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Correction des copies du BEPC 2018 : Un rendement mi-figue, mi-raisin des candidats

La phase de correction des copies des candidats à l’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) 2018 s’est achevée le jeudi 26 juillet 2018 dans les différents centres retenus pour la circonstance. Educ’Action a éffectuée une descente sur le terrain pour s’enquérir des tendances qui se dégagent avant les travaux de secrétariat, la délibération puis la proclamation des résultats. Les appréciations sont mi-figue, mi-raisin.

 Il sonnait 13 heures 40 minutes au CEG Ste Rita de Cotonou, ce vendredi 27 Juillet 2018. Pendant que certains correcteurs sortent des salles le visage terne à cause du labeur de ces derniers jours, d’autres se réjouissent d’être à la fin de cette phase de correction des copies du BEPC 2018. C’est le cas par exemple de Aliou Bello, enseignant et contrôleur de l’Atelier d’anglais dans ce centre. Sourire aux lèvres, l’enseignant informe : « ... dans l’ensemble, les notes sont bonnes dans mon atelier. Elles varient de 03 à 20 et on pourrait compter jusqu’à 28 ou 30 notes de 20 sur 20 attribuées à des candidats ». Cet enseignant de la langue de Shakespeare en poste au CEG Suru Léré à Akpakpa poursuit ses confidences, indiquant qu’il a corrigé au total plus de 700 copies dont la grande majorité des notes est au-dessus de la moyenne de 10 sur 20. A l’en croire, les candidats ont bien travaillé dans cette matière. Damien Sagbo, son collègue des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) du même collège, lui aussi correcteur, émet des réserves au sujet de la performance des candidats. Et pour cause, l’homme a fait observer : « ... nous avons eu 24 % de réussite en SVT » dans le département. Le regard tourné vers la sortie du CEG Ste Rita, il ajoute : « on espère avoir de bonnes nouvelles dans les autres disciplines ». Du côté de l’Atelier de mathématiques qui a déjà clos ses travaux laissant une salle totalement vide, les enseignants de SVT y font les pieds de grue pour recevoir leurs émoluments. D’un autre côté, ce sont les enseignants de l’Atelier Histoire-Géographie qui poursuivent leurs travaux, assis dans une salle au rez-de-chaussée. Loin du langage diplomatiquement tenu par certains de ses collègues, Alain Azon, enseignant d’Histoire-Géographie au CEG Sègbèya et correcteur pour la circonstance, ne fait pas dans la dentelle. « Ça ne va pas car il semble que les candidats n’ont pas bien intégré les savoirs », a-t-il confié, assis les pieds étendus sur sa table-banc de fortune. « Moi, j’ai corrigé 140 copies et à peine 20 candidats ont eu la moyenne. Cela gêne en tant qu’enseignant ayant tenu la classe du début à la fin de l’année », a-t-il justifié, expliquant ainsi cette tristesse qui se lit sur son visage.

Grèves, contenu des épreuves et culture des apprenants posent toujours problème…

De l’avis de l’enseignant et correcteur Alain Azon, « les grèves ont eu aussi leurs conséquences sur les apprentissages ». Autre hypothèse avancée par l’enseignant assis le dos contre le mur, « en Histoire-Géographie, je crois que toute l’épreuve a posé problème ». Selon lui, « nous avons vu en classe une seule technique de guerre de Samory Touré de façon approfondie. Mais sur l’épreuve, il fallait en citer 12 pour avoir trois points, soit un demi-point pour deux bonnes réponses. Nous-mêmes enseignants, n’avons pas détaillé ces techniques et stratégies en classe. Nous avons d’autres techniques mais la seule que nous enseignons, c’est la technique de la terre brûlée. C’est dans les cahiers, mais les apprenants n’ont pas eu des explications nécessaires ». En même temps qu’il ne manque pas de pointer du doigt la responsabilité des enseignants, au moment où ses collègues sont en pleins débats à côté, il revient aussi sur celle des apprenants. Dans ce sens, il fait remarquer «que puisque le cours a été enseigné, l’apprenant ne doit plus se limiter uniquement à ce qui a été vu en classe. Il doit pouvoir faire des recherches dans les documents et sur internet pour enrichir ses connaissances », a-t-il lancé. En même temps que Aliou Bello estime que les résultats de cette année sont prometteurs que ceux de l’année dernière, il ne manque pas de regretter qu’ « il y a un terme qui les a, peut-être, gênés, car la plupart d’entre eux n’ont pas fait le writing ». De son côté, Alain Azon a signalé que certains élèves ont pu tirer les épingles du jeu, mais il invite les candidats qui seront en classe d’examen l’année prochaine à se mettre au travail dès aujourd’hui tout en émettant le vœu que le gouvernement ne perde pas de vue la satisfaction des revendications enseignantes, afin de préserver l’année scolaire prochaine de toutes formes de grève.

Adjéi KPONON

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