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Réaménagement du calendrier scolaire 2017-2018 : Les failles, selon Thierry Dovonou

«Ce calendrier viole le temps didactique, la période périscolaire, le temps d’enseignement et aussi le continuum des savoirs qui permet de faire le lien entre les savoirs d’une classe à une autre. Techniquement, même si on commence la rentrée en début novembre, on n’est pas en faute. Le fait de vouloir préserver nécessairement l’année scolaire prochaine détruit beaucoup de choses ».

C’est en ces mots que Thierry Dovonou, SG/ SyNaPPeC-Bénin s’est exprimé au micro du journal Educ’Action pour porter un avis à la fois technique et critique sur le calendrier réaménagé de l’année scolaire au Bénin. Après plus de trois mois de grève, les cours ont repris dans les établissements publics du Bénin à la faveur dudit calendrier. Selon le Secrétaire Général du Syndicat National des Professeurs Permanents et Contractuels (SyNaPPeC-Bénin), ce calendrier impose d’exécuter un programme de neuf mois règlementaires en un programme de cinq mois. Tour à tour, il a battu en brèche les arguments avancés par les cadres des ministères sectoriels en charge de l’éducation, en relevant les différentes failles de cette nouvelle programmation académique.

Les arguments des concepteurs pour remettre en cause le caractère scientifique du nouveau calendrier querellé …

« Ceux qui ont élaboré le calendrier disent qu’on ne va évaluer que ce qu’on a appris aux enfants. Ce qui veut dire qu’on n’évaluera que les premiers chapitres. Mais, envoie-t-on les enfants en classe pour les premiers chapitres ? », s’interroge Thierry Dovonou. Dans ses envolées explicatives, le syndicaliste ajoute que « dans ces conditions, aucun enfant ne suivra présentement le professeur en classe ». Par ailleurs, il fustige les nouvelles dispositions pédagogiques qui souhaitent que les enseignants ne fassent plus la mise en situation dans les séquences de classe alors qu’elle est un facteur motivant pour l’apprentissage. En ce qui concerne l’enseignement des sciences dont point n’est besoin de rappeler l’importance sur le développement d’une Nation, Thierry Dovonou, enseignant de Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et didacticien des sciences, fait observer qu’il leur est demandé « de ne plus faire les TP et autres », mais de « dicter les cours comme si nous étions en approche par contenu ». En somme, il estime que ce calendrier va contribuer à la formation de « dangers » pour le Bénin car, il est contraire au rapport que chaque personne doit entretenir avec le savoir, un facteur important pour le développement humain et national. « En gros, nous avons besoin d’au moins deux mois et demi pour finir le programme » a-t-il précisé pour conclure.

Adjéi KPONON

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