Ce juste courroux n’a qu’un hic ! De quelle justice s’agit-il ? De celle des hommes qu’on retrouve dans les tribunaux et à la Cour constitutionnelle ou celle de Dieu ? En attendant de répondre à cette question, nous vous supplions : rendez nous notre école !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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