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Quand la rallonge de l’année crée des surcoûts aux écoles privées

Apprenants et enseignants ont renoué, depuis quelques semaines, avec le chemin des classes après plus de trois (03) mois de paralysie des activités académiques dans le secteur public. Victimes du réaménagement du calendrier scolaire qui marque désormais la fin de l’année dans le milieu scolaire au 31 juillet 2018, les établissements privés tentent de s’accommoder à la rallonge avec à la clé d’énormes sacrifices à consentir par les fondés et responsables de ces entités scolaires, les apprenants ainsi que les parents d’élèves qui doivent, dans certains cas, payer plus chère l’instruction de leurs progénitures.

 

La situation semble bien difficile pour les responsables, enseignants et apprenants des écoles et collèges du secteur privé. Avec la décision de rallonge de l’année scolaire prise par le gouvernement via les ministères des sous-secteurs de l’enseignement (Ministère des enseignements maternel et primaire ; Ministère de l’enseignement secondaire, technique et la formation professionnelle), ces acteurs de l’école du privé doivent encore consentir d’énormes sacrifices pour aller jusqu’au bout de la fin de l’année scolaire désormais fixée au 31 juillet, après les cours de l’après-midi. Et pourtant, ils n’ont connu aucune perturbation, encore moins de brouille dans le déroulement et le respect stricte du calendrier scolaire initialement élaboré pour l’année. Si en général, les écoles et collèges privés doivent impérativement procéder à une rallonge de leur budget de fonctionnement pour couvrir les charges (paiement de salaires aux enseignants tenant les classes d’examens, frais de fonctionnement, etc.) de ces deux derniers mois (juin, juillet) indus par le réaménagement, les parents d’élèves, en revanche, doivent retrousser les manches, continuer à donner l’argent du petit déjeuner et à la limite contribuer aux nouvelles charges ainsi créées à ces entités scolaires du privé, à travers des souscriptions. Ce qui constitue d’ailleurs un surcoût pour les parents. Le constat sur le terrain interpelle déjà et donne à méditer.
Première étape d’un long périple de l’équipe de reportage de Educ’Action pour mieux cerner les conséquences du réaménagement du calendrier scolaire sur le secteur privé : un complexe scolaire bilingue privé situé à Gbodjè, arrondissement de Godomey, dans la commune d’Abomey-Calavi. Et là, on surprend ce samedi 05 mai, les responsables du complexe en pleine réunion avec un groupe de parents d’élèves. Le sujet sur tapis était bien la formule idoine pour encadrer autrement les candidats du complexe aux examens (Bepc, Cep), et à quel prix ? A en croire le fondé qui a requis l’anonymat, la direction du complexe a décidé de ne pas ‘‘libérer les candidats, mais continuer à les encadrer jusqu’à la veille des examens malgré la rallonge de l’année scolaire, mais en comptant sur la souscription des parents des élèves candidats’’. « Vous savez, ce réaménagement implique beaucoup de choses, surtout nous qui sommes du privé. Nous ne pouvons pas abandonner les enfants bien qu’on ait prévu de les libérer plus tôt. Avec la rallonge, nous sommes obligés de maintenir au moins les enseignants des classes d’examens en situation de classe pour continuer à réviser et à exercer les candidats. Pour tout ça, il faut un budget additionnel pour payer ces enseignants et continuer à faire fonctionner l’école pour ces deux mois de rallonge », a-t-il expliqué, visiblement peiné. Il a, par ailleurs, indiqué que les apprenants du privé sont déjà fatigués et le seront plus davantage les prochaines semaines à cause de la rallonge de l’année scolaire parce qu’ils avaient travaillé tout le temps contrairement à leurs homologues du public qui étaient au repos à cause des grèves. « L’autre piège de ce réaménagement est que les écoles et établissements privés trouvent le moyen de ne pas trop fatiguer leurs candidats qui le sont déjà », a conseillé ce fondé.
Puis, cap a été mis sur le Complexe Scolaire privé Naguézé, à Gbèdjromédé, pour le même exercice. Ici, c’est l’adjoint au censeur qui nous offre l’hospitalité. Il se confie en ces termes : « Pour les classes intermédiaires, on va respecter l’ancien calendrier, c’est-à-dire finir vers début juin. C’est seulement au niveau des classes d’examens qu’on est contraint à respecter le nouveau calendrier scolaire validé et rendu public », a expliqué Richard Akina avant de poursuivre : « chez nous, malgré les grèves, les cours se déroulaient normalement et d’ailleurs, les parents d’élèves n’ont pas hésité à solder intégralement, à l’exception de quelques-uns, les contributions scolaires de leurs enfants. »

Le réaménagement comme une opportunité...

Au Complexe scolaire privé « Berger Fidèle », en plein cœur du quartier Hindé à Cotonou, c’est le censeur de cette institution scolaire qui volontiers, accueille, ce jeudi 03 mai, le reporter de Educ’Action. « Je pense que le gouvernement n’a fait qu’ajouter un mois au calendrier préalablement défini. Donc, cela voudrait dire que nous avons encore plus de temps pour renforcer d’avantage nos candidats pour les différents examens. Je pense qu’ici, au Berger Fidèle, nous n’avons pas grand chose à ajouter à ce qui a été fait ; il nous suffit de revoir notre calendrier de révision, ce qui a été déjà fait et je pense que les enfants vont profiter des mois de mai et de juin pour se mettre au pas et réussir en grand nombre à leurs examens », a déclaré, tout confiant, à Educ’Action Hervé Houangni, censeur dudit Complexe Scolaire, dans son bureau. En direction des parents d’élèves, il laisse échapper un mot d’exhortation, celui de l’encadrement des enfants jusqu’au déroulement des examens de fin d’année. Quant aux apprenants, surtout candidats aux examens de fin d’année, ils sont partagés entre fatigue et envie de réussir. Il ne peut en être autrement quand on sait que les élèves des écoles privées ont été assidus pendant la période du débrayage. ils doivent encore observer ce sursaut, en faisant pression sur eux-mêmes pour supporter le poids de l’instruction de ces derniers mois de la rallonge avec l’espoir de réussir malgré la fatigue.

Serge David ZOUEME & Rolande MEYA (Stg)

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