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L’amour et la haine

J’ai été jeune ! Cela étonne les élèves et autres étudiants que je connais : Comment pouvait-on être jeune dans un temps où il n’y avait pas l’Internet ? Bon, c’est un autre débat.

En tout cas, malgré qu’on s’accorde que le monde est un éternel recommencement, je me garde de rappeler mes expériences, « ce bon vieux temps » qu’on risque d’écouter sans entendre. Pourtant, je voudrais évoquer une période de ma vie qui aura le mérite de rappeler certaines choses à notre jeunesse et montrer que nous passons par les mêmes étapes.
Ainsi, once upon a time, je me souviens d’une période où je me levais tôt, rangeais ma chambre et me lavais avec une tonne d’eau et prenais le temps de repasser mon kaki avant d’aller au cours. Je profitais parfois de l’eau de Cologne de ma maman dont je m’arrosais abondamment. Je regardais désespérément mon menton et mes lèvres afin d’apercevoir le soupçon de barbe qui aurait pu pousser la veille et faire de moi cet homme, ce nouvel homme à qui la fille que je détestais le plus en classe a souri. Et depuis, j’ai de la peine à la haïr. Elle hantait mes rêves : sa douce voix, sa démarche gracieuse. Mais qu’est-ce qui se passe ! Ma pauvre mère, obtenant enfin en peu de temps des résultats inespérés, se perdait en conjectures. Quel diable a piqué son fils ?
Mais non ! Avec le recul, j’ai compris que c’était Cupidon, le dieu de l’amour ! La leçon que je voudrais faire acquérir à chacun de nous, c’est que, paradoxalement, rien n’est aussi proche de la haine que l’amour et vice versa. En même temps, ce qui est le plus dangereux pour un être humain, ce n’est ni ces deux sentiments mais un autre qui est affligeant, qui vous anéantit et vous refuse d’exister à savoir l’indifférence ! Ainsi, qu’on vous aime ou qu’on vous haïsse ; cela signifie que vous existez, on doit compter avec vous. Mais lorsqu’on ne vous remarque même pas, c’est qu’on vous dénie votre existence ; on fait de vous, non pas un ennemi, non pas une chose, mais un vide. C’est plus grave !
Ainsi, lorsqu’on transpose cela dans le milieu sociopolitique, on aboutit à la même analyse : un ami m’a interpellé la dernière fois pour me demander mon avis sur l’intervention d’une certaine honorable vielle dame. Il m’a demandé si à mon avis, il n’y avait pas trop de rancunes et de haine de cette opposante contre la mouvance. J’ai répondu l’auguste dame a parlé de «je», de «mon mari et moi», «mon» fils, de «reconnaissance» mais jamais du peuple. Quand il n’y a plus d’amour, de petits mots échangés, de cadres placés et d’intérêts partagés, il y a la haine. Mais alors, que gagne le peuple, ce petit peuple suant et besogneux : juste l’indifférence des amis d’autrefois et qui sont ennemis aujourd’hui, le temps de redevenir amis. En conclusion, qu’on me parle de mouvance ou d’opposition, je dis d’abord, partout et toujours peuple. Où est donc le peuple dans tout cela ? Certains esprits chagrins auront beau jeu de rappeler que l’opposition défend les intérêts du peuple. Mais la mouvance d’aujourd’hui, n’était-ce pas l’opposition d’hier ?
Le principe de l’amour et de la haine, interpelle encore deux axes de notre vie à savoir la relation dans un couple et la vie en famille. Le premier cas me permet de vous raconter la fin de mon idylle de jeunesse. En effet, lorsque la belle se fut lassée de mes avances, elle jeta son dévolu sur un vilain plus baraqué que moi et qui semblait avoir plus d’esprit de repartie. Je retournais dans mon anonymat et ma mère inquiète retrouva son fils désordonné. Il faut donc attiser le feu de l’amour et ne pas le laisser se réduire en cendres et donc tomber dans l’indifférence. La jalousie est encore meilleure lorsqu’elle est ici l’expression d’un doute passager, de petites querelles, des incompréhensions et cela débouche sur un amour renouvelé. Mais lorsque les soucis s’installent et conduisent à vivre côte à côte et non ensemble, lorsque l’amour en tant que l’amour de la femme ou du mari, de la maîtresse ou de l’amoureux, de la sœur ou du frère i.e. l’amour dans toutes ses formes qui doit être au fur et à mesure celui des conjoints se perd, il y a juste deux êtres qui vivent, soi-disant pour des enfants qui, bientôt, les quitteront pour toujours...

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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