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Projet « Passage de l’analogique au numérique » de la CNMAN | Des milliards pour une formation en berne des professionnels des médias

Dans le cadre du passage de l’analogique au numérique, 120 professionnels des médias ont été sélectionnés pour prendre part à une formation de neuf mois.

Conduit par l’Université Cheikh Anta Diop et exécuté par le CESTI de Dakar, le projet s’est achevé à queue de poisson sans qu’aucune voix officielle ne puisse renseigner clairement et justement les professionnels des médias étudiants sur les vraies et profondes raisons de la suspension.

Où sont passés les milliards de francs Cfa alloués à la Commission Nationale de Migration de l’Analogique au Numérique (CNMAN) alors dirigée par Christian de Souza dans le cadre du projet « Passage de l’analogique au numérique », pour à tout le moins, ce qui concerne le volet « Formation des professionnels des médias » ? Sinon comment comprendre que, démarrée le 13 Avril 2015, la formation des professionnels des médias sur le numérique assurée par les missionnaires sénégalais puisse s’achever à queue de poisson en décembre de la même année ?


Du contexte...

En effet, ils sont au total 120 professionnels des médias aussi bien du secteur public que du secteur privé du Bénin sélectionnés pour prendre part à une formation au départ diplomante mais curieusement devenue certifiante de neuf mois dans des conditions normales de cours académiques à savoir les jours ouvrables de 8 heures à 12 heures et de 13 heures à 16 heures ; les samedis et jours feriés de 8 heures à 12 heures. L’Université Cheikh Anta Diop du Sénégal à travers le CESTI a dépêché des missionnaires sénégalais à Cotonou pour assurer cette formation. Après plusieurs missions exécutées avec succès, il ne restait qu’une ultime mission (à un mois et demi de cours, soit 6 semaines à savoir 3 missions à raison de 2 semaines par mission) pour délivrer les stagiaires lorsque brusquement, à la surprise générale de tous, les stagiaires apprennent, telle une trainée de poudre, la regrettable nouvelle de dette de l’Etat béninois envers la partie sénégalaise qui conditionnerait la reprise des cours au recouvrement de cette créance. La stupéfaction se lit sur les visages de quelques-uns parmi les stagiaires rencontrés qui peinent à comprendre et à justifier cette étrange situation au regard du budget alloué à ce Projet. Pourtant, des évaluations sanctionnant chacun des modules programmés ont été effectuées par les missionnaires.

Aux préjudices...

Une situation face à laquelle nul ne peut rester indifférent vu les préjudices causés à ces professionnels des médias pourtant en activité. Inutile de rappeler qu’après sélection définitive, ils ont tous été contraints à se mettre à la disposition du Centre Professionnel de l’ORTB pour ne faire autre chose à par qu’étudier. Il en est de même pour le secteur public en l’occurrence l’ORTB dont les agents ont été mis à disposition pour la formation. Il n’échappe non plus à personne que la formation a démarré sur des chapeaux de roues en pleine période électorale des législatives et présidentielles 2016 ; période au cours de laquelle, pour raison d’études, aucun professionnel des médias embarqué dans cette formation n’avait de marge de manœuvre en termes de disponibilité pour quelque couverture médiatique que ce soit.


Des blocages...

Pour comprendre les raisons du blocage de l’achèvement de la formation, plusieurs correspondances ont été officiellement adressées au ministre en charge de la communication et aux présidents des institutions de la République. Il en est de même des demandes d’audiences à eux adressées. Dans le souci d’épuiser les voix pacifiques de recours pour un dénouement de la situation, les faitières d’associations professionnelles des médias ont été également saisies. A ce jour, rien n’a filtré de toutes les démarches pacifiquement entreprises par les étudiants pour lever les blocages jusque-là gardés secrets par les autorités en charge du dossier.

Au plaidoyer pour l’achèvement de la formation...

De nos investigations, il ressort que les fonds auraient été dilapidés, qu’il y aurait eu des dysfonctionnements comptables qui nécessiteraient un audit qui aurait été déjà diligenté et dont les résultats détenus par le Directeur des Affaires Financières (DAF) du Ministère de la Communication se font toujours désirer. Aussi, apprenons-nous que des missions de travail ont été effectuées par la partie sénégalaise à travers la nouvelle directrice du CESTI et son directeur des études Mamadou Koumé afin de recouvrer les environs 200 millions de francs Cfa de dettes que l’Etat béninois devrait à la prestigieuse Université Cheikh Anta Diop qui héberge le CESTI. Somme qui conditionnerait la poursuite et l’achèvement des activités académiques, selon nos sources bien informées. Les mêmes sources renseignent que l’Etat béninois reste toujours devoir aux enseignants locaux retenus pour techniquement appuyer les missionnaires sénégalais à la fin de leurs missions. Approché, le Comité mis en place par les étudiants constitué de Benoît Houandja, Gervais Sossoukpè, Sonia Hadonou, Jean-Discipline Adjamassokou et Adonis Bohoun déclare mener des stratégies dans les tous prochains jours pour l’aboutissement heureux de ce dossier sur lequel nous reviendrons dans nos prochaines parutions.

Romuald D. LOGBO

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