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Eau et Assainissement : Une filière porteuse d’avenir

Créée en 2009 au Bénin dans les Lycées techniques de Bohicon, de Coulibaly à Cotonou et de Porto-Novo, la filière ‘‘Eau et Assainissement’’ est une branche du Génie Civil qui traite de toutes les questions relatives au traitement de l’eau et est ouverte aussi bien aux femmes qu’aux hommes.

Pour vous faire découvrir au mieux cette filière, Educ’Action a rencontré dans l’enceinte du Lycée Technique Coulibaly de Cotonou, Astrid Reine Dahouéto, l’une des élèves de la première promotion de la filière ‘‘Eau et assainissement’’, aujourd’hui en passe de restitution pour sa mission de volontariat international dans ladite filière au Lycée Coulibaly. Découverte !

«Je suis contente aujourd’hui d’être dans le domaine de l’eau parce que, qu’on le veuille ou pas, on aura besoin de l’eau. Comme on le dit souvent, l’eau c’est la vie ». Ainsi justifie son choix pour la filière Astrid Reine Dahouéto, élève de la première promotion de la filière ‘’Eau et assainissement’’ pour encourager ses jeunes frères et sœurs à embrasser cette filière porteuse. Créée en 2009 et enseignée dans les Lycées Techniques de Bohicon, Coulibaly et de Porto-Novo pour le niveau Baccalauréat et à l’Institut National de l’Eau ou encore à l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) au Bénin pour le niveau universitaire (Licence et Master), la filière ‘‘Eau et Assainissement’’ permet à tous ceux qui s’y intéressent, d’être formés sur le traitement et la gestion de l’eau dans toutes ses différentes formes et tout ce qui concerne l’eau et l’assainissement. Rapportant les propos de Astrid Reine Dahouéto, ne se lance pas dans cette filière qui veut. Il faut avant tout être bien imprégné des mathématiques. « Les maths qu’on fait en ‘’Eau et Assainissement’’, c’est les mêmes programmes de maths que les séries D et C. Ceux qui disent que c’est une filière facile, c’est parce qu’ils n’ont pas goûté à cela. Si tu n’es pas mathématicien programmeur, tu ne peux pas faire l’Hydraulique. Il faut être un vrai scientifique pour faire Eau et Assainissement », a-t-elle fait savoir avant de renseigner sur son parcours.


Comment devient-on spécialistes des questions d’eau et d’assainissement ?

A en croire Astrid Reine Dahouéto, pour s’intéresser à cette filière, l’apprenant doit avoir une base solide en mathématique et en chimie avant de commencer sa formation dans un Lycée après l’obtention du BEPC. Après trois (03) ans de formation sanctionnée par le Baccalauréat Eau et Assainissement, deux choix s’offrent à l’apprenant. « Juste après le Bac, l’apprenant peut décider de s’arrêter là pour commencer par travailler. Mais s’il a les moyens de continuer, il peut poursuivre sa formation à l’Institut National de l’Eau ou à l’Ecole Polytechnique d’Abomey-Calavi (EPAC) pour l’obtention d’une Licence en science et technique de l’eau qui est une spécialité globale ou il poursuit avec le Master en hydraulique s’il veut bien faire l’option hydraulique et assainissement ; en hydrogéologie; en géologie, en géophysique ou encore en traitement de l’eau, que ça soit l’eau destinée à la consommation ou l’eau usée pour être ingénieur en hydraulique et assainissement ou ingénieur en traitement de l’eau.

Les débouchés de la filière Eau et assainissement…

Selon Astrid Reine Dahouéto, plusieurs portes de sortie s’offrent à tout apprenant en ‘’Eau et Assainissement’’. « A la fin de sa formation, soit l’apprenant décide de travailler pour l’Etat en devenant agent à la SONEB, à la mairie, dans les services d’hydraulique départementale ou dans des entreprises qui travaillent sur la réalisation des forages, le dimensionnement des collecteurs. Si la personne décide de travailler à son propre compte, il peut être plombier par exemple, prendre des marchés de bâtiments pour gérer le côté plomberie ou il peut aussi créer sa propre entreprise pour la réalisation des forages pour gagner des marchés sur le dimensionnement, la réalisation des collecteurs, les caniveaux. Donc, il peut s’autogérer », a renseigné la spécialiste en ‘’Eau et Assainissement’’ avant d’informer sur les moyens pouvant permettre à un apprenant de se mettre à son propre compte. « Je dirai qu’au début, ça ne sera pas facile de travailler à son propre compte. Mais pour y arriver, il faut d’abord être compétent et commencer par le plus petit pour évoluer, c’est-à-dire commencer par louer les appareils, la foreuse pour pouvoir réaliser un forage et au fil du temps, s’offrir les moyens pour acheter les machines », a averti Astrid Reine Dahouéto. Faisant allusion à son expérience personnelle, cette dernière renseigne sur les nombreuses opportunités qui s’offrent aux apprenants de cette filière. « Après mon Master 1 en hydraulique et assainissement, j’ai été sélectionnée en tant que jeune volontaire internationale où j’ai voyagé pour la France. J’ai travaillé sur l’environnement, spécifiquement sur les comportements éco-citoyens, l’assainissement, la gestion des déchets, le tri des déchets dans un département de France. C’était une opportunité pour moi de voir comment ça se passe ailleurs, j’ai eu la possibilité de poser des questions sur la gestion de l’eau, comment le secteur eau assainissement hydraulique est géré chez eux et j’en suis bien informée », s’est-elle réjouie.

Les risques du métier pour les pratiquants…

Tout comme les autres métiers, le secteur ‘‘Eau et Assainissement’’ présente aussi des risques, selon les informations reçues de Astrid Reine Dahouéto. Pour elle, les risques interviennent surtout sur le terrain lors de la réalisation des forages où le pratiquant devra beaucoup faire attention à l’utilisation des machines. Il y a également des risques au laboratoire lors des analyses avec l’utilisation des produits chimiques.

Des conseils aux jeunes …

Aux jeunes gens qui désirent se lancer dans cette filière, Astrid Reine Dahouéto n’a pas manqué de conseils à leur endroit. « Je dirai aux jeunes que c’est d’abord une très bonne spécialité. Même si je fais partie de la première promotion qui a servi de cobaye, je ne regrette vraiment pas mon choix. Tant qu’il y aura des besoins en eau, il y aura toujours le traitement de l’eau et il y aura de l’eau potable ainsi que de l’eau usée. Je demande donc à mes jeunes frères de ne pas vouloir faire seulement les filières littéraires, mais aussi d’être curieux pour être formés en tant qu’ingénieurs, en tant que spécialistes en eau pour pouvoir régler les problèmes que notre pays rencontre aujourd’hui dans le domaine de l’eau et de l’assainissement », a souhaité Astrid Reine Dahouéto.

Estelle DJIGRI

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