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Octroi de bourses d’excellence aux dix premiers du Baccalauréat 2018 : La méconnaissance des procédures pénalise ces ‘‘génies’’

Ils sont au total quarante-et-un (41) à avoir eu la mention ‘‘Très bien’’ à l’issue du Baccalauréat 2018. Les dix premiers bénéficient, conformément aux mesures d’excitation nationales, de la prestigieuse bourse nationale d’excellence.

Leurs performances singulières leur ont valu cadeaux, enveloppes financières des autorités, fondations et autres structures de la société civile qui s’investissent dans la promotion de l’excellence en milieu scolaire. Ils sont aussi éligibles pour bénéficier de l’Etat, des bourses de formations pour des études supérieures à l’étranger. Seulement, la méconnaissance des procédures maintient encore sur place ces ‘‘génies’’

«Pour l’instant, nous n’avons pas encore entrepris les démarches. Il est actuellement ici au Bénin en train d’étudier pour ne pas perde l’année. Il y a une bourse d’excellence qui lui sera notifiée. Au moment où les meilleurs au Baccalauréat allaient être gratifiés, le ministre de l’Enseignement supérieur avait dit, dans son discours, que les dix (10) premiers seront pris en compte par l’Etat», a déclaré à Educ’Action dame Lucrèce Akpamoli, marraine de Elom Kodjoh-Kpakpassou, 3ième du Bénin au Baccalauréat session de juillet 2018. Comme elle, d’autres parents dont les enfants figurent parmi les dix premiers au baccalauréat supportent mal le mutisme des autorités compétentes. Selon l’un de ces parents interviewés, l’attente devient longue pendant que la rentrée a démarré dans plusieurs universités à l’extérieur. « Mon enfant est toujours au pays et pourtant, on m’a dit qu’il a droit de voyager pour faire ses études à l’extérieur à cause de son rang et sa mention au baccalauréat. Je ne sais plus rien », a-t-elle indiqué. S’il est vrai que les bourses d’excellence iront vers les meilleurs, il reste toutefois que les parents entreprennent les démarches appropriées pour faire obtenir à leurs progénitures lesdites bourses. L’éclairage a été apporté par un ancien fonctionnaire et cadre de la Direction des Bourses et Secours Universitaires (DBSU).

Des explications utiles...


« Toutes les dépenses avant l’inscription définitive de l’apprenant qui a eu la bourse d’excellence sont à la charge des bénéficiaires. Une fois l’inscription faite dans l’établissement choisi à l’extérieur par l’apprenant et ses parents, la Direction des Bourses et Secours Universitaires (DBSU) met à disposition le billet d’avion pour son voyage ». Ainsi explique le processus cet ancien fonctionnaire de la DBSU qui a requis l’anonymat. Selon lui, le nouvel étudiant qui a produit d’admirables performances, doit donc se rendre dans cette université qu’il a choisie librement, ou prendre contact avec une université sur place auprès de laquelle il peut aussi s’inscrire pour sa formation, ou encore recevoir une note d’admissibilité. Cette assertion a été approuvée par l’actuel directeur de la DBSU, Maxime Agbodandé, qui ajoute que : « lorsque le bachelier a la lettre d’admission qui montre qu’une université est prête à l’accueillir pour sa formation, il joint son relevé de notes et fait une demande d’attribution de bourse. Nous présentons tout le dossier à la commission d’attribution des bourses qui prend les décisions idoines ». De ces détails, on comprend mieux le processus d’attribution des bourses aux meilleurs du Bénin. Seulement, à la date d’aujourd’hui, tout laisse à croire que les parents des meilleurs candidats au Bac, peut-être sous informés, n’ont pas encore enclenché le processus pour faire bénéficier à leurs enfants lesdites bourses d’excellence. De l’avis du premier responsable de la DBSU, aucune rencontre n’est encore tenue entre les lauréats, leurs parents et la DBSU à cet effet.

Des dispositions sur l’attribution des bourses d’excellence...

Selon l’article 16 du décret n° 2017-155 du 10 mars 2017 portant critères d’attribution des allocations d’études universitaires, « la bourse nationale d’excellence pour les études universitaires hors du Bénin est accordée sous forme de prêt remboursable à la fin de la formation pour des formations non disponibles au Bénin, aux bacheliers les plus méritants remplissant les critères suivants : 1) être au classement national, parmi les dix (10) premiers au baccalauréat des séries scientifiques de l’année en cours avec la mention Très Bien ; 2) être âgé de 20 ans au plus au 31 décembre de l’année d’obtention du baccalauréat ; 3) être inscrit dans une formation définie comme prioritaire par le Gouvernement et qui n’existe pas dans l’un des établissements de l’enseignement supérieur à l’intérieur du pays ; 4) suivre effectivement les activités académiques dans la filière retenue ; 5) avoir déposé à la DBSU un dossier de demande de bourses dans le délai requis ; 6) s’engager par acte notarié à suivre la formation définie comme prioritaire par le Gouvernement, dans l’État retenu, et à revenir servir l’État à la fin de sa formation ou à rembourser le montant total de la bourse, quel que soit le pays de résidence ». A la lumière de ces dispositions, le Directeur des Bourses et Secours Universitaires, rencontré dans son bureau en début d’après-midi du jeudi 25 octobre 2018, clarifie que « pour bénéficier de la bourse et aller à l’étranger, le lauréat doit être parmi les dix premiers admis au baccalauréat sur le plan national, séries scientifiques ». Sur la base de cette nouvelle précision et en se référant à la liste des meilleurs admis au baccalauréat dans les séries scientifiques, seuls neuf (09) candidats remplissent les critères à conditions que la série G2 soit aussi considérée comme un Bac scientifique.

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La DBSU brassera 10 milliards cette année pour les bourses et aides aux étudiants, hors mis les bourses étrangères

Un champ d’action limité, l’Afrique ou la France…

« Nous laissons libre court à l’étudiant de choisir l’université qui va le recevoir. Nous ne lui imposons rien, mais les bourses d’excellence sont limitées aux universités de France et d’Afrique. Le Canada n’est pas pris en compte pour plusieurs raisons. Un étudiant à l’université de Laval au Canada coûte près de 13 millions de franc CFA par an, uniquement pour les frais de scolarité. Les frais de subsistance (alimentation et autres), c’est près de 342.000 francs CFA par mois. Le grand problème, c’est qu’ils finissent et ne reviennent pas servir le pays, car ils trouvent les moyens pour y rester ». Sur ces mots, l’expression faciale de Maxime Agbodandé change au vu du gouffre financier que constituait le financement des études au Canada pour les étudiants Béninois. Il ne manque pas de renchérir soutenant que « Imaginez le nombre de boursiers qu’on pourrait payer ici. Dans ces conditions, est-ce qu’il n’est pas raisonnable d’orienter les ressources autrement ! ». Cette suggestion est partagée par l’ancien fonctionnaire de la DBSU qui ajoute que les étudiants envoyés dans les universités d’Afrique avaient trois millions par an au titre des frais de scolarité tandis que ceux d’Europe s’arrogeaient la coquette somme d’environ cinq millions par an pour étudier. Cela dit, le directeur de la DBSU, tout de gris vêtu, a martelé que tous les fonds débloqués par l’Etat pour la prise en charge des études à l’étranger, ne sont pas pris en compte dans la dizaine de milliards dépensée, l’année académique antérieure, au titre des allocations universitaires nationales. Un autre champ à moissonner dans Educ’Action.

Adjéi KPONON & Enock GUIDJIME

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