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Bonne et heureuse année !

En réalité, ma chronique n’a qu’un seul but : vous souhaiter BONNE ET HEUREUSE ANNEE ! Vous me direz que ce sont des conventions, des vœux pieux. Certains, après la première phrase, vont penser : encore des mots, rien que des mots !


Avant de vous prouver que j’ai raison et que les vœux en début d’année sont importants, laissez-moi d’abord me plaindre. Je suis obligé d’avouer que j’ai un certain âge et le bon vieux temps m’a laissé des souvenirs indélébiles. Je me désole de ne plus retrouver ce temps où les vœux se faisaient face à face ; où c’était l’unique occasion d’embrasser les jolies filles, les secrétaires récalcitrantes et autres dames toujours bien parfumées. Moi, j’avais tendance à embrasser d’abord les hommes avant de finir par les femmes : les sourires étaient sincères. C’était la fête. Mais aujourd’hui, demandez-moi combien de gens sont venus caresser mes vieilles joues. Très peu et pourtant j’ai eu des centaines de vœux...... par whatsapp. « O tempora, o mores »!
Comment pouvons-nous nous contenter de vœux par media interposé ? Avez-vous rendu visite à votre voisin, à vos oncles et tantes, à des membres de votre famille proche ? NON. Vous avez, pour la plupart, téléphoné, envoyé de jolis posts et vous êtes contents. Le travail vous fatigue et vous n’avez pas le temps ! On vit dans le monde moderne et il faut faire comme en Europe. Quelles bêtises ! Ressaisissez-vous ; janvier n’est pas fini.
Quand j’ai eu à vivre près d’un an en France, il y a deux ou trois petites choses qui m’étonnaient. Je vais vous en raconter le temps d’écrire un livre là-dessus. D’abord, il y a une réelle difficulté de communiquer, de se parler : les gens ne se parlent pratiquement jamais dans les lieux publics contrairement à ce qu’on voit dans les films. Dans le métro (train souterrain), tout le monde semble occuper par son livre, son journal, son portable. Or vous savez que chez nous ici, vous prenez un taxi Cotonou-Lomé, le temps d’arriver, on se connait tous et on se découvre cousin ou parent !
Quand vous sortez du métro, il faut marcher très vite sinon on vous considère comme un chômeur et dans la rue, enfin pour rentrer chez soi, c’est toujours au pas de course sans surtout un regard vers les voisins rencontrés : et pourtant, ces gens si affairés, lorsqu’ils rentrent chez eux, ouvrent leurs ordinateurs et, tenez vous bien, se connectent à des sites de rencontre...
Nous avions nos habitudes ici ! En fait, je ne juge même pas ces habitudes occidentales ; je me désole juste de toutes ces richesses humaines rencontrées, ces regards qui auraient pu et auraient dû se croiser et enfin qu’on puisse se parler ! Et nous allons vers cela dans une société où nous sommes régis par les whatsapp, les novellas et autres pasteurs indélicats qui passent le temps à nous laver le cerveau à travers les innombrables cultes de tous les jours sans oublier ceux qui se croient chrétiens ou plus hommes de Dieu que nous parce qu’ils ne s’approchent pas du vodun ou des cultes aux mânes de nos ancêtres.
Entre parenthèse, comment comprendre qu’une radio au demeurant pieuse et très écoutée par une grande majorité puisse, le jour de la fête du vodoun, oser soutenir que tout cela, c’est le diable et surtout dire que le yèkè yèkè, les asens sont des œuvres du diable et donc notre culture est diabolique. Quand même ! Il faut savoir raison garder, ne serait-ce qu’au nom de l’œcuménisme !
Que celui qui n’a jamais péché ose lever sa soutane afin qu’on voit les scarifications et autres signes cultuels et culturels. Ce n’est pas en stigmatisant, en victimisant les âmes simples et nobles de notre Seigneur que nous construiront notre pays. A-t-on jamais demandé le sens originel du mot Mahou qui désigne notre Seigneur aujourd’hui au Bénin ? C’est au départ et encore aujourd’hui la déesse femelle de Sègbo Lissa !
Bon, avec tout cela, j’ai oublié de parler de l’actualité sociale et politique avec le cortège des grèves qui s’amoncellent. Mes voeux pour vous, c’est surtout que Dieu tout puissant et les mânes de nos ancêtres nous préservent, nous bénissent pour un Bénin retrouvé et uni. J’y crois! A vous de juger que ce sont des voeux pieux.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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