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Maxime da Cruz justifiant de l’Anglais comme critère d’inscription en Master-Doctorat

" La plus grande documentation pour des formations universitaires est en Anglais "

« Dans le processus de recrutement en cours actuellement, ce n’est pas par hasard qu’on a mis quelqu’un dans le jury pour vérifier les compétences en Anglais du futur Assistant ».

Ainsi s’est exprimé à la salle des Actes du Rectorat de l’UAC Maxime da Cruz, ce vendredi 08 juin 2018 pour clarifier la décision prise par l’équipe Sinsin, entérinée par la présente d’exiger l’Anglais comme l’une des conditions pour valider son inscription en Master-Doctorat. « Nous avons pris la mesure de l’importance de l’Anglais aujourd’hui dans le domaine scientifique », déclare le Recteur da Cruz au moyen de cette entrevue dont voici la substance !

Educ’Action : Le 14 février dernier, vous avez pris une décision qui confirme celle de votre prédécesseur : celle qui exige une compétence en Anglais aux étudiants en cycle doctoral. Quel est l’esprit de cette décision ?

Pr Maxime da Cruz : Vous avez bien fait de rappeler que cette décision a été prise par l’équipe antérieure à laquelle j’ai appartenu ; donc j’assume entièrement la responsabilité de cette décision. Dans les réformes, il faut toujours mettre en place des dispositions qui aident les gens à y aller de plains pieds. Quand la décision a été prise, nous n’avons pas voulu bousculer les étudiants dans leurs habitudes. Nous avions dit à l’époque qu’il suffisait que l’étudiant nous apporte la preuve qu’il s’est inscrit quelque part pour suivre les cours d’Anglais. Donc, à l’époque il suffisait d’apporter une attestation d’inscription. Chacun de nous sait que ce n’est pas suffisant. La personne vous donne l’attestation et encore faudrait-il avoir la preuve qu’elle a effectivement suivi la formation. Donc, la décision qui a été sortie cette année, c’est pour dire aux gens. Nous avons passé l’étape de présentation d’une simple fiche d’inscription. Il faut qu’on ait une attestation de compétences en Anglais. C’est ce qui explique cette nouvelle décision qui a été prise.

Une décision à polémiques déférée devant la Cour Constitutionnelle qui vous donne carte blanche à travers la DCC 18-099. Quels sont vos sentiments ?

Sentiments de satisfaction parce que la décision aurait pu aller dans un autre sens. Je saisis donc l’occasion pour remercier très sincèrement les sages de la Cour Constitutionnelle pour avoir dit tout simplement que la décision de l’UAC n’est pas contraire à la Constitution, contrairement à ce que certains de nos compatriotes ont dit ; ce n’était pas seulement des étudiants, il y a des enseignants qui n’avaient pas partagé la décision avec nous, mais c’est normal. La vie des réformes, c’est qu’elles suscitent d’abord de la réserve, de l’opposition mais ceux et celles qui prennent la décision ont le devoir de l’expliquer. Donc, il y a un besoin de pédagogie. Nous avons fait ce travail pendant des mois. Malgré cela si des compatriotes n’ont pas compris la nature de la décision, c’est tout-à-fait leur droit de saisir les juridictions compétentes pour qu’on leur dise si la décision qui est prise par le Rectorat de l’UAC est conforme ou pas à la Constitution. Je m’en réjouis et je remercie une fois encore les sages de la Cour Constitutionnelle.

Voulez-vous donc signifier qu’il faut comprendre par votre décision et la DCC 18-099 que l’Anglais est désormais obligatoire pour le cycle doctoral ?

Si on a dû l’introduire à nouveau, c’est pour dire aux étudiants que dans la constitution de leurs dossiers, nous avons désormais besoin de la preuve des compétences qu’ils ont en Anglais. Il ne suffit plus de présenter une fiche d’inscription dans un établissement qui forme à développer des compétences en langue anglaise. La présentation d’attestation de compétences en Anglais est l’une des pièces du dossier que l’on introduit pour demander une inscription en Master ou à l’école doctorale. C’est la compréhension qu’il faut avoir de la décision. Nous sommes dans un monde où nous devons apprendre à nous conformer à l’environnement dans lequel on est. Vous ne pouvez pas prendre part à une rencontre internationale dans le monde scientifique aujourd’hui (jusqu’à l’instant où je vous parle peut-être que ça peut changer demain) si vous n’êtes pas capable de comprendre et de parler l’Anglais. Vous allez vous-même vous sentir isolé. Même en France, il y a des conférences qui s’organisent et où la langue de travail, c’est l’Anglais.

