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L’éducation à la compétence !

En définitive (les esprits chagrins diront qu’on ne peut pas commencer une chronique par ‘‘en définitive’’).

Je me souviens que dans les temps anciens où j’allais sagement conter fleurette à une jeune fille des plus intelligentes, elle me répétait sans cesse à chaque fois que je voulais intervenir pour m’expliquer et que je commençais par ‘‘c’est-à-dire’’, ‘‘tu veux mentir. Une phrase sérieuse ne commence jamais par c’est-à-dire’’. La suite de nos relations ? Devinez : Quel avenir a une société où on peut vous taper dessus et vous empêcher de pleurer... Bref, revenons à mon souci.
En définitive, quelle éducation donner à nos enfants ? Après avoir essayé plusieurs choses; après avoir rappelé un certain nombre de principes directeurs de l’éducation d’aujourd’hui, j’en suis arrivé au fait que nos enfants n’ont besoin que d’un type d’éducation: celui de la compétence. Comment donc développer et promouvoir l’éducation à la compétence ?
Lorsque nous évaluons les différentes pédagogies qui se sont succédé au Bénin, on se rend compte que les curricula développées n’ont rien à voir avec la véritable mise en place de la compétence. Attention, je ne veux pas parler de la pédagogie de l’Approche Par Compétence (APC) qui me parait d’ailleurs intéressante. Je voudrais parler d’un ensemble d’habiletés, de techniques qui permettront à nos enfants de faire face au monde.
Notre époque nous a appris ânonner, les enfants sont à cette pédagogie où on semble leur faire confiance, mais dans des conditions difficiles avec les mêmes matières ennuyeuses, dépassés ou facilement repérables sur internet. Ce qui amène, de nos jours, à des situations délicates. Les mathématiques sont déjà sur les calculatrices; les langues sont sur les moteurs de recherche que les enfants connaissent mieux que les professeurs; il suffit d’aller sur Google Map ou d’avoir un GPS pour connaître sa géographie. Mais l’histoire alors: Ma fille de la classe de troisième m’a fait hier une remarque qui m’a laissé pantois. Elle a demandé:» pourquoi les professeurs mentent-ils autant en histoire ? J’ai rétorqué : qu’est-ce qui se passe ma chérie ? Tu es en train d’apprendre ton cours pour le devoir non ? Mais oui papa : comment peut-on affirmer que depuis quelques décennies, l’Afrique a relevé plusieurs défis pour son développement : celui de la corruption, celui de l’instabilité politique, etc. C’est difficile de retenir ces choses alors qu’on parle chaque jour à la télé de corruption, de pauvreté, de misère, de notre pays où la majorité de la population souffre ! Maman ne vend même plus !
Je sais que certains esprits incrédules qui ont vécu pendant dix ans le régime d’un certain Thomas, ne me croiront pas. Vous oubliez que les enfants sont tous les jours devant les media; ils sont informés plus que nous.
Conclusion: L’école est-elle inutile pour ces enfants qui ont l’esprit critique, la faculté de comprendre et de juger ? Et nous leur proposons les vieux curricula qui sont autant de pièces de musée. Moi, ancien professeur de philosophie, qui a cessé d’exercer depuis vingt ans, je me rends compte que ce sont les mêmes cours avec les mêmes références qui sont donnés: Que l’on parle de Platon et d’Aristote, OK. Mais depuis vingt ans, n’existe-il pas d’autres théories philosophiques qui ont émergé ?
L’école purement statique, archéologique et répétitive doit disparaître au profit d’une école dynamique où nous développions l’esprit critique des enfants qui n’ont pas besoin d’aller tous les jours à l’école à 7h pour un matraquage mnémotechnique.
Plusieurs pays ou sociétés anglo-saxonnes commencent à développer ce schéma en allant dans le sens où le plus important à donner à l’enfant n’est pas dans le bourrage de la mémoire, mais le réveil de son esprit critique. Mais nous, au Bénin, que faisons-nous ? Nous nous retrouvons avec une très vielle classe d’inspecteurs et d’encadreurs jaloux de leurs prérogatives et qui intègrent à compte goutte quelques têtes nouvelles préalablement bien choisies pour ne pas oser déséquilibrer le statu quo. La pédagogie disent-ils est l’alpha et l’Omega de l’éducation. Un enfant dans le ventre de sa mère subit la pédagogie ! Que faire face à tant de certitudes ? Continuer à laisser les dinosaures saccager l’espace vitale de nos enfants ou réagir en les chassant tous pour un renouveau de notre école ? La dialectique est là ! Je ne choisis pas car on dira que je suis pour les solutions radicales. De toute façon, sauvons nos enfants !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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