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Résultats alarmants des examens de fin d’année : Que faire face aux forts taux d’échecs ?

Loin des discours politiciens et des propos démagogiques suicidaires qui enjolivent le secteur de l’enseignement pourtant grabataire, l’instant des grandes réflexions s’offrent enfin aux acteurs de l’école pour se poser les vraies questions en vue d’obtenir les vraies réponses, gage de la refonte responsable du système éducatif béninois.

L’adage renseigne que seuls les moments difficiles responsabilisent les consciences abjectes. Et nous voici encore à l’heure des grands déballages autour des résultats effroyables des examens de fin d’année. Il convient juste ici de rappeler que le CEP 2018 a généré 64,44% de taux de réussite contre 65,15% en 2017 ; le BEPC : 28,63% contre 50,56% en 2017 ; puis le baccalauréat : 33,43% contre 41,65% en 2017. Face à ces statistiques totalement en baisse, il faut bien agir et de façon intelligente. Depuis plusieurs années, les acteurs de l’école ont véritablement renoncé aux vrais débats : poser les vraies questions pour obtenir les vraies réponses, celles qui permettront de solidifier les fondements du système éducatif béninois. A chacune des occasions offertes pour opiner franchement et secourir à travers des thérapies de choc le secteur de l’éducation, les acteurs, les vrais ont souvent fait le choix facile, celui de rester superficiel sur les approches, les théories au lieu d’attaquer le mal par la racine. Et comme les mêmes causes ont toujours produit les mêmes effets, les résultats minables des examens replongent, eux tous, dans l’arène des rengaines, des tirs croisés des chapelles et des intentions funestes qui ne feront qu’ensevelir le secteur déjà dans le gouffre. Si pour certains, les grèves cycliques constituent les causes majeures de la santé actuelle de l’école, je puis rétorquer que la mortification est bien plus profonde. Qu’il me plaise ici de rappeler que la radioscopie faite plus tôt du secteur n’était pourtant pas reluisante. Les différents documents de politiques et de planification à l’instar du Programme d’Action du Gouvernement (PAG) et plus pertinent le Plan Sectoriel de l’Education (PSE 2018-2030) dont le processus d’achèvement est en cours, ont analysé et établi les vrais diagnostics, puis scruté l’horizon avec de nouveaux paradigmes pour la relance du système éducatif béninois. Par ailleurs, le rapport de l’an 2014 du Programme d’analyse des systèmes éducatifs de la CONFEMEN à savoir la Conférence des Ministres de l’Éducation des Etats et Gouvernements de la Francophonie, qui vise à informer sur l’évolution des performances des systèmes éducatifs afin d’aider à l’élaboration et au suivi des politiques éducatives, n’avait pas été tendre avec le Bénin. Sur 10 pays évalués à savoir : Bénin, Burkina Faso, Burundi, Cameroun, Côte d’Ivoire, Congo, Niger, Sénégal, Tchad et le Togo, le Bénin, notre pays, a été logé à la 9ième place. Le même rapport précise, en outre, que les apprenants du sous-secteur de l’enseignement primaire n’ont pas les compétences requises en français et en mathématiques. C’est pour dire que la note était déjà bien salée et les causes beaucoup plus lointaines, et seul l’engagement responsable des acteurs permettront de redresser la barque. Certes les débrayages des syndicats d’enseignants ne font pas bon ménage avec la stabilité et la performance du secteur, mais il y a aussi à rechercher les causes additionnelles et plus pernicieuses. C’est le lieu pour gouvernants, cadres et techniciens, enseignants, syndicats, parents d’élèves, et accessoirement apprenants, de creuser l’abcès. Loin des propos subjectifs et partisans, des louanges et invectives, ces principaux acteurs doivent unanimement ramener la balle à terre, se regarder en face et se poser les vraies questions, celles qui handicapent et effritent le système éducatif béninois. Puisque le diagnostic est fait et que les causes majeures sont connues et transcrites dans des documents de politiques et de planification, il faut donc, sans plus tarder, passer à l’action pour arrêter la saignée. C’est ce que je pense.

Serge David ZOUEME

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