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Attribution des sujets de mémoire aux étudiants à l’UAC : Une pratique diversement appréciée par les universitaires

A la FSA, les professeurs n’autorisent pas que leurs étudiants choisissent leurs sujets de mémoire. Ces sujets sont toujours imposés par les directeurs de mémoire pour diverses raisons. Elles le sont soit pour des publications scientifiques soit pour le soutien des bailleurs de fonds qui financent les recherches de cette faculté. A chaque faculté, sa méthode et ses règles. Si cette méthode est adoptée par la FSA, elle ne fait pas tâche dans les autres facultés, car les enseignants préfèrent laisser l’étudiant choisir son sujet et l’aider à le reformuler au besoin.

«…Nous ne donnons aucun sujet de mémoire à un étudiant en Master si ce n’est pas sur des thématiques débouchant sur des recherches. » Tels sont les propos de Joseph Hounhouigan, Doyen de la Faculté des Sciences Agronomiques (FSA), répondant à une équipe du journal Educ’Action sur la pertinence des sujets de mémoires soutenus par ses étudiants ainsi que le suivi qui est celui de la Faculté envers ces derniers, après leur soutenance.
Aux dires du Doyen Joseph Hounhouigan, l’on déduit bien qu’il n’y a pas, dans sa faculté, un thème de mémoire de Master confié à un étudiant sans l’implication du directeur de mémoire. Car, justifie-t-il « les mémoires visent nécessairement à aider le directeur ou le maître de mémoire à valider les résultats de leurs recherches suite à des découvertes dans un domaine donné ». Face à ces dispositions adoptées à la FSA, il est important d’appréhender, de façon approfondie, les motivations de ses autorités à imposer des thèmes de recherche à leurs étudiants.


Thématiques dites pertinentes imposées aux étudiants à la FSA…

Pour qu’un travail de recherche soit bien fait, il faut que l’étudiant se fasse aider par son directeur ou son maître de mémoire en vue d’obtenir des résultats concrets qui apportent une plus-value à son domaine. Cependant, ce qui inquiète et même surprend, reste la liberté arrachée au candidat à la soutenance dans le choix de son sujet de mémoire. Car, les thèmes donnés aux étudiants à la FSA sont ceux qui émanent soit des recommandations, soit d’autres thèmes issus d’autres mémoires déjà soutenus ou des sujets en attente d’être attribués aux étudiants. Ces thèmes ne sont, en réalité, rien d’autres que des propositions imposées par les directeurs de mémoire. « Il n’y en a pas à la FSA », soutient le Doyen de la FSA. Dans ses envolées explicatives, il va plus loin. « C’est exclu que cela se passe ainsi parce que l’étudiant n’a pas encore la capacité ou l’aptitude de pouvoir choisir une thématique de recherche qui soit pertinente ou d’actualité », argumente-t-il pour faire remarquer tout le sérieux qui règne au sein de son institution et la qualité des travaux de recherches qui en ressortent. En cherchant à comprendre davantage, l’on constate que l’imposition des sujets de mémoire permet au directeur de mémoire d’en faire un usage professionnel parfois en collaboration avec l’étudiant à travers la production d’articles scientifiques. « Lorsque vous lui imposez un thème, c’est parce que cela vous arrange pour son utilisation à d’autres fins ou bien les maîtres de mémoire estiment que c’est technique et que l’étudiant n’arrive pas toujours à trouver », confirme Dr Gilbert Coovi, maître assistant des universités du Cames et sociologue de l’éducation. Les articles produits portent quelque fois la signature de l’étudiant. « … Quand les étudiants finissent de travailler sur ces sujets, les travaux des étudiants sont transformés en articles scientifiques publiés dans les revues internationales », martèle le doyen de la FSA. En analysant les propos du Doyen Joseph Hounhouigan, l’on constate qu’il démontre que le niveau de l’étudiant ne peut pas lui permettre de prouver que le thème de recherche choisi n’a jamais été abordé ni soutenu par quelqu’un avant lui. C’est pourquoi « … Il nous revient, à nous, de l’orienter », appuie Joseph Hounhouigan qui ajoute que s’il arrivait que l’étudiant choisisse son thème, ce thème peut être rejeté et ce serait regrettable d’avoir encadré un étudiant pendant neuf mois ». Si par extraordinaire, l’étudiant en arrive à choisir lui-même son thème, il se pose à lui, l’épineux problème de financement. « Où est-ce qu’il va trouver de l’argent pour faire de la recherche si c’est un sujet qui ne présente aucun intérêt soit pour un chercheur, soit pour un bailleur de fonds ? », s’interroge Joseph Hounhouigan qui estime que l’étudiant ne dispose vraisemblablement d’aucune marge de manœuvre pour choisir son thème. Des entreprises installées font recours à certaines écoles afin de les aider à résoudre leurs problèmes par l’identification des sujets. Pour cette raison, Dr Cossou Kissi, enseignant au département de Génie mécanique et énergétique de l’EPAC et chargé du service des relations extérieures pense que certaines écoles peuvent oser parler d’un certain nombre de pourcentage de mémoire qui avoisine les 30% pour le plaisir de la science et de la technique parce que ces mémoires n’ont pas d’application directe. Pour Maxime da Cruz, professeur de linguistique, ex 1ier vice-recteur chargé des affaires académiques et de la Recherche universitaire de l’Uac et actuel recteur de l’UAC « Un étudiant qui est membre d’une équipe de recherche a l’obligation de travailler sur un sujet qui entre dans la thématique de l’équipe. Sinon il n’est plus membre de cette équipe-là ». Car, justifie-t-il, l’étudiant bénéficie d’un financement grâce à son appartenance à une équipe. D’où, son sujet de recherche ne peut être qu’une émanation des préoccupations de cette équipe-là, conclue-t-il. Cette disposition adoptée à la FSA n’est pas acceptée de tous parce que d’autres professeurs pensent le contraire. Et ceci pour plusieurs raisons.

