RAVIP 02

L’idéologie de la rupture III

C’est la troisième chronique que je vais consacrer à l’idéologie de la rupture. Cela devient-il une obsession alors que mon rôle consiste à poser les problèmes de notre éducation ?


En réalité, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est de l’éducation qu’il s’agit ! Dans ce Bénin surdiplômé au regard de tous ces enfants qui se retrouvent à l’Université ou qui en sont sortis avec des parchemins sans pour autant savoir quoi en faire, il est temps de leur apprendre à être compétent. Or, quoi qu’on dise, nous avons aujourd’hui un Président compétent.
En effet, on peut tout reprocher à celui qui nous dirige : il est compétent pour manipuler l’argent et les hommes. Il me paraît donc important que la jeune génération le regarde faire et s’en inspire car, en fait, nous sommes actuellement devant une situation spectaculaire. Il est apparu un homme qui va enfin dompter notre peuple ; ce peuple réputé indomptable !
Quel est le problème ? Comment le poser ? Nous avons aujourd’hui un Président qui s’est patiemment construit en phagocytant toutes les sphères de notre société et qui, arrivé au sommet de son art, a décidé d’appliquer ses préceptes à tout un peuple ; mais en même temps le peuple le plus difficile de la sous-région. Regardons les forces en présence et posons un préalable.
D’un coté, le Président riche et compétent qui sait dissocier la morale de la politique ; qui très tôt s’est détaché de tout corps encombrant ; qui ne cherche pas à se faire aimer mais plutôt à se faire craindre (Machiavel) ; nourrissant depuis des années une grande partie de la classe politique qui lui est largement redevable.
De l’autre, une classe politique fortement repue, manouvrière qui n’a qu’un seul credo : sa survie et qui en même temps a la faculté de retomber toujours sur les pieds et trouver des solutions honorables de sortie lorsque tout paraît perdu (Conférence nationale, refus d’une nouvelle Constitution tronquée). Adossés à elle, quelques trublions et membres de la société civile sans oublier un peuple qui agit et réagit à ce qui ne lui plait pas.
Le préalable que je vais poser ne va pas être clair pour tout le monde : il est pourtant essentiel et détermine la compréhension véritable et « l’assimilation bénéfique » de ce combat de titans. Il s’agit de l’histoire. On définit l’histoire comme « le récit des évènements passés » (classique) et comme la « connaissance du passé » (H.I. MARROU). Dans sa première assertion, elle relève presque de l’anecdote. En ce sens, la Conférence nationale de 1990 ne pourra jamais être scientifiquement analysée par les participants qui en réalité y déteignent une large part de subjectivité. Dans la seconde assertion, elle est une science et telle, elle nous intéresse pour induire le présent. Ce préalable nous amène à la question suivante : la génération actuelle, témoin des évènements historiques qui vont arriver, peut-elle apprendre en même temps ?
Il y a ici une remarque subsidiaire peu importante, mais qui demeure la première question de chaque lecteur : qui est-il ou qu’est-ce qui l’autorise à dire tout ça et impunément ? Ce qui pose le problème de la qualité et de la légitimité du chroniqueur ! La qualité renvoie à ces (in)utiles diplômes et formations ; la légitimité, au principe citoyen et éducateur qui l’habite.
L’impunité ? Mais pourquoi ? Il n’y a que de la description d’une opposition habituelle dans tous les pays démocratiques entre le pouvoir et l’opposition. De plus, Beaumarchais, écrivain français, a déjà résolu ce problème : « Sans la liberté de blâmer, il n’est point d’éloge flatteur... il n’y a que les petits hommes qui redoutent les petits écrits ».
Rappelons ce qui nous préoccupe après ces circonlocutions somme toute nécessaires : comment faire profiter nos enfants et les générations futures des leçons de la gouvernance actuelle à travers les actes qui seront posés et qui pourraient être par exemple traduits dans les frondes sociales et leur approche de solutions, les législatives prochaines : La rupture va-t-elle parvenir à asseoir une paix total(itaire) où chaque Béninois ira vers un développement voulu et pensé par notre Président ou certaines personnes vont continuer à oser lutter, oser penser autrement ! L’idéologie de la rupture n’a pas encore livré tous ses secrets !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.