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Qui doit être Ministre ?

De toutes les belles choses qui ont été dites sur la Journée Internationale de la Femme, j’en retiens deux : la première dit que ‘‘le 8 mars, c’est toute l’année’’, ce qui signifie que toutes les journées appartiennent aux femmes ; autant d’ailleurs qu’aux hommes même si elles en ont plus besoin que nous.

La seconde, c’est la photo d’une femme, au fin fond d’un chemin rural qui faiblit sous le poids d’une charge a priori impossible à porter par un être humain et qui, sûrement n’a jamais entendu parler de journée de la femme...
Surtout ne vous arrêtez pas de lire car, vous vous dites que c’est encore un ensemble de sentiments ponctuels et fugaces que je voudrais développer pour, comme beaucoup d’autres, me dédouaner en me présentant comme un admirateur qui aurait contribué à la journée de la femme. Moi, je n’aime pas cette journée, même si je perçois ce qui la fonde parce qu’elle me semble réductrice, discriminatoire et stigmatisante. Si on avait créé en plus une journée des hommes, je comprendrai car, cela signifierait que chaque sexe a un jour pour juste se défouler et tout le reste nous appartient à égalité !
Mon propos d’aujourd’hui ne porte pas sur cette journée ou plutôt indirectement car, je voulais me poser la question de savoir quel type de Ministre de l’éducation il nous faut ? Exercice périlleux, n’est-ce pas que les laudateurs habituels régleront vite avec leur larbinisme habituel: C’est sûrement le grand, le puissant, le beau et le meilleur Ministre qu’on puisse avoir actuellement que Dieu a désigné, lui-même. Comprenez-les. Ils ont peut-être raison, mais ils ont surtout faim...
Si on doit élaborer un profil de Ministre de l’éducation dans nos sociétés, il faut tout d’abord et paradoxalement éviter les grands techniciens de l’éducation et ma préférence portera plus sur les femmes que les hommes au regard de mon expérience de cadre ayant travaillé de près avec une douzaine de Ministres : je vais camper le portrait de trois d’entre elles qui m’ont marqué.
La première était (car aujourd’hui disparue) une politique pure et c’est surtout en cette qualité qu’elle s’est retrouvée Ministre. Elle a été l’une des rares femmes ayant connu la révolution et avoir promu l’organisation des femmes révolutionnaires. Ses qualités résidaient dans le fait qu’elle était une meneuse d’hommes ayant la décision rapide face aux dossiers qu’elle n’a pas pour rôle de maîtriser, mais d’orienter dans le sens du bien commun et du politiquement acceptable. Son défaut résidait dans le fait qu’elle n’avait pas le temps pour les sentiments et chacun des cadres n’était intéressant que dans le sens où il était docile et pouvait servir.
La seconde était au départ la plus novice, mais celle qui a aussi progressé le plus à la fin de cette expérience politique. Elle avait une grande qualité intellectuelle et une réelle capacité d’écoute qui lui a permis, au fur et à mesure, de manager, de mieux en mieux, les hommes. En même temps, elle semble avoir subi trop d’influences compte tenu de son parcours social et de son jeune âge.
La troisième, issu du sérail éducatif, a semblé avoir le moins vite assimilé la mécanique ministérielle. En réalité parce que du milieu et voulant absolument bien faire, elle a beaucoup rêvé pour l’école sans avoir eu les moyens d’imposer sa vision. En même temps, la proximité de ses anciens collègues et amis devenus ses collaborateurs, n’a pas nécessairement été un atout dans un pays où lorsqu’on vous connait avant votre élévation, on estime que vous deviez être redevable à tous.
En définitive, ce qu’on retient surtout, c’est que ceux sont des femmes qui ne sont pas restées globalement très longtemps comme Ministre dans un pays où ce poste se distribue pour quelques mois. La question qu’on peut se poser est de savoir qui a été la meilleure ou plutôt, ont-elles toutes rendu des copies honorables. A mon avis, aucune n’a démérité et elles m’ont laissé des souvenirs d’une gestion à la limite plus apaisée, à la limite moins dispendieuse.
Si vous remarquez, on est parti d’une gestion plus politique à une gestion plus technique. Mais, à y regarder de près, la marque politique d’une personne qui est passée par l’Assemblée gère mieux les affaires d’un pays que la personne qui part avec un ‘‘handicap’’ de novice ou de technicien. En tout cas, bravo et merci à ces femmes. La Nation reconnaissante vous salue.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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