Libre choix pour le thème de mémoire dans certaines facultés …

Pour d’autres professeurs, il ne sert à rien d’imposer un sujet de mémoire à l’étudiant si ce dernier ne maîtrise pas les contours de ce sujet-là ou bien ne perçoit pas son implication pour le développement de sa Nation. De même, le sujet que traite l’étudiant doit être en harmonie avec les problèmes que soulève son environnement immédiat afin de répondre aux besoins de la population. « … Ce qui veut dire que son sujet doit être en arrimage avec les préoccupations de la société », précise le professeur Maxime da Cruz. Avant qu’un étudiant n’aborde une thématique donnée, dit-il, il faut que cette thématique l’intéresse. Ce qui sous-entend que si l’étudiant aborde le sujet, il pourra se sentir à l’aise pour faire la collecte des données et une bonne revue de littérature pour produire un bon mémoire débouchant sur des analyses fiables et de bonnes recommandations. « Quand je choisis de travailler sur un sujet, c’est que je m’interroge déjà sur une des préoccupations de ma société. Et le sujet que je traite contribue à apporter des réponses à certaines de ces préoccupations », rappelle le Recteur clarifiant que les étudiants peuvent choisir leurs sujets à partir de leurs centres d’intérêts. Dr Gilbert Coovi trouve que le choix d’un sujet de mémoire incombe d’abord à l’étudiant. « C’est l’étudiant, lui-même, qui voit qu’il peut faire des recherches sur tel sujet et pense qu’il en a les éléments et la capacité de mener à bout ses recherches », soutient le sociologue de l’éducation. Pour s’assurer que le sujet de l’étudiant n’est pas trop vaste, Dr Gilbert Coovi atteste qu’à la FASHS le sujet est reformulé avec l’étudiant ; ce qui permet au maître de mémoire de modifier le thème en lui proposant d’autres aspects du sujet. Qu’en est-il alors de la rédaction des rapports de stages ?

Choix délibéré des thèmes de stage …

Si les mains des étudiants sont liées pour le choix de leurs thèmes de mémoire à la FSA, les stages dans les entreprises leur permettent, cependant, de s’essayer à formuler leurs propres thèmes. C’est-à-dire qu’ils ont la liberté de choisir le thème qui leur convient à la fin de leur stage. « Quand il s’agit des stages, le directeur peut demander aux étudiants de choisir parce que c’est un stage et le problème ne se pose pas », nuance Joseph Hounhouigan. Mieux encore, au cours de leurs stages pratiques dans les entreprises, les étudiants définissent des sujets à partir des problèmes que vivent les entreprises. C’est le cas, par exemple, de l’EPAC. « Pour ce que je sais de mon département, au cours des stages, les étudiants identifient des thèmes en lien avec les problèmes de l’entreprise », informe Dr Cossou Kissi. « Que les facultés restent ouvertes en considérant les éventualités qui peuvent se présenter dans plusieurs cas de figure », reste, cependant, le souhait majeur du Recteur Maxime da Cruz.

Hermann M. SAGBOHAN

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