RAVIP 02

Le bien et le mal !

En ce moment, nous sommes dans des temps plus que troublés. On grève, on manifeste et le Gouvernement répond par ses arguments puissants et qui laissent admiratifs :

une forte communication dans plusieurs medias plus paresseux, les uns que les autres, répétant souvent les mêmes titres à la gloire du timonier national ou la mise en branle d’une série d’épées de Damoclès (je pensais que c’était un exemplaire unique!) sur les plus turbulents à savoir la levée d’immunité parlementaire. En fait, pour résumer, on ne peut nier que c’est la preuve de la vitalité de ce que nous appelons la démocratie ; car quoi qu’on dise, les arguments qui amènent les uns et les autres à cette situation ne tiennent pas toujours.
En effet, en même temps que l’Etat est comptable d’un ensemble d’erreurs dues surtout à la conscience infuse ou confuse d’une certaine légitimité, on ne peut nier que les syndicats semblent outrepasser le social et rentrent dans un jeu de forces dangereux.
Quelle dialectique aujourd’hui où il est difficile pour nous, parents d’élèves, peuple assoupi, majorité silencieuse qui a, de plus en plus, peur de penser et même de gémir, de situer le bien et le mal, d’identifier en ces temps de carême le diable tentateur et de rechercher notre salut à travers la voie sûre et certaine du Christ retrouvé. ...
D’aucuns diront tout simplement qui a raison et qui a tort : l’Etat qui a tellement déçu en rasant, en cassant, en annexant et en absolvant des intérêts privés ; ou la société civile qui, ayant participé à faire le roi, ne trouve plus son compte et rue à satiété dans les brancards de l’hôpital ou réduit le bâton de craie en mille morceaux !
S’il est vrai que je ne peux pas désigner qui a raison dans cette affaire où chaque jour, nous devenons de simples invités, je sais, aussi sûrement que le soleil se lève, qui a tort ! Ceux sont nos populations avides de sandwiches et de quelque billets de banque sans aucune valeur qui, sans discernement, se donnent des dirigeants peu préparés à l’exercice du pouvoir et qui ne semblent pas vraiment connaître les réalités du pays. Ceux sont nos enfants qui vont connaître des années scolaires tronquées ; ce sont nos femmes qui ne savent plus à quel saint se vouer pour nous ramener un morceau de ce pain quotidien si rare de nos jours !
Pitié ! Dirigeants de tous nos pays, cessez les petites guerres qui ne nous profitent pas. De nos jours, l’éducation béninoise qui me préoccupe au plus haut point, n’évolue pas vraiment avec une réelle iniquité : Il y a une différence entre l’élève qui est dans le privé et le public, entre celui qui est à la ville et au village sans compter des enseignants mal formés qui n’enseignent aucune compétence et qui sont obligés de se fatiguer à courir de classes en maison afin de joindre les deux bouts.
Pendant ce temps, alors que nous demandons juste un peu de pain et de considération, on nous méprise ; on humilie nos femmes qui nous nourrissent sans avoir le courage de leur redonner leurs lieux de vente aux abords des routes ou de leur trouver une réelle solution. On ne cessera jamais d’en parler, car nos maux ont commencé là ! Pendant ce temps, les syndicalistes menacent tout en prenant leurs jetons de présence.
On ne gouverne pas un pays avec des états d’âme : on pèse, on soupèse ; on va en avant et on revient en arrière. Aujourd’hui, le Bénin semble appartenir à tout le monde sauf à son peuple : c’est le leasing, l’asphaltage, l’affermage sans concession, sans pitié ! On nous dit demain, vous serez heureux quand les étrangers viendront prendre possession de ce désert de compétences. Mais je voudrais humblement rappeler à nos admirables dirigeants et syndicalistes que, selon la petite et somme toute véridique assertion : tout ce qui sera fait (soi disant) pour nous, sans nous est contre nous !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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