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La faim justifie les moyens

Je voudrais me risquer à évoquer un sujet de dissertation pour lequel je suis presque sûr de ne pas obtenir la moyenne auprès de vous, car c’est un sujet de philosophie ou tout simplement d’école qu’il me semble bien cerner.

Mais, à chaque fois que je m’y approche, je me retrouve soit avec une piteuse note lors de mon oral de premier cycle à l’université ou soit lors d’une discussion plus récente avec quelques amis qui ont sans cesse fait la moue, peu convaincus par mes démonstrations; ce qui fait que le sujet continue de me hanter et pourtant, je suis assuré d’en connaître les contours.
« La fin justifie les moyens ». Pour moi, il a un autre équivalent : « la faim justifie les moyens ». Et c’est déjà là que je ne m’entends pas avec certains esprits chagrins : il s’agit à mon sens de défendre la thèse selon laquelle tous les moyens sont bons pour atteindre votre but: ainsi quel que soit le procédé utilisé, l’essentiel est d’atteindre son but. Donc on peut voler, tuer, violer lorsqu’on poursuit un objectif. Pour moi, j’ajoute à cette explication que du moment que vous avez faim, tous les moyens sont bons pour trouver le pain. Généralement, une femme peut se prostituer, un homme peut se débrouiller pour manger, car selon l’adage bien connu : « débrouiller n’est pas voler ».
D’aucuns soutiennent que je suis prosaïque, car la notion de faim, même exprimée en tant que besoin ne saurait justifier des écarts regrettables indignes d’un bon chrétien, et n’a rien avoir avec la fin qui traduit ici une ambition d’ailleurs noble, selon l’auteur de la citation à savoir Machiavel. Quoi ! Voler du pain, se prostituer alors qu’on peut travailler ? C’est condamnable. On parle ici de stratégie, de buts élevés et à la mesure d’un peuple.
On constate qu’il y a une abondante littérature sur le sujet, mais la thèse que je voudrais soutenir et qui ne vous plaira pas, est que la personne qui a bassement faim et donc a un besoin est plus en droit d’utiliser des moyens condamnables que celui qui poursuit un but noble. Car le problème qui se pose ici, n’est ni celui du cynisme, de l’immoralité, mais celui de l’inconséquence et de l’incompétence.
En effet, celui qui a faim et surtout celui qu’on a condamné à la faim, en le spoliant comme ce que nous vivons dans cette Afrique riche et pourtant pillée, vole parce qu’on l’a rendu incompétent (ne sachant plus chercher sa nourriture) et inconséquent (résolu à ruser pour manger).
Mais alors, cela est-il vrai pour le politicien qui a été élu démocratiquement ? S’il n’est pas capable de pratiquer à l’égard de son peuple et de tout autre adversaire des éléments de valeur pour aller à son but, il est incompétent et inconséquent : Gandhi l’a prouvé ; Mandela aussi : on ne répond pas à la violence par la violence ni à la faiblesse d’un peuple insoumis par la force.
Certains soutiendrons que : « Vainquons par la valeur ou la ruse ; le succès sera notre excuse ». Je ne suis pas d’accord : la ruse n’a aucune valeur ou encore la valeur ne peut pas être dans la ruse. Ce qu’on appelle le cynisme de Machiavel et de certains auteurs de cet acabit a toujours animé les esprits incapables de réfléchir au juste et au bien dans des contextes qu’on pourrait qualifier de noble parce qu’on parle d’Etat et de peuple. Et on veut qualifier ces gens, incapables de grandeur et de paix ; ces gens riches et repus qui pillent, tuent et violent par plaisir et non par nécessité, d’homme de qualité.
Je conclue que le pauvre qui vole, je le comprends même si je n’accepte pas, car c’est par besoin, mais, le soit disant noble qui le fait au nom de la grandeur, je ne le comprends pas et je n’accepte pas. La seule chose que je retiens, c’est qu’ils sont tous les deux incompétents et inconséquents.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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