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Chronique éducative : La mort lente de l’école béninoise

L’école béninoise se meurt. A coup de politique ou si vous voulez, à coup de propagande électoraliste, elle se meurt.

A la faveur du conseil des Ministres extraordinaire du samedi 21 novembre 2015, le gouvernement a décidé de la gratuité de l’enseignement pour les filles du second cycle. La décision paraît bien salutaire, mais elle a des effets secondaires. Il y a environ huit (08) ans, une décision pareille était prise au profit des filles du premier cycle. Avec cette mesure, en cinq ans, selon nos lectures, le nombre d’apprenants a augmenté de près de 70% au premier. C’était la stratégie : Toutes les filles à l’école. Mais pour cette fois ci, quand ils y seront, où feront-ils les cours ? Sous les arbres ? Sous la pluie ? Sous le soleil ? Et qui leur dispensera les cours ? Les vendeuses de l’école ? L’administration ? Autant d’interrogations pour exprimer les dispositions préalables que le gouvernement devrait prendre avant de lancer ce don populiste. Certes, le Ministre Soumanou Djemba via une déclaration motivée, on le comprend, a tenté vainement de nous convaincre sur le sujet. Que des mesures d’accompagnement sont bien envisagées. Mais pour l’heure, on voudrait bien qu’on vienne nous convaincre de l’existence de toutes les dispositions appropriées pour l’implémentation et l’effectivité de la décision sur le terrain. Si ce n’est pour brasser du vent ! La réalité est que l’école béninoise compte aujourd’hui plus de mille établissements scolaires publics. Mais presque la quasi-totalité souffre d’infrastructures et de pénurie d’enseignants. Les subventions déjà fétiches sont mises à disposition à contre temps. Les chefs d’établissements, quant à eux, croupissent sous le poids d’effectifs pléthoriques dans les salles de classes… Certains sont parfois obligés de solliciter des parents d’élèves des souscriptions volontaires ou forcées afin de faire fonctionner les établissements. Et c’est en pleine année scolaire qu’on juge opportun la prise de cette décision qui certainement fera plus de mécontents dans le rang des responsables d’établissements. A mon humble avis, cette décision, loin d’être salvatrice, est une bombe à retardement pour l’école béninoise. Si elle est pensée, elle n’est pas murie. Car, devant la commission budgétaire de l’Assemblée Nationale, mardi 17 novembre 2015, le Ministre d’Etat chargé de l’Enseignement Secondaire, de la Formation Technique et Professionnelle, de la Reconversion et de l’Insertion des Jeunes (MESTPRIJ) n’a point évoqué la mesure de gratuité pour les filles du second cycle. Cette décision est un ‘’poison lent’’ pour l’école de l’ex-quartier Latin de l’Afrique. Déjà agonisante, l’école béninoise s’éteindra définitivement si on ne définit pas, dans l’immédiat, une solide politique de gestion du secteur éducatif.


Par Esckil AGBO

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