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Suspension provisoire des élections dans les entités des UNB : Bienvenu Koudjo dans une démarche explicative, des universitaires prudents

La donne est en train de changer dans les Universités Nationales du Bénin (UNB) avec les réformes en cours au niveau du Conseil National de l’Education (CNE-Nouveau départ).

En phase avec cette nouvelle dynamique qui s’installe, le gouvernement béninois a suspenduprovisoirement les élections des doyens, vice-doyens, directeurs, directeurs adjoints et membres des conseils d’administration dans les Ecoles et Facultés des UNB à travers la prise du décret n°2018-441 du 20 septembre 2018. Pour s’enquérir des éventuels avantages ou inconvénients de cette décision gouvernementale, Educ’Action a tendu le micro à Bienvenu Koudjo, Directeur de Cabinet du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) et à deux acteurs des UNB qui ont opiné sur le sujet.

Professeur Bienvenu Koudjo, Directeur de Cabinet du MESRS

 « C’est une mesure transitoire, nous sommes en train de mettre en place le CNE qui est l’organe qui va gérer le système éducatif du primaire jusqu’au supérieur»

«C’est une mesure transitoire, nous sommes en train de mettre en place le CNE qui est l’organe qui va gérer le système éducatif du primaire jusqu’au supérieur. Il va mettre en place un certain nombre d’instances de gestion. Tout cela va toucher l’université ; la gouvernance universitaire va changer. Des conseils d’administration seront mis en place dans les universités. Normalement, jusqu’à janvier 2019, le CNE serait déjà installé. Si nous commençons à changer les équipes en faisant les élections des directeurs et des chefs d’établissements des universités aujourd’hui, ils vont mettre du temps à s’installer. Pendant ce temps, les nouveaux membres du CNE vont entrer dans un système dont ils n’ont pas encore la maîtrise. Or, aujourd’hui, ils maîtrisent cet ensemble car ceux qui sont en fonction vont continuer jusqu’à ce que le nouveau système soit mis en place. En ce moment, on mettra en place le nouveau mode de sélection des gestionnaires des nouvelles entités reconfigurées. Quand le CNE sera mis en place, on entrera dans la nouvelle gouvernance du système éducatif. L’ancien mode de gestion peut revenir, mais les nouveaux responsables entreront dans le modèle que le CNE va définir. »

ExpéditVissin, Enseignant à l’UAC, Responsable des Masters Intégration Régionale et Développement (MIRD)

« Les rectorats, je le veux bien, doivent pouvoir garder leur autonomie de gestion pour faciliter l’épanouissement des universités »

«Cette décision, nous ne l’avons pas comprise car nous étions dans la dynamique des élections décanales dans les entités. Comme c’est un décret présidentiel qui suspend les élections, nous attendons de voir par quelle décision on va les relancer pour que nous puissions aller aux élections qui garantissent la bonne gestion de nos entités. Le CNE ne peut pas être l’organe de décision des universités. Les universités ont leur autonomie. Si on veut changer cette autonomie, il faut qu’on en discute avec les enseignants concernés. Mais si nous ne sommes pas intégrés dans la discussion et que le CNE prend toutes les décisions à la place des universités nationales, cela crée une frustration parce que l’autonomie de gestion va se perdre. Si à la tête du CNE, nous avons une personne nommée, cette personne obéirait obligatoirement aux injonctions du gouvernement. Cela crée un problème de liberté. Nous allons perdre notre autonomie et le fonctionnement serait difficile. Si nous revenons encore aux désignations ou aux nominations, il y aura du clientélisme car tout le monde cherchera à être bien vu par le ministre. Ce serait plus une gestion rationnelle mais une gestion orientée et ce serait vraiment dommage. Aujourd’hui, nous avons au moins cette garantie que pour accéder aux postes de doyens, de directeurs, il faut être élu par les pairs. Si on nous arrache cette possibilité, tout le monde va commencer à courir au ministère. Donc, vous n’êtes pas obligé de vous comporter autrement envers vos pairs. Alors que si vous voulez être élu, vous êtes obligé de vous comporter autrement, d’être sage, d’être un modèle. Mis en place, il faut que le CNE discute avec les autorités rectorales des universités nationales pour mettre en place la stratégie qu’il faut pour une meilleure gestion des universités. Les décisions doivent être concertées et non unilatérales. Les rectorats, je le veux bien, doivent pouvoir garder leur autonomie de gestion pour faciliter l’épanouissement des universités. »

Professeur Attiklemey Kossivi,
Directeur de l’Institut National de la Jeunesse, de l’Education Physique et du Sport (INJEPS) de l’UAC

« On ne peut pas remettre en cause le processus démocratique dans les universités »

«C’est une décision comme toute autre. Moi, je ne peux pas avoir une autre pensée que d’attendre ce qu’ils vont pouvoir dire parce qu’avant de prendre cette décision, il y a quelque chose qui l’a motivé. Le gouvernement est responsable de ses actes. Moi, je voudrais que les gens comprennent qu’il y a quelque chose de très important qui se passe. La mise en place du CNE est une bonne chose car il en existe partout et il est important pour la gestion de l’éducation de façon globale. Mais cela ne peut pas remettre en cause le processus démocratique dans les universités. »

Propos recueillis par Adjei KPONON

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