banner ong educaction

Achref Chargui, à propos d’une plateforme digitale pour les acteurs culturels

" Il faut prendre conscience qu’on est une force technologique capable de gérer "

Nouveau directeur des Journées Musicales de Carthage (JMC) depuis deux semaines, Achref Chargui figure parmi les experts invités à la 10ième édition du Marché des Arts du Spectacle d’Abidjan (MASA), pour surtout opiner sur l’épineuse préoccupation des nouveaux modèles économiques pour le financement des arts de la scène.

Educ’Action : La création d’une plateforme digitale pour les acteurs culturels africains. Comment cela pourrait apporter un plus au rayonnement du secteur ?

Achref Chargui : J’ai essayé d’être en coordination avec la direction du MASA pour pouvoir vraiment donner l’opportunité à tous ceux qui peuvent rendre service à l’Afrique, aux artistes africains de le faire parce que l’heure est grave. Cela fait plus de 20 ans qu’on attend un statut d’artiste pour chacun, ce qui n’est pas normal. Il faut prendre conscience qu’on est une force technologique capable de gérer, d’être indépendante pour régler toutes les situations du domaine artistique. Aujourd’hui, il faut tout changer. Il faut vraiment miser sur la technologie parce que cela permettra à vous les journalistes, aux bailleurs de fonds, aux producteurs d’accéder à la plateforme et on sera tous unis digitalement. Ceci, bien évidement, va rendre service à tout le monde. Il faut que l’on bouge maintenant. Nous, notre devoir est de leur faciliter le chemin, de leur donner tout ce qu’il faut pour qu’ils puissent réussir dans ce qu’ils sont en train de faire. Les producteurs sont ici, de même que les bailleurs de fonds.

Quelles sont les innovations que vous comptez apporter au JMC 2018 ?

Cette année, les Journées Musicales de Carthage vont se dérouler du 29 septembre au 06 octobre 2018 en Tunisie. Nous allons travailler sur la promotion et sur la reproduction. Je pense, à mon avis, que chaque pays doit promouvoir ces propres artistes et les encadrer avec du professionnalisme. Penser à le reproduire, lui donner tous les outils possibles pour le pousser à exporter son art. Comme cela, il va rendre visible son pays, les traditions de son pays, la création et va rencontrer évidemment d’autres musiciens. Du coup, il va ramener ces amis dans son propre pays. C’est comme cela qu’on peut réussir la reproduction.

Quelles sont les démarches que vous menez pour pouvoir ouvrir véritablement la porte de l’Afrique subsaharienne sur les JMC ?

Nos amis africains qui sont venus de plusieurs pays, ont remporté des prix sur la dernière édition des JMC, ce qui est très bien. Mais, je pense que c’est important de changer de stratégie et de penser à long terme. Il ne suffit pas seulement d’acheter un spectacle et de lui donner un prix. Maintenant, le défi et c’est la raison pour laquelle je suis ici, est de croire aux ressources humaines. Donc, pour moi, c’est le potentiel africain qu’il faut vraiment travailler. Cela veut dire qu’un artiste tunisien, quand il vient ici pour faire une résidence artistique avec un collègue africain, toutes les deux cultures se rencontrent et pour moi, c’est cela la force. Au lieu d’inviter un seul groupe africain pour dire voilà, on est là, on vous montre ce qu’on a, cela n’a aucun sens. Nous comptons recevoir le maximum d’artistes, la porte est ouverte à tout le monde.

Propos recueillis par E. K

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.