banner ong educaction

Conflit de générations ?

Je vais avouer un terrible secret aujourd’hui aux plus jeunes en ces périodes troublées où il y a des partis politiques de jeunes, des associations de jeunes, des groupes de whatsapp de jeunes et où il ne manque qu’une seule chose: les groupes de travail de jeunes pour réussir à l’école.


Mon secret est, en effet, à la fois terrible, ridicule et même honteux ! J’ai décidé en ce début d’année de m’adresser aux jeunes et aux moins jeunes. La chance que j’ai en révélant ce secret, moi qui entre dans le troisième âge, c’est que la plupart de ceux qui vont me lire et qui pourront revendiquer la qualité de jeune (je ne parle pas de ces énergumènes toujours affamés et ridicules qui, pour plaire aux princes, se rasent, usent de « qui va vit » pour noircir leurs cheveux et qui se pointent dans les medias pour débiter des sottises) ne me croiront pas.
Mon secret, mes chers ; ce terrible secret, c’est que j’ai été jeune aussi mais surtout jeune et heureux. Quoi ? Comment ? Quand ? Quelle incongruité ! C’est presque un blasphème contre la sacrée jeunesse d’aujourd’hui. Bon avant non ? Il y a vrai jeune et jeune d’avant hein ! ‘’On ne peut pas comparer !’’, va s’exclamer le jeune d’aujourd’hui.
Comment peut-on être jeune sans whatsapp, sans mobile, sans internet, sans media ! Bon ça devrait être dur hein ? L’âge de la pierre taillée. Dieu vous a fait naître trop tôt et a regardé les vieilles photos jaunies, vous avez dû manquer de tout.
S’il y a une chose qui est étonnant et difficile à accepter par certains, c’est que nous passons tous par les mêmes étapes physiques à partir de notre naissance : on est bébé, on devient jeune, on continue à grandir et on vieillit; et chaque étape, selon les générations, est vécue avec les joies, les peines, les échecs et les succès, etc.
En même temps, ce que je suis prêt à concéder aujourd’hui, c’est qu’il y a jeune d’avant et jeune de maintenant : c’est mieux actuellement ou avant ? Chaque génération avancera ses arguments. De nos jours, le jeune se sent heureux ; il est né dans un moment béni où il y a tous les moyens de s’évader sans même quitter son lit, où il y a les gars et les gos qu’on cueille à foison sans peine grâce aux réseaux sociaux. Il n’y a qu’une ombre au tableau : la nécessité d’aller à l’école, d’apprendre ses leçons pour s’échapper des griffes de ces diables qu’on appelle parents !
L’ancienne génération a connu le respect des parents, la compétition à l’école, les bas d’ ‘’eph’’, mais aussi les contraintes avec le riz qu’on ne mangeait que les jours de fête, pas vraiment d’argent de poche, la chicotte régulière et la famille nombreuse avec le père et plusieurs femmes ; ce qui donne une infinité d’enfants ! Mais les anciens vous diront: c’était le bon vieux temps ! En fait, la question principale est la suivante : Quel est le meilleur moment ? La réponse est facile quand on donne la parole à chaque génération. En réalité, elle est difficile et plus complexe. L’ancienne génération n’arrive pas à suivre la nouvelle qui va très vite, qui n’aime pas beaucoup réfléchir, mais qui consomme beaucoup intellectuellement. La nouvelle génération voit toujours des gens qui passent le temps, à se plaindre, à vouloir inculquer les valeurs dépassées du bien, de l’amour, du permis et du défendu qu’on appelle ‘’éducation ou religion’’.
A quoi sert l’éducation de nos jours ? A avoir des diplômes et surtout à bien se tenir dans la société. En même temps la suprême finalité, n’est-ce-pas le bonheur que procure le ou les plaisirs ? C’est possible mais douteux. Le réel problème entre les différentes générations, c’est-là où se situe ces plaisirs et ce qui les constitue.
Auparavant, on créait et attendait le plaisir en rêvant, passant par toutes les étapes avant de le concrétiser : on passait des mois, des années à faire la cour à la jeune fille par exemple qui acceptait enfin vos avances parce que vous êtes crédible en tant que homme venant d’une famille honorable. De nos jours, la réalisation du plaisir est si immédiate qu’il laisse un grand vide et un autre besoin immédiat d’un autre plaisir. On en arrive à une vacuité de l’existence où on recherche des sensations absolues mais hélas ! On n’a pas plus d’appétit.
Rien n’inspire : ni l’école, ni les parents, ni la société, ni même le sexe. C’est le nihilisme. Mais où est le bonheur dans cette quête effrénée de l’infini pour un être désespérément limité ?

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.