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Eduquer ou instruire : que choisir ?

Je pense qu’il est temps de reposer les bases de l’éducation religieuse dont j’ai plusieurs fois fait cas.

Plusieurs esprits brillants me diront que nous sommes dans un Etat laïc et que la religion n’a pas à être enseignée dans nos écoles. Et pourtant, c’est là la grande erreur !
De nos jours, on se rend compte que dans notre société dite matérialiste, c’est pourtant l’idéologie religieuse qui imprègne toute la vie : à la maison, à l’école, dans les bureaux mais alors d’une façon très maladroite ; chacun comprenant et vivant sa prétendue foi quasiment envers et contre tous : les confessions s’opposent, les chapelles se querellent au nom de vérités différentes sinon opposées venant des mêmes livres saints.
Dans une éducation dite civique, nos enfants ont besoin de savoir distinguer les notions essentielles de dieu, Dieu, religions (Islam, Christianisme, vaudouisme), foi, raison, péché, permis et défendu : Ce sont des aspects de la morale nécessaires à identifier de telle façon que l’enfant naît avec une compréhension des aspects de la religion qui le guide vers un choix éclairé.
Le problème que nous avons aujourd’hui dans nos sociétés, c’est que la quasi totalité de ceux qui viennent à la croyance, le font à partir d’expériences personnelles difficiles ou traumatisantes. Très peu découvrent et choisissent de se consacrer à une croyance comme source de leur épanouissement. Evidemment, il y a l’éternelle pratique habituelle qui consiste à amener les enfants à l’église, souvent catholique, où ils font leurs gammes (baptême, communion, confirmation, etc.) sans rien comprendre parce qu’il n’y a aucune pédagogie sinon celle coercitive du « apprends, crois et tais-toi ».
Lorsqu’ils grandissent, les amitiés et autres bonnes ou mauvaises compagnies les confrontent à des religions « plus rapides », plus prolifiques en miracles où on chante et on danse dans la joie tandis que le pasteur s’occupe de la quête.
Le seul problème qui s’est posé et amène à ces situations désastreuses de recherche d’une foi puissante et apaisante à travers un syncrétisme débridé, c’est que la pratique religieuse de départ à savoir celle catholique ne s’est pas assez éclairée à la source d’une dialectique de la foi qui explore les différents sentiers empiriques à travers le corps et ses besoins et cognitifs à travers l’intelligence et la raison.
Ce que je voudrais souligner, c’est cette nécessité d’une religiosité qui s’affine et s’affirme au fur et à mesure des années de l’existence de l’enfant qui lentement grandit, pour découvrir un corps d’abord pleins de plaisirs et de désirs qu’on devrait éduquer dans l’intelligence et le discernement au lieu de se contenter d’appeler tout ce qui touche à la chair, péché. De l’autre, il s’agit de faire appel à son esprit et non seulement à sa mémoire ; ce qui permet d’obtenir un homme et non un petit être sceptique au regard de ses enseignements qui ne correspondent plus assez ni aux différentes pratiques de ces mêmes éducateurs, ni à la réalité pour une large part nuisible des medias qui s’offrent à eux chaque jour.
On en arrive à la question principale : comment éduquer nos enfants de manière équilibrée ? Dans une société où la recherche de l’instruction (savoir), de l’enseignement compétitif (savoir-faire que nous n’avons d’ailleurs pas) prime sur l’éducation (savoir-vivre) qui devrait permettre de constituer véritablement à la fois l’individu et la personne (savoir-être).
Pour être plus simple, je me bornerais à souligner qu’il nous faudrait, dans ces périodes de permissivité débridée, faire attention, non pas seulement à l’enseignement, mais à l’éducation à laquelle chacun participe : les parents, l’Etat à travers les écoles, mais aussi les institutions religieuses. C’est donc d’une éducation morale et civique qu’il s’agit et qui sera à deux niveaux dans nos écoles à savoir dans des documents élaborés et enseignés et dans la création dans tous les établissements d’un poste de conseiller, d’assistant social.
Quoi qu’on dise, le penchant de l’être humain le conduit plus facilement vers des turpitudes s’il n’est pas éclairé et suivi constamment. Cela ne date pas d’aujourd’hui même si les moyens actuels nous désorientent encore plus.
N’oublions donc pas que notre rôle, par delà nos problèmes, nos appréhensions et nos incertitudes, est d’éduquer nos enfants en prenant en compte l’être et tout l’être. La contribution de chacun et celle des confessions religieuses qui fondent la morale est nécessaire.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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