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Formation professionnelle : La couture, un débouché pour l’employabilité des jeunes

Considérée comme passion pour certains jeunes, un tremplin pour d’autres, et longtemps perçue comme un métier reservé aux déscolarisés, la couture est un métier professionnel qui présente de nos jours, un centre d’intérêt pour bien des jeunes béninois.

Contrairement à certains métiers comme la coiffure, la mécanique pour ne citer que ceux-là, la soudaine affection des jeunes pour ledit métier se justifie par les nombreux ateliers de couture implantés de part et d’autres dans la ville. Pour mieux appréhender les raisons de cette brusque passion pour la couture, Educ’Action a fait promener son micro dans la ville de Cotonou pour rencontrer quelques patrons et apprentis.

Homme en plein travail de couture wax

Après le décès de son papa qui a entrainé son abandon des classes du Secondaire, Jean-Pierre a décidé de se lancer dans une formation pouvant l’aider à prendre très tôt soin, non seulement de lui mais également de son jeune frère orphelin. Ainsi, son choix est vite fait : la couture qui est, de nos jours, un métier en vogue. Approché pour savoir les raisons qui l’ont poussé à opter pour la couture, Jean-Pierre répond : « J’ai toujours aimé tout ce qui relève de la créativité. Quand les gens portent des habits autour de moi, je me dis que c’est beau mais qu’on peut toujours apporter une autre touche », a expliqué Jean-Pierre avant de renseigner que : « au moment où je n’avais pas encore abandonné les classes, c’est moi-même qui décide des retouches à apporter aux tenues que maman commandait pour nous auprès du couturier », a ajouté le jeune homme qui informe l’équipe du journal Educ’Action que son amour pour la couture est tout naturel. Tout comme Jean-Pierre, nombreux sont ces jeunes déscolarisés ou non qui s’adonnent à l’apprentissage de la couture. C’est d’ailleurs ce qui justifie l’expansion des salons de couture dans la ville. Pour se fier aux dires des uns et des autres, la couture est un métier d’avenir qui nécessite qu’on s’y adonne.

La couture, un métier facile et difficile à la fois…

« La couture, pour ceux qui s’y adonnent avec passion et amour est un métier plus facile que les autres métiers ordinairement connus. De vue, elle donne l’impression d’être difficile à comprendre, mais c’est faux », a confié au journal Educ’Action dame Damienne Hindé, couturière à petit à petit à Agla avant de mettre l’accent sur un point essentiel de la couture. « Le métier de couture nécessite beaucoup de concentration et de courage. Il faut être courageux pour mettre le ciseau dans le tissu que les clients nous confient. Sinon, on passe à côté et bienvenu les dégâts », a-t-elle commenté. Pour ce qui concerne l’aspect concentration de la couture, le couturier Sanni renseigne que « parfois, on se retrouve face à des modèles que l’on n’a jamais cousus. Dans ce cas, il faut vraiment se concentrer et même demander l’aide des amis pour réussir la coupe et le modèle. Quand le couturier n’est pas concentré sur le modèle désigné par le client, on passe à côté surtout avec les tenues des dames. Et là, on est obligé de rembourser le tissu », a laissé entendre Sanni qui décrit là, l’une des difficultés que l’on rencontre en exerçant ce métier. Malgré ces difficultés qui sont bien connues des uns et des autres, beaucoup de jeunes prennent sur eux la responsabilité d’aller vers ce métier et ceci pour plusieurs raisons.

Les raisons de l’afflux d’une masse de jeunes vers la couture…

Si, pour Jean-Pierre, l’amour pour la couture est naturel, d’autres raisons motivent également le choix de ce métier. « Il n’y a que les malades mentaux qui ne s’habillent pas. Sinon, chaque jour que Dieu fait, les gens s’habillent, que ce soit en tenue traditionnelle ou moderne. Justement, c’est par la couture que l’on peut habiller les personnes », a-t-il fait remarquer pour montrer combien la couture est importante dans la vie de l’Etre humain. Aussi, « y-a-t-il beaucoup de modèles qui sont inventés de nos jours et le couturier a du pain sur la planche. Je vois tellement de modèles que tous les jours, je cherche à apprendre », a observé le futur patron, qui, malgré en congés de libération, travaille déjà comme ouvrier pour voir et apprendre ce qu’il n’a pas pu apprendre chez son patron. La couturière Damienne approuve et appuie Jean-Pierre dans ses commentaires. « La couture est une créativité qui ne finit jamais. Donc, quand on est un couturier qui sait bien faire son travail, on ne peut pas ne pas avoir du boulot tous les jours. Tant que les couturiers inventeront des modèles, on ne connaîtra jamais des problèmes de chômage ou de sous-emploi dans notre rang », a martelé dame Damienne qui renseigne qu’il y a plusieurs sortes de couture. Sans pouvoir dévoiler avec exactitude le bénéfice du couturier en une journée, ces patrons d’ateliers affirment avec sourire aux lèvres que la couture est un métier qui nourrit son homme. Jean-Pierre ne manque pas d’argent, selon ses propres propos. « Je suis en congés de libération et déjà je reçois des marchés qui me permettent d’économiser de l’argent pour mon diplôme. Je reste convaincu que j’ai fait un bon choix sans vouloir discriminer les autres métiers ». De son côté, le couturier Richard Edou se pose mille et une question sur l’affluence qu’on peut constater dans le domaine de la couture ces dernières années. « La couture était, au départ, le métier des analphabètes et des pauvres à qui on apprend d’abord de 1 à 100 pour leur permettre de prendre les mesures des clients. Mais, aujourd’hui, il n’y a plus que les illettrés qui s’adonnent à ces métiers. On y voit des intellectuels qui envahissent ces domaines après de longues années d’études, parfois même universitaires », fait observer Richard Edou sans pour autant trouver des réponses à ses questionnements.

Estelle DJIGRI

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