banner ong educaction

Rodolpho Dah-Kindji à propos du mouvement estudiantin

" Nous sommes en position de force pour pouvoir revendiquer ce qui est de droit "

Elue comme organisation la plus représentative des étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi, à l’issue du scrutin du lundi 09 Juillet 2018, l’UNSEB est l’une des organisations désignées pour siéger désormais à la même table que les autorités pour des négociations.

 

A travers cet entretien accordé à Educ’Action, Rodolpho Dah-Kindji, président de l’UNSEB-UAC revient sur le contexte de cette élection et le nouveau visage du mouvement étudient.

Educ’Action : Président d’une association d’étudiants, dites-nous dans quel contexte les organisations estudiantines ont été convoquées à l’élection des organisations les plus représentatives du 9 juillet 2018.

Rodolpho Dah-Kindji : Le contexte qui a précédé à cette élection, c’est qu’il faut rappeler qu’à l’avènement du régime actuel, plus précisément le 05 Juin 2016, le pouvoir de Patrice Talon a pris la décision de suspendre les activités des organisations faitières estudiantines. Donc, nous sommes restés dans le vide pendant près de deux ans, même si entre temps, la Cour Constitutionnelle dirigée par le professeur Théodore Holo a dit le droit et a rétabli expressément les organisations estudiantines dans leur droit. À partir de ce moment, une série de textes a été prise par le pouvoir pour essayer de réorganiser le mouvement étudiant et désormais il fallait que les étudiants aillent aux élections générales pour désigner le syndicat étudiant majoritaire. Autrement dit, les organisations estudiantines les plus représentatives. Tous ces textes ont été pris et nous avons pris le temps de dénoncer la chose parce que pour nous, ces textes mettent en mal la liberté d’association, la liberté de manifestation sur le campus. Nous avons dénoncé le fait qu’on ne peut pas vouloir prendre des textes qui nous concernent sans pour autant nous associer. Nous avons haussé le ton en son temps mais malheureusement, nous n’avions pas été écoutés et nous avons vu que le gouvernement manu militari essayait quand même de faire passer les textes et nous nous sommes dit alors que c’est un combat qu’on nous impose. A partir de ce moment, il n’y a pas de raison que nous nous mettions en dehors du combat.

A l’issue de cette élection, l’UNSEB est arrivée en tête comme l’organisation estudiantine la plus représentative. Pensez-vous que votre organisation à la capacité aujourd’hui de pouvoir défendre les intérêts de cette pléthore d’étudiants auprès des autorités ?

Oui, l’UNSEB a la capacité de porter la voix des milliers d’étudiants. Nous savons que la tâche est lourde, la tâche que les étudiants nous ont confiée est suffisamment lourde. Mais, nous pensons que nous avons les épaules suffisamment larges pour pouvoir porter cette charge et pour conduire à bon port l’ensemble des étudiants. D’ailleurs, nous l’avons su bien démontrer déjà pendant 24 ans d’existence. Donc pour nous, nous avons les ressources nécessaires pour y arriver. Au bout de trois ans, nous allons tirer les conclusions, les étudiants vont tirer les conclusions de ce qu’a été notre mission.

Quelles vont être désormais vos nouvelles attributions aux côtés des autorités ?

Nous n’avons pas d’autres attributions que ce que nous avons toujours défendu. Que véritablement les universités publiques soient accessibles à tout le monde, aux enfants issus de différentes couches sociales, que les limites pour avoir accès à nos universités publiques ne soient pas des limites financières, ni des limites matérielles. Mais, que cela soit plutôt des limites intellectuelles. Nous pensons que les universités publiques ne constituent pas un luxe et que véritablement, il faut qu’on permette aux enfants du peuple et aux enfants issus de parents pauvres d’avoir accès à nos universités publiques et véritablement dans ces universités, que l’on travaille à améliorer au quotidien les conditions de vie et de travail. Que les curricula de formations soient en adéquation avec les besoins du marché de l’emploi. Donc nous avons trois grands défis à relever devant nous. Il s’agit notamment de ce qui concerne la réforme des allocations universitaires. Il faut aussi que nous nous bâtions contre la privatisation des œuvres sociales parce que pour nous, les œuvres sociales sont de la responsabilité de l’Etat central. On ne peut pas réaliser des intérêts, des bénéfices à travers les œuvres sociales. Aussi, nous ne sommes pas d’accord que l’état central insiste sur l’augmentation des frais d’inscription dès l’année prochaine.

Pensez-vous que ces réformes vont fragiliser le mouvement estudiantin ?

Si cela va fragiliser le mouvement étudiant, ça dépendra de nous mêmes. Nous pensons que le pouvoir nous a rendus suffisamment fort, le pouvoir a légitimé nos organisations estudiantines et à partir de ce moment, nous sommes à même de parler au nom des milliers d’étudiants inscrits dans nos universités publiques. Aujourd’hui, nous sommes suffisamment en position de force pour pouvoir revendiquer ce qui est de notre droit.

Votre mot de fin à l’endroit de la communauté universitaire

A l’endroit de la communauté estudiantine, je voudrais dire de continuer par garder la flamme de l’espoir allumée et que véritablement le fait qu’il ait porté leur choix sur l’UNSEB, ce n’est qu’une partie du contrat qui a été remplie. Le plus dur, c’est de véritablement se mobiliser derrière nous pour que nous puissions braver les obstacles qui sont devant nous. Il faut que la communauté se joigne à nous pour que nous puissions mener à bien le combat.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.