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Rodolpho Dah-kindji, président de l’UNSEB à propos de la paralysie des activités à l’UAC

" Alors que préfets et ministres sont mieux lotis, l’étudiant est contraint à la misère "

 

Face à la crise qui perdure au sein de l’instance universitaire, le campus d’Abomey-Calavi, le ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, Marie-Odile Attanasso, a initié, le vendredi 09 février 2018, une rencontre d’échanges avec les responsables des organisations estudiantines pour le dégel. A travers cet entretien, Olympass Rodolpho Dah-kindji, président de la section UAC de l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Benin (UNSEB), revient ici sur les conclusions de l’entrevue, dénonçant l’intimidation de l’autorité.

Educ’Action : Que peut-on retenir de votre rencontre avec l’autorité de tutelle ?

Olympass Rodolpho Dah-kindji : Rien de concret n’a filtré de cette séance d’échanges. L’autorité ministérielle, loin de satisfaire les revendications des étudiants, a fait plutôt du dilatoire. Elle a fait preuve de mauvaise foi et d’intimidation à l’endroit des responsables d’étudiants. A travers ses propos, on a compris la volonté du gouvernement à fermer les portes des universités publiques aux enfants de parents pauvres et à en faire la chose des bourgeois. C’est ce qui justifie certainement la hausse des frais d’inscription et du coût de formation, ainsi que la proposition de réduction du nombre des étudiants bénéficiaires d’allocations universitaires. Selon la ministre, l’octroi des allocations universitaires résulte d’une volonté purement politique et l’Etat pourrait en venir à les supprimer. Elle conclut en ces termes : « De gré ou de force, les réformes passeront ». En somme, pas grand’ chose ou presque rien à mettre sous la dent.

Pensez-vous que la lutte des organisations estudiantines va accoucher de belles résolutions au regard des échanges avec l’autorité ?

Belles résolutions, je dirai oui ! D’ailleurs, si nous n’y croyons pas, on ne serait pas en mouvement. Comprenez tout simplement que nous sommes pour des réformes qui vont permettre d’améliorer nos conditions de vie et d’études, mais jamais pour celles qui les rendront plus pénibles. Alors que préfets et ministres sont mieux lotis, l’étudiant est contraint à la misère, à plus de souffrance. Les barrières pour avoir accès aux savoirs universels, loin d’être pécuniaires, doivent être intellectuelles. Nous disons haut et fort non à la privatisation des universités publiques, non à la suppression des allocations universitaires, non à la restriction des libertés publiques sur les campus.

Que pensez-vous faire si vos revendications ne sont pas satisfaites par l’autorité ?

Naturellement, nous continuons le mouvement. La bonne preuve, la grève est reconduite pour le compte de cette semaine. Paralyser tous les campus sur toute l’étendue du territoire national, je pense que nous y arriverons là malheureusement. Je vous souffle déjà que les étudiants de Parakou, sous la direction de la FNEUP et de L’UNEUP, sont aussi en grève.

Propos recueillis par Giraud TOGBE

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