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Les jeunes retrouvent le sourire dans les métiers professionnalisants

Détourner son regard de ses diplômes scolaire et universitaire purement classique pour se focaliser sur une activité, pourvu qu’elle soit génératrice de revenus pour permettre de subvenir aux besoins.

 

C’est la situation qui prévaut, de nos jours, dans le rang de ces diplômés qui préfèrent s’investir dans d’autres domaines d’activités avant un hypothétique emploi public qui tarde à venir ou qui ne viendrait peut-être jamais. Pour mieux appréhender les raisons qui ont motivé certains jeunes à prendre une telle décision, Educ’Action a sillonné fermes, salons de coiffure et d’autres lieux. Troquer ses diplômes universitaires contre d’autres activités pour quelles raisons ? C’est à travers ce reportage !

«J’ai fait un choix et je puis vous assurer que je ne le regrette pas et je n’ai rien à envier à personne ». C’est ainsi que répond Marius Adiaham lorsque la question lui a été posée sur le choix qui est le sien depuis des années. En effet, après l’obtention de son baccalauréat en 2008 et ses quelques années d’études à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG) à l’UAC, Marius Adiaham a fini par découvrir un amour poussé pour une autre activité qui n’a aucun lien avec ses compétences acquises durant son cursus scolaire. S’investir dans l’élevage de la volaille, des lapins et autres. C’est désormais l’activité contre laquelle Marius a troqué ses nombreuses années d’études scolaire et universitaire et pour bien des raisons. Pénérielle Gbènonzan, quant à elle, malgré ses diplômes supérieurs, développe une grande passion pour les métiers artisanaux. Aujourd’hui, elle est patronne d’un atelier de coiffure situé dans les environs de Godomey. « J’ai été à l’école et j’ai fini par avoir un diplôme de déclarante en douane pour lequel je n’ai jamais exercé le métier », a confié toute sereine la patronne qui renseigne à cette occasion que son diplôme de déclarante en douane est soigneusement rangé dans l’une de ses valises à documents. Se lançant dans des confidences avec l’équipe du journal Educ’Action, la patronne Pénérielle explique les raisons premières de son choix. « A chaque période des vacances, quand j’allais à l’école, je m’investis dans plusieurs activités, c’est-à-dire des jobs de vacances pour me faire de l’argent. J’ai donc commencé par gagner très tôt de l’argent. Après avoir eu mon diplôme de déclarante en douane avec l’insistance de mon père, j’ai décidé de m’en arrêter là pour me lancer dans d’autres activités. D’où mon choix pour la coiffure », a expliqué la patronne de l’atelier ‘‘Inspiration Divine’’ qui renseigne qu’outre la raison de la recherche de l’argent, d’autres raisons l’ont motivée dans son choix. « Oui, j’ai laissé mon poste de chef service administratif et financier pour m’adonner aux perles », a confessé avec fierté Florence Tchokpon. Aujourd’hui directrice de ‘‘Berceau des Perles’’, Florence Tchokpon va à la recherche des perles au Nigéria, au Ghana et dans les pays asiatiques pour leur commercialisation mais aussi pour en faire des bijoux, des sacs, des bracelets, des chaussures, des objets de décoration pour ne citer que ceux-là. Comme ces personnes d’autres encore ont fait l’option de la libre activité.

Florence Tchokpon directrice de la boutique Berceau des perles

Des choix diversement justifiés par les néo auto-entrepreneurs …

« Pendant longtemps, j’ai couru de gauche à droite pour tenter de décrocher un simple stage dans des structures de la place. C’est trop difficile de se faire une place dans le monde de l’emploi au Bénin. Je suis donc conscient que l’Etat ne peut pas employer tous les diplômés qui sortent des universités et écoles », a déclaré Marius, la trentaine environ, pour faire l’état des lieux de la problématique de l’emploi dans son pays. Le manque d’emploi, l’envie de se prendre en charge et de pouvoir aider, à son tour, ses parents dans leurs besoins quotidiens sont autant de raisons qui ont poussé Marius à se lancer dans l’entreprenariat agricole. Par contre, Florence Tchokpon ne supporte pas que les idées qu’elle estime être bonnes ne soient pas prises en compte par ses supérieurs hiérarchiques de l’époque. « Ma motivation à l’époque, c’est de pouvoir gérer une entreprise créée par moi-même pour mettre en œuvre les idées que je proposais, mais qui n’étaient pas prises en compte », a justifié la directrice de ‘‘Berceau des Perles’’ qui ajoute que gérer une entreprise personnelle, répond parfaitement à son profil. Si le découragement était le prétexte pour certains pour se lancer dans d’autres activités ne partageant aucun lien avec leur formation de base, il n’en est pas de même pour la patronne Pénérielle Gbènonzan. « J’ai choisi me tourner vers une activité autre que ce pourquoi j’ai étudié tout simplement parce que j’ai commencé à vite gagner de l’argent et je ne voulais plus m’arrêter. Je ne supportais pas l’idée d’aller travailler pour quelqu’un et attendre la fin du mois avant d’être payée », a renseigné Pénérielle Gbènonzan avant d’expliquer que « Si j’ai choisi la coiffure, c’est parce que je m’y connaissais déjà un peu. Depuis le collège, je réussissais facilement à tresser mes amies et mes sœurs sans jamais avoir appris la coiffure quelque part ». Selon la patronne, ce choix a été grandement approuvé par son mari qui a toujours pensé qu’il est préférable que les femmes travaillent à leur propre compte pour éviter certains désagréments. Cette opinion du mari de Pénérielle est bien applaudie par d’autres hommes dont ce greffier en service au tribunal de Cotonou. Avec des arguments assez convaincants, l’homme de droit a amené sa femme à abandonner son travail de secrétaire de direction pour se mettre à son propre compte. Requerant l’anonymat, il explique de long en large les raisons d’une telle décision. « Nous sommes dans des structures et nous voyons ce que certains chefs d’entreprises ou directeurs peuvent exiger des femmes en vue de les promouvoir. Ils amènent les femmes à commettre l’adultère et quand la femme ne cède pas, on lui rend la vie difficile », a dévoilé le greffier avant d’affirmer que la femme qui travaille à son propre compte aura du temps pour son époux et pour l’éducation de ses enfants.

Estelle DJIGRI

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