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Blaise Agossa, à propos de la Promotion de la Santé Scolaire

« Nous mettons des boîtes à pharmacie dans les zones déshéritées »

Prévue au point 4 du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) pour maintenir les apprenants à l’école, la Promotion de la Santé Scolaire (PSS) est dans sa deuxième année. Comment se passera cette promotion dans les établissements publics des enseignements maternel et primaire au cours du quinquennat du régime du ‘’Nouveau Départ’’ ? Quel est l’état actuel des lieux et quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre de cette promotion ? Eléments de réponses à travers cette interview que Blaise Agossa, Directeur de l’Enseignement Primaire a bien voulu accorder à Educ’Action. Lisez plutôt !

Educ’Action : Qu’entend-on par santé scolaire ?

Dr Blaise Agossa : D’abord, la santé scolaire est perçue comme toute activité concourant au bien-être de l’apprenant au sein de l’école et au-delà, car elle concerne tous les acteurs de l’école et de la communauté. Elle s’appuie sur l’élaboration et la mise en œuvre de programme d’éducation sanitaire susceptible de stimuler un mode de vie sain au sein de la population scolaire. C’est vrai, vous avez parlé du PAG, mais nous autres pour l’application de cette promotion, nous misons au prime abord sur le respect des textes en la matière.

Pouvez-vous nous énoncer succinctement ces textes ?

Nous avons le premier texte qui parle de la promotion de la santé scolaire, la loi 2003-17 du 11 novembre 2003 portant orientation de l’Education Nationale en République du Bénin en son article 18, stipule que sur le plan sanitaire et social, les établissements publics et privés d’une circonscription scolaire sont placés sous la responsabilité des médecins-chefs et des responsables des structures chargées des communes concernées. Ainsi, cette loi montre déjà que nous devons nous occuper correctement de la promotion sanitaire de l’apprenant. Il y a un autre texte que nous venons de réviser tout dernièrement qu’on appelle le règlement intérieur de nos apprenants dans les établissements publics et privés maternels comme primaires. Dans ce nouveau règlement, il y a des titres qui sont largement en faveur de la promotion de la santé scolaire.

Que dire alors des personnes vivant avec un handicap ?

Nous avons entre autres titres, le titre 2 qui aborde la protection des écoliers en situation de handicap. Ce qui veut dire que les élèves en situation de handicap doivent bénéficier des aides et être encouragés. Au niveau du titre 3, il est question de la protection contre les atteintes sexuelles. Par rapport à ce titre, le comportement que les acteurs de l’école doivent adopter pour protéger les enfants en général et les filles en particulier contre les atteintes sexuelles.

Qu’en est-il du volet formation ? Avez-vous formé des enseignants à cet effet ?

Nous avons fait, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, des formations sur la santé sexuelle. Tous les enseignants qui sont formés vont dupliquer ces formations à travers les enseignements qu’ils donnent aux apprenants. Il y a aussi un titre sur la protection de l’environnement de l’école. C’est toujours de la santé qu’il est question. Lorsque l’environnement est sain, l’être humain qui y vit, s’épanouit. Nous avons des titres qui parlent des tenues vestimentaires des écoliers et des restauratrices et un autre titre qui renseigne sur la propreté, l’hygiène et l’ordre. Donc, c’est un règlement qui a mis un appui sur la promotion de la santé scolaire. Nous sommes en train de vulgariser ce règlement intérieur, si on le respecte, il n’y aura pas de problème. Par ailleurs, il y a un comité de santé dans lequel siègent des enseignants et des écoliers. C’est surtout aux écoliers de contrôler, goûter les mets et de faire le point aux enseignants.

Quels autres aspects avez-vous prévu en dehors des textes ?
En dehors des textes, nous sommes en train de mener des activités depuis 2016 où nous faisons la formation des enseignants au secourisme. On le faisait par le passé, mais on a renforcé cela. Il y a aussi la sensibilisation où des apprenants restent en bordure de nos routes principales pour apprendre le code de la route. Nous faisons également la sensibilisation des apprenants pour le lavage des mains avec des dispositifs adéquats. Dans toutes nos écoles, il y a des dispositifs qui sont mis en place et les enfants savent déjà les utiliser pour se laver systématiquement les mains avant et après le repas ou chaque fois qu’ils reviennent des toilettes.

Qu’est ce qui est prévu pour les bonnes dames ?

Nous faisons une formation à nos bonnes dames. On ne recrute pas les bonnes dames n’importe comment. Lorsqu’une femme souhaite vendre dans une école, elle doit faire un test à l’hôpital par un médecin agréé. Ensuite, elle sera formée à préparer les mets et à l’entretien des lieux si éventuellement les résultats du test sont concluants. Une grande activité est faite également par les agents du ministère de la santé et les PTFs qui nous appuient à travers le déparasitage des zones à risques. Nous mettons dans les zones déshéritées des boîtes à pharmacie qui sont déposées dans les 12 départements. Nous allons continuer cela cette année. Voilà les actions que nous sommes en train de mener.

Quel est le visage de cette promotion de la santé scolaire aujourd’hui ?
Nous avons pris des textes, nous avons révisé le règlement intérieur qui a mis un accent particulier sur la promotion de la santé en milieu scolaire. Nous avons mené des activités que je viens de citer comme le déparasitage. Même si ce sont des partenaires qui nous ont appuyés, c’est parce que nous avons déjà la volonté de faire promouvoir la santé scolaire. Le système de lavage de mains, nous l’avions fait. La formation des vendeuses dans nos écoles et l’appui de certaines ONGs comme ‘’Aide et Action’’, la fondation Claudine Talon qui est en train de construire des latrines propres dans beaucoup d’écoles et communes.

Quelles sont déjà vos difficultés dans la mise en œuvre de ce vaste programme ?

Seul celui qui ne fait rien ne rencontre pas de difficultés. Lorsqu’on agit, on doit avoir de difficultés. Et nous n’avons pas encore de difficultés majeures pouvant bloquer la promotion de la santé scolaire. Donc, par rapport à cette promotion, nous avons quelques difficultés qui sont liées à l’écolier même. C’est-à-dire comment ces enfants vont appliquer les instructions que les enseignants vont leur donner. Les enfants n’assimilent pas vite. En toute chose, on ne peut pas dire qu’on n’a pas de difficultés.

Que dire pour conclure cet entretien ?

Je dirai que les activités que nous menons dans le domaine de la promotion de la santé scolaire évoluent bien. Je voudrais inviter les chefs de régions pédagogiques à faire appliquer les textes dans nos écoles pour que la promotion tant souhaitée soit une réalité dans toutes nos écoles.

Propos recueillis par Enock GUIDJIME

 

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