Si déjà dans les niveaux inférieurs (au Secondaire), l’Anglais est un casse-tête pour les apprenants, comment croyez-vous qu’ils la réussiront au Supérieur ?

La question que vous évoquez nous interpelle tous. Dans notre système éducatif, on commence officiellement l’Anglais en 6ème même si avec le temps, il a été introduit au Primaire. Quand je prends le cas de celui qui est au collège, il suit des cours en Anglais pendant 7ans. Comment se fait-il que lorsqu’il arrive à l’université, tout ce qu’il a développé comme compétences ne lui permettent pas de s’exprimer correctement en Anglais. La même question, on peut aussi la poser par rapport au Français pour lequel le nombre d’années d’apprentissage est plus important. Et pourtant on se plaint de la qualité de ce qui est dit et de ce qui est écrit. Donc, en tant que société, notre système éducatif est interpellé.

Comment avez-vous identifié les centres agréés ?

La plus grande documentation pour des formations universitaires est en Anglais. Si vous voulez accéder aux connaissances scientifiques, vous avez l’obligation de savoir lire au moins l’Anglais à défaut de parler avec fluidité la langue. Si vous ne pouvez pas avoir accès à la documentation, vous avez beaucoup de lacunes. Par rapport à la sélection des centres, le nombre de candidats est important. Et il y a des centres de formation tels que le Centre Culturel Américain, le CEBELAE (qui est l’institution de l’UAC qui forme en la matière), dont les attestations sont d’office acceptées. Pour éviter la triche dans les centres privés et témoigner de la crédibilité des attestations qui nous parviennent du privé, nous avons mis en place une commission composée des collaborateurs du SEOU, du service de traduction et des enseignants d’Anglais. Les membres de la commission ont élaboré une grille d’évaluation puis visité les centres pour voir essentiellement deux choses : le cadre de travail (est-ce qu’il est adéquat comme centre de formation ? Quel est l’équipement dont disposent les gens ?) et les ressources humaines dont disposent les centres. C’est à partir de là que nous avons dit que telle structure peut délivrer des attestations que nous allons accepter sans nous poser de questions.

Le suivi-évaluation se fera comment ?

Mais je profite pour dire à ces centres qu’il y aura de contrôles inopinés. On va inspecter ces centres de temps en temps pour nous assurer que les critères de qualité qui ont fondé leur sélection sont toujours minimalement présents sinon améliorés. Si les besoins l’exigent, on aura encore à visiter d’autres centres pour voir si on peut les ajouter à la liste.

Pourquoi n’êtes-vous pas passé par un appel à candidatures au lieu d’opter pour une Commission ?

C’est l’option qu’on a faite parce que nous étions en face d’attestation d’institution. Pour ne pas coincer les étudiants, nous nous sommes dits, allons voir les conditions dans lesquelles les enseignements sont délivrés. Nous avons déjà au niveau de l’UAC une structure qui forme. Elle seule ne peut pas encadrer tous ceux qui sont en attente d’attestation de compétences en Anglais.

Les étudiants qui ont fait le département d’Anglais sont-ils aussi concernés par cette décision ?

Parmi eux, il y en a qui sont très bien. C’est le lieu de les féliciter ainsi que ceux qui les encadrent. On ne peut pas donner carte blanche à tout le monde parce qu’on est passé par le département d’Anglais. Il faut savoir quelle est la manière dont la personne a pris au sérieux la formation qu’elle a suivi. C’est valable pour l’Anglais et pour toutes les disciplines. Si je viens ici, je me réclame linguiste ou chimiste, on me teste pour voir si j’ai le background, le minimum de compétences qu’il faut pour me vanter d’être linguiste ou chimiste. Même s’il a fait l’Anglais, permettez-nous de vérifier qu’il a le niveau.

Que dire pour conclure cet entretien ?

Moi, je fonctionne sur la base de la confiance. Si je vous associe à une tâche, je n’ai aucune raison de douter de vous jusqu’à ce que vous m’apportiez la preuve du contraire. J’ai un devoir de vigilance. C’est ce devoir de vigilance qui fait que de temps en temps, je vérifie ce que vous faites. Pour cela, on va varier les commissions pour éviter le tête-à-tête. On a l’obligation de nous assurer que les personnes à qui nous faisons confiance respectent les cahiers de charges. On ira plus loin parce que les gens peuvent se dire qu’ils délivrent les attestations. L’attestation à un moment donné ne suffira plus. Il y aura peut-être un entretien.

Propos recueillis par Ornella BADA (Stg) & Romuald D. LOGBO

 

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