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Préoccupé par l’amélioration des performances dans l’Enseignement Secondaire Général : Le ministre Mahougnon Kakpo annonce le 21 décembre pour l’évaluation des enseignants

Parti du constat selon lequel l’école béninoise, notamment le sous-secteur de l’Enseignement Secondaire Général peine à retrouver son équilibre, des réformes sont engagées courant ce mois de décembre pour améliorer les performances dans le sous-secteur.

L’annonce a été faite en début d’après-midi de ce mercredi 05 décembre 2018 par le Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. A travers une conférence de presse qu’il a animée à la salle de conférence de la Tour administrative, l’autorité ministérielle a rendu publique une batterie de mesures s’inscrivant dans les réformes pour sortir ce sous-secteur de sa somnolence.

«Ce n’est pas un examen, encore moins un concours. C’est une évaluation intellectuelle pour apprécier les compétences et aptitudes des enseignants qui interviennent dans l’Enseignement Secondaire Général en vue d’établir un plan de recyclage et de renforcement des capacités professionnelles de nos enseignants du Secondaire. Elle n’admettra pas de délibération et donc, il n’y aura pas de résultats à proclamer et à afficher ». Ainsi se résument les propos du Ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation, Mahougnon Kakpo, qui a animé en personne cette conférence de presse qui se veut annonciatrice des grandes réformes à opérer dans son sous-secteur, notamment en ce qui concerne l’Enseignement Secondaire Général dont le drapeau de l’excellence est en berne depuis quelques années, à en croire le Ministre qui s’est appuyé sur des statistiques. Après les enseignants du Primaire, c’est donc le tour des enseignants du Secondaire de subir une évaluation intellectuelle, qui, in fine, « va permettre d’identifier leurs faiblesses afin de les corriger par le biais d’un plan de recyclage et de renforcement des capacités professionnelles approprié et catégorisé », pour reprendre les propos de l’autorité ministérielle. En initiant l’évaluation intellectuelle, l’objectif poursuivi est donc « de faire l’état des lieux général du sous-secteur en passant par le diagnostic physique des établissements publics de même que par une évaluation intellectuelle des enseignants. En somme, c’est de disposer d’informations fiables pour l’élaboration de la carte scolaire, de mettre en route les formations et les renforcements de compétences des enseignants de même qu’un programme de recrutement du personnel enseignant qualifié parce que si nous utilisons aujourd’hui beaucoup d’enseignants vacataires, c’est parce que dans le système, il y a un déficit important d’enseignants », explique le ministre qui ajoute que le but visé par l’opération est « de mettre en route un programme de construction, de réhabilitation et d’équipement des établissements d’Enseignement Secondaire Général et de procéder à un recadrage du processus qui nous permet d’affecter ou de muter les enseignants du Secondaire ».

Quid de l’organisation pratique de l’opération …

Pour Mahougnon Kakpo, l’opération passera d’abord par le diagnostic physique qui a pour objectif de déceler l’effectif réel des apprenants, de faire l’état des lieux des infrastructures et des équipements aussi bien en quantité qu’en qualité, de mesurer le taux de fréquentation de ces établissements, d’analyser leur fonctionnement administratif, d’évaluer leur gouvernance administrative, financière et pédagogique, de déterminer la proximité ou la distance qui sépare un établissement d’un autre dans une même localité et d’indiquer la participation des différentes communautés et des élus à ces établissements-là. Pour ce qui concerne l’évaluation intellectuelle, elle se déroulera en deux phases, à en croire le Ministre Mahougnon Kakpo qui précise qu’il y aura d’abord une phase écrite, ensuite une phase orale dénommée entretien. « La phase écrite comportera deux épreuves : une épreuve de culture générale pour tout le monde et une épreuve de spécialité. Je dois préciser ici que ce qui est important à évaluer, ce n’est pas le niveau académique des enseignants puisqu’il y en a qui ont quitté l’université depuis 10ans, 15ans, 20ans et plus, on n’a plus à leur poser des questions sur ce qu’ils ont déjà appris à l’université. Etant donné qu’ils sont des enseignants, c’est sur ce qu’ils enseignent qu’on va leur poser des questions, c’est-à-dire des exercices auxquels ils soumettent les élèves, ce sont ces mêmes exercices qu’on va leur donner pour qu’on puisse s’assurer qu’ils maîtrisent eux-mêmes ces exercices-là », a expliqué dans les détails, le conférencier du jour avant de repréciser sa pensée. « Vous savez que dans le cadre de l’enseignement, il y a certains chapitres que, en tant qu’enseignant, l’on maîtrise plus que d’autres. Lorsque l’évaluation prendra fin, on déterminera les faiblesses au niveau de ces chapitres-là par exemple et cela pourra être renforcé. En dehors de la matière de spécialité et de l’épreuve de culture générale, il y aura un entretien. L’entretien portera sur la didactique des matières, c’est-à-dire la façon dont un enseignant peut être capable de dérouler son enseignement. Cela sera fait devant un jury de deux membres : un inspecteur de l’enseignement secondaire et un enseignant du Supérieur ». Etant donné que les candidats à ces différents types d’évaluation proviennent de l’Enseignement Secondaire Général, les surveillants seront cooptés dans l’administration des autres institutions, des autres instances de l’Etat et non de l’enseignement, souligne Mahougnon Kakpo.

A la cible de l’opération …

« Ceux qui sont concernés par cette évaluation intellectuelle, sont les Agents Permanents de l’Etat, les Agents Contractuels de l’Etat enseignants, ceux-là qui sont en situation de classe, de même que ceux qui sont dans l’administration scolaire. Ceux qui sont en poste sédentaire ne sont pas concernés », informe l’autorité ministérielle. A la question de savoir si les enseignants vacataires actuellement en colère pour non paiement de leurs émoluments seront-ils enrôlés par l’opération, le ministre, sans langue de bois, répond : « il y aura également et surtout les enseignants vacataires qui vont subir cette évaluation. Cela est d’autant plus important qu’à partir du moment où ils sont utilisés dans l’enseignement, l’Etat a besoin de savoir quel est le niveau pédagogique qu’ils ont et éventuellement renforcer leurs compétences ».

Le chronogramme de l’opération passé à la loupe …

L’agenda de déroulement de ces différentes phases d’évaluation annonce la phase écrite de l’évaluation intellectuelle pour les 21 et 22 décembre 2018. Pour la phase orale dénommée l’entretien, elle se déroulera du 07 janvier au 05 février 2019. Pour ce qui est du diagnostic physique, il commence le 07 décembre pour prendre fin le 26 janvier 2019. « Les effets attendus de cette réforme concernent surtout l’amélioration de la qualité et de l’équité dans le système éducatif pour que nous puissions finir définitivement avec la formation au rabais de nos enfants. Cela permettra également d’améliorer l’accès à l’éducation pour que nous puissions en finir avec les classes volantes, avec les hangars et avec les constructions en matériaux précaires dans nos établissements », renchérit l’autorité ministérielle qui rassure différents acteurs de la chaîne éducative de son sous-secteur, partenaires sociaux et enseignants concernés par cette opération, qu’elle n’admettra pas de sanctions encore moins de radiation. Alea jacta est (les dés sont jetés) !

Romuald D. LOGBO